6. Le chrétien, Israël et les Juifs

27/11/2014 10:22

6. Le chrétien, Israël et les Juifs


 

Sommaire du dossier :

1.      Israël pour les chrétiens

2.      Israël et la réalisation des prophéties

3.      Les évangéliques et Israël

4.      La terre d'Israël

5.      A propos des Lieux Saints

6.    Le chrétien, Israël et les Juifs

7.      Faut-il annoncer l'Évangile au peuple juif aujourd'hui ?


" Tout chrétien a ici-bas deux patries : la sienne et Israël ", " Pour tout homme, le premier pays est sa patrie et le second, c'est la France" disait Thomas Jefferson 1 
Cette affirmation (fort élogieuse, en son temps, pour notre pays !) m'inspire la proposition suivante : Tout, chrétien a ici-bas deux patries : la sienne et Israël.

Si ce point de vue était de prime abord jugé trop péremptoire par certains de mes frères et sœurs chrétiens, je n'en serais pas autrement surpris. On admettra plus volontiers que les Juifs de la diaspora puissent, eux, considérer le pays d'Israël comme leur seconde patrie. 
En effet, si la patrie n'est pas, pour l'être humain, son pays natal, elle est cependant "celui dans lequel ont vécu ses ancêtres et auquel il est attaché par des liens affectifs " (Larousse). 
Témoigne, par exemple, de cet attachement affectif, cette jeune fille juive française donnant ses impressions d'un premier voyage en Israël : "Dès que l'on pose les pieds sur la Terre sainte, on se sent changé intérieurement, on ressent très fortement une sorte de retour chez soi même si l'on n'y avait jamais mis les pieds " 2
Pour être moi-même "monté" en Terre sainte, il y a quelques années, j'ai éprouvé (moi qui ne suis pas d'origine juive) un sentiment similaire, même s'il fut moins vif que celui de cette jeune fille.

Il est avéré que des chrétiens dits "sociologiques", non confessant, mais encore sensibles à leur arrière-plan socioculturel judéo-chrétien, peuvent frémir d'émotion, lorsqu'ils foulent le sol d'Eretz Israël. Ainsi, l'ex-Premier Ministre français Michel Rocard, qui se définit lui-même comme un "agnostique d'origine protestante", a pu dire (sur TV Arte) : " Je ne retourne jamais à Jérusalem sans en être ému". 
Le Président Giscard d'Estaing, de retour d'un pèlerinage de réparation dans l'État Juif, ira jusqu'à déclarer aux journalistes : " Je ne reviens pas de l'étranger, je reviens d'Israël". 3

Un chrétien professant, engagé, pourrait-il être moins enthousiaste ? Pourrait-il ne pas vibrer à l'évocation de la patrie de ses ancêtres et frères en la foi au vrai Dieu ? La patrie des "Pères fondateurs" et des prophètes ; celle des apôtres et des premiers chrétiens ; celle plus encore, où a vécu, est mort et est ressuscité et où reviendra en gloire son Sauveur et Seigneur Jésus-Christ. En vérité, un chrétien doit avoir pour cette terre donnée à Israël, le même sentiment qu'un Juif. 4

La Bible est formelle : c'est à perpétuité que Dieu s'est engagé envers ce peuple, lorsqu'il lui a plu de le choisir, entre mille autres semblables, librement et à jamais pour sien 5. C'est à perpétuité que Dieu lui a fait don (malgré une éclipse de 70 ans et une autre de quelque 19 siècles) du pays de Canaan 6, la Palestine, si âprement disputée de nos jours. C'est à ces seuls Israélites, par ailleurs si souvent infidèles et rebelles, mais objets de l'amour fidèle de Dieu, qu'ont été confiés les oracles divins. C'est d'Israël qu'est issu selon la chair, le Christ, le Messie-Sauveur du monde. Quant à l'Église des païens, greffe sauvage portée par les racines et le tronc de " l'olivier franc " - Israël - elle est devenue de ce fait, participante des promesses divines, cohéritière spirituelle du peuple choisi. C'est en raison de ces prérogatives insignes accordées par Dieu à Israël et bénéfiques pour l'Église et pour le monde entier que Jésus a pu dire " Le salut vient des Juifs " (Jn 4.22).

Assurément, la Synagogue et l'Église sont bien " les deux filles du ciel, et il y a du Juif dans le chrétien quand il est vraiment chrétien "7
Dès lors, si ce chrétien est " vraiment chrétien " et qu'il aime Dieu, il ne peut qu'avoir estime et affection pour ce peuple aimé de Dieu et envers lequel il se sait redevable. 
Il n'est certes pas question ici d'idolâtrer une terre, fût-elle sainte, ni d'aduler un peuple, fût-il élu. L'une et l'autre - et avec eux l'Église - sont seulement des marques, des empreintes de Dieu dans le monde présent et des signes de son règne à venir. Mais ces signes - témoins de Dieu, selon qu'ils sont pris en considération ou rejetés, sont très révélateurs de l'attitude envers Dieu d'un individu ou d'une collectivité. 
" A la manière dont ils parlent des Juifs, on peut juger sûrement de la valeur spirituelle d'un homme, d'une Église, d'un peuple, d'une civilisation. " 8 
Ce fait d'observation se révélera évident dans un monde qui mettra le comble à sa révolte contre Dieu et Son Oint-Messie en tant que Sauveur unique, et à sa méchanceté, sa haine, envers son peuple témoin 9.

Il faut donc s'attendre, en France et ailleurs en Occident, à la résurgence d'un antisémitisme patent, mais caché, officieux., parce que proféré sous le couvert de l'antisionisme politiquement et médiatiquement "correct" déjà en place - " les antisionistes ne sont le plus souvent que des antisémites honteux " 10 sans oublier les clichés traditionnels récurrents à l'encontre du Juif : cupide, comploteur, envahisseur, omniprésent.

Le chrétien conséquent, sans parti pris ni exclusive de caractère politique, culturel, ethnique ou racial, est invité à être pour ce petit peuple de Dieu - qui en Israël lutte depuis plusieurs décennies pour sa survie et dont la situation en diaspora deviendra de plus en plus précaire - une sentinelle vigilante et un intercesseur fidèle. 
Qu'il s'emploie à lui témoigner affection et consolation. Qu'il saisisse l'occasion, quand elle se présente, de lui faire connaître, avec humilité et tact, son Messie, suprême consolation et gloire d'Israël. 11

Auteur : Pasteur André La Barbe 
 


1. Thomas Jefferson (1743-1826), ambassadeur des USA en France. 
2. "Israël hebdo" 22.28 Juillet 1977, p.22 
3. Cité (par antithèse) par la revue "Nationalisme et République", été 1990, p.20 
4. Jacques Ellul " Un chrétien pour Israël " 
5. Lire Gn 17.7: Lé 26.44, 1 Sa 12.22; Ps 125.2, Jé 31.35-37; Rm 11.1, 2 
6. Lire Gn 13.14-15 ; 17.8 ; 26.3 ; 28.13 ; 25:12 ; 48:4 
7. André Frossard " Écoute Israël " p.28 et 34 
8. Charles Westphal, cité par l'hebdomadaire protestant "Le Christianisme au 20ème siècle", 4 août 1980 
9. cf. Ps 2.1-3 ; 2 Th 2.3-4; 1 Tm 4.1 ; 2 Tm 3.1-5; Ap 13.4-8; Da 7.21; 12.7; Jl 3.1-3, Za 14.12 
10. Que sais-je ? " Le Sionisme " p.88 
11. Ps 122.6-9 ; Es 35.3-4 ; 40.1-2, 9-11 ; 62.1, 6-7, Lc 2:25, 29-32, Rm 1. 16

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