9 de 69 - Meurtre au nom de la religion

12/07/2020 00:41

9- Meurtre au nom de la religion

Après avoir terminé ses études chez Gamaliel, son maître vénéré, Paul était retourné à Tarse pour revenir à Jérusalem quelques années plus tard. (Actes 7, 58)

Si nous acceptons l'année 30 comme l'année de la mort de Jésus, et si nous laissons quelques temps d'intervalle pour permettre à la jeune Église chrétienne de se développer et de s'organiser, nous pouvons alors fixer vers l'an 33 le retour de Paul à Jérusalem.

Dans la petite communauté des disciples du Christ, Étienne avait été choisi pour être l'un des sept diacres chargés d’aider ceux et celles dans le besoin. Accusé d'avoir prononcé des «paroles blasphématoires contre Moïse et contre Dieu », il est traduit devant le Sanhédrin.

Ce fut Etienne qui le premier reconnut la signification universelle de l'Église et qui la proclama haut et fort. Selon lui, la Loi et le Temple étaient des étapes nécessaires mais passagères dans l'ordre du salut.

La Loi de Moïse, telle qu’interprétée au temps de Jésus étouffait la vie, alors qu’à l'origine, elle avait été offerte comme un don, comme un cadeau pour « servir la vie » (Romains 7, 12). Elle était devenue une camisole de force. Au Concile de Jérusalem, Pierre dira dans son discours aux participants : «Pourquoi voulez-vous provoquer Dieu en imposant aux disciples non-Juifs un joug que ni nos pères, ni nous-mêmes n'avons pu porter?» (Actes 15, 10)

Saul persécuteur des chrétiens - lapidation d'ÉtienneSaul assiste à la lapidation d'Étienne

L'indépendance d'Étienne n’a pas tardé à inquiéter la hiérarchie du Temple. Les chrétiens qui se réclamaient du charpentier galiléen n'avait jusqu'ici provoqué que peu de remous. Il avait suffi de faire donner quelques coups de fouet à deux des agitateurs et l'on n'avait plus entendu parler d’eux. Mais cet Etienne était un véritable provocateur! Il semait le discrédit sur l’interprétation de la Loi! Il fut vite condamné à être lapidé.

La mort par lapidation, découlant d'une prescription légale et religieuse, ne requiert aucun bourreau attitré, seulement des hommes ordinaires qui laissent leur haine atteindre son paroxysme jusqu'au déchaînement de leurs instincts les plus sauvages. Chacun s'arme de pierres pour les lancer à toute force sur la cible vivante. C’est une mise à mort qui une foule prête à lapiders'accompagne d'un jeu d'adresse. Ce genre d’exécution existe encore aujourd’hui. Il y a peu de temps, les Talibans ont lapidé à mort un homme et une femme accusés d’adultère. En Iran, une femme est condamnée au fouet et à la lapidation pour des questions politiques et religieuses. On massacre au nom de la religion! On se souvient du lynchage des noirs aux États-Unis. Les membres du Ku-Klux-Klan, refondé en 1915 par un pasteur méthodiste, faisait de ces meurtres une question de fidélité religieuse!

Une pierre à la mainLes meurtriers sont des gens ordinaires, comme vous et moi, des bonnes personnes remplies de piété, qui assassinent l’un des leurs parce qu’il ose s’éloigner des dogmes établis. Étienne interprète les Écritures d’une façon non orthodoxe et rend témoignage à Jésus Christ. On le met à mort pour ce seul motif. Les responsables de la lapidation avaient déposé leurs vêtements aux pieds d'un jeune homme nommé Saul de Tarse. Et Luc ajoute que « Saul était de ceux qui approuvaient ce meurtre ». (Actes 7, 58 - 8,1)

L’histoire de Paul commence donc par une complicité avec les meurtriers d’Étienne.

Une persécution en règle suivit cette mise à mort : «En ce jour-là, une violente persécution se déchaîna contre l’Église de Jérusalem». (Actes 8, 1) La persécution était dirigée surtout contre les chrétiens de la diaspora.

Peu de temps après la mort d’Étienne, Paul déclarera la guerre à la secte des Nazaréens. Lui-même décrit sa position radicale lorsqu'il affirme devant le tribun de la cohorte romaine, sur les marches de la forteresse Antonia : « J'ai persécuté à mort cette Voie » (Actes 22, 4).

En Actes 26, 1, il dira : «Parcourant toutes les synagogues je voulais, par mes sévices, les forcer à blasphémer et, dans l'excès de ma fureur contre eux, je les poursuivais jusque dans les villes étrangères.»

«Quant à Saul, nous dit  Luc, il ravageait l’Église; allant de maison en maison, il en arrachait hommes et femmes et les jetait en prison». (Actes 8, 3). «Saul ne respirait toujours que menaces et carnages à l'égard des disciples du Seigneur» (Actes 9, 1).

Entre la prière du martyr
et la vocation de l'apôtre,
le lien est clair

Pendant cette période, Paul s'estime tellement plus juste et meilleur que les autres qui sont différents de lui. Il veut anéantir la secte des Nazaréens afin de protéger la religion de ses ancêtres.

Paul ne savait pas à ce moment-là qu’il serait bientôt appelé par le Christ à continuer l’oeuvre d’Étienne. Plus tard, lui aussi affirmera que la Loi et le Temple ne sont que des étapes passagères conduisant au salut universel.

La mort violente d’Étienne fut le prix à payer pour que l'Église primitive puisse se libérer du cadre judaïque et national et puisse s’orienter vers un universalisme qui ferait d'elle une Église ouverte à tous. Saint Augustin dira de cette condamnation à mort : « Sans la prière d'Étienne, l'Église n'aurait pas eu de Paul. » (Sermon 382). Étienne n'occupe dans les Actes des Apôtres que deux petits chapitres. Paul, lui, en remplit treize. S'il est difficile de les mettre en parallèle, il est impossible de les séparer. Entre la prière du martyr et la vocation de l'apôtre, le lien est clair.

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