JOUR 16 DE 130 : NOUVEAU TESTAMENT

28/08/2018 00:50

JOUR 16 DE 130 : NOUVEAU TESTAMENT

 

MARC 03 ET 04

 

MARC 03

1 ¶  Jésus entra de nouveau dans la synagogue. Il s’y trouvait un homme qui avait la main sèche.

 

3:1-6

Ces vv. constituent le dernier des cinq épisodes de conflits qui commencent en #Mr 2:1 (#Mr 2:1-11, #Mr 2:13-17, #Mr 2:18-22, #Mr 2:23-28), et forment en quelque sorte le point culminant de l’antagonisme croissant qui opposait Jésus aux chefs juifs. A l’occasion de cette confrontation, Jésus donna aux pharisiens une illustration vivante de la façon scripturaire d’observer le sabbat et de sa souveraineté sur l’homme autant que sur le sabbat.

 

synagogue. Le lieu de rassemblement et de culte pour les Juifs.

 

main sèche. C’est-à-dire une paralysie ou une déformation due à un accident, une maladie ou une tare congénitale.

 

2  Ils observaient Jésus, pour voir s’il le guérirait le jour du sabbat : c’était afin de pouvoir l’accuser.

 

l’accuser. Loin d’être ouverts aux enseignements de Jésus, les pharisiens n’avaient de cesse de trouver une occasion de l’accuser de violation du sabbat, accusation qui lui vaudrait de comparaître devant le sanhédrin.

 

3  Et Jésus dit à l’homme qui avait la main sèche : Lève-toi, là au milieu.

4  Puis il leur dit : Est-il permis, le jour du sabbat, de faire du bien ou de faire du mal, de sauver une personne ou de la tuer ? Mais ils gardèrent le silence.

 

Jésus répondit aux pharisiens par des questions qui élevèrent le débat pour le faire passer d’une simple querelle juridique à la stature d’un débat moral.

 

Est-il permis. Allusion à la loi mosaïque. Jésus contraignait ici les pharisiens à examiner leur tradition concernant le sabbat afin de voir si elle était en accord avec la loi divine de l’A.T.

 

faire du bien …  du mal, de sauver …  tuer? Christ utilisa un procédé très répandu dans le Moyen-Orient: exprimer le problème en recourant à des opposés clairement et facilement identifiables. Ceci impliquait évidemment que s’interdire de faire le bien ou de sauver une vie ne pouvait qu’être condamnable et en contradiction avec l’intention originelle de Dieu au sujet du sabbat.

 

Mais ils gardèrent le silence. En refusant de répondre à Jésus, les pharisiens démontraient que leur conception du sabbat n’était pas défendable.

 

5  Alors, promenant ses regards sur eux avec indignation, et en même temps affligé de l’endurcissement de leur cœur, il dit à l’homme : Etends ta main. Il l’étendit, et sa main fut guérie.

 

indignation. Une impatience marquée contre le péché de l’homme révèle une nature morale saine. La réaction de Jésus était en accord avec sa nature divine et prouvait qu’il était vraiment le Fils de Dieu, un Fils juste. Cette indignation envers les attitudes et les pratiques pécheresses allait s’exprimer encore plus fermement lorsqu’il chasserait les marchands du temple (cf. #Mr 11:15-18 ; #Mt 21:12-13 ; #Lu 19:45-48).

 

l’endurcissement de leur cœur. Cette expression renvoie à une incapacité de compréhension due à une attitude rebelle (#Ps 95:8 ; #Hé 3:8-15). Le cœur des pharisiens devenait de plus en plus dur et fermé à la vérité (cf. #Mr 16:14 ; #Ro 9:18).

 

6  Les pharisiens sortirent, et aussitôt ils se consultèrent avec les hérodiens sur les moyens de le faire périr.

 

Les pharisiens …  se consultèrent. Loin de se laisser convaincre (cf. #Jn 3:19), ils refusèrent catégoriquement toute parole ou tout acte de la part de Jésus. Bien au contraire, ils décidèrent de le faire mourir. Les mots grecs traduits par « se consulter » (littéralement « prendre conseil ensemble ») impliquent que la décision avait déjà été prise et qu’il ne s’agissait que de la mettre à exécution.

 

hérodiens. Ce parti politique séculier, qui tirait son nom d’Hérode Antipas et fournissait un soutien indéfectible à Rome, s’opposait aux pharisiens sur pratiquement tous les sujets. Ils étaient en revanche prêts à les rejoindre car ils voulaient, comme eux, absolument faire périr Jésus.

 

7  Jésus se retira vers la mer avec ses disciples. Une grande multitude le suivit de la Galilée ; (3-8) et de la Judée,

8  et de Jérusalem, et de l’Idumée, et d’au delà du Jourdain, et des environs de Tyr et de Sidon, une grande multitude, apprenant tout ce qu’il faisait, vint à lui.

 

Si Jésus s’opposait régulièrement aux pharisiens, il demeurait très populaire auprès des gens ordinaires. Marc est le seul évangéliste à signaler qu’à ce moment-là du ministère de Jésus, les masses venaient de toutes les parties d’Israël pour le voir et l’écouter.

 

l’Idumée. Région s’étendant au sud-est de la Judée. C’est la seule fois qu’il en est fait mention dans le N.T. Elle était peuplée de nombreux Edomites (à l’origine, descendants d’Esaü. A cette époque, elle était devenue presque entièrement juive, et on la considérait comme faisant partie de la Judée.

 

d’au-delà du Jourdain. Région à l’est du Jourdain, appelée aussi Pérée. Elle était gouvernée par Hérode Antipas. Sa population comptait un grand nombre de Juifs.

 

Tyr et Sidon. Deux villes phéniciennes sur la côte méditerranéenne, au nord de la Galilée. On désignait souvent, par ces deux villes, la Phénicie tout entière (cf. #Jér 47:4 ; #Joe 3:4 ; #Mt 11:21 ; #Ac 12:20).

 

9  Il chargea ses disciples de tenir toujours à sa disposition une petite barque, afin de ne pas être pressé par la foule.

10  Car, comme il guérissait beaucoup de gens, tous ceux qui avaient des maladies se jetaient sur lui pour le toucher.

 

maladies. Littéralement « fouet », qui est parfois traduit « fléau » ou « calamité ». Terme qui décrit métaphoriquement diverses maladies physiques entraînant de fortes douleurs.

 

11  Les esprits impurs, quand ils le voyaient, se prosternaient devant lui, et s’écriaient : Tu es le Fils de Dieu.

 

esprits impurs. Renvoie aux démons.

 

quand ils le voyaient. Ce temps du verbe grec implique qu’il arrivait souvent que les démons regardent Jésus pour contempler la vérité de sa personnalité et de son identité.

 

Tu es le Fils de Dieu. Cf. #Mr 1:24. Les démons affirmaient sans hésiter le caractère unique de la nature de Jésus, et Marc y voyait une preuve évidente de sa divinité.

 

12  Mais il leur recommandait très sévèrement de ne pas le faire connaître.

 

recommandait …  de ne pas le faire connaître. Jésus interdisait toujours aux démons de témoigner de lui. Il préférait que ses enseignements et ses actes rendent témoignage de sa nature, plutôt que les paroles impures des démons

 

13 ¶  Il monta ensuite sur la montagne ; il appela ceux qu’il voulut, et ils vinrent auprès de lui.

 

il appela ceux qu’il voulut. Le verbe grec « appela » insiste sur le fait que Jésus agissait selon son propre intérêt souverain lorsqu’il choisit les douze disciples (cf. #Jn 15:16).

 

14  Il en établit douze, pour les avoir avec lui, (3-15) et pour les envoyer prêcher

 

Il en établit douze. Par un acte explicite de sa volonté, Jésus établit un groupe de douze hommes pour en faire ses disciples. Ce nouveau groupe servit de fondation à son Eglise (cf. #Lu 9:1).

 

15  avec le pouvoir de chasser les démons.

 

le pouvoir. Mot parfois traduit « autorité ». Si la mission principale des douze consistait à prêcher, Jésus leur a aussi donné le pouvoir de chasser les démons (cf. #Lu 9:1).

 

16  Voici les douze qu’il établit : Simon, qu’il nomma Pierre ;

 

3:16-19

Une liste des douze.

 

Pierre. Désormais (sauf en #Mr 14:37), Marc utilisera ce nom pour désigner Simon, bien que ce ne soit pas à cette occasion qu’il lui ait été donné pour la première fois (cf. #Jn 1:42), ni à partir de ce moment-là qu’il ait systématiquement remplacé le nom Simon (voir #Ac 15:14). Ce nom décrit bien l’activité et la personnalité de Pierre : il servirait de fondement à la construction de l’Eglise (cf. #Mt 16:18 ; #Ep 2:20).

 

17  Jacques, fils de Zébédée, et Jean, frère de Jacques, auxquels il donna le nom de Boanergès, qui signifie fils du tonnerre ;

 

fils du tonnerre. Marc définit au bénéfice de ses lecteurs non juifs le terme araméen « Boanergès ». Les deux frères reçurent ce nom probablement parce qu’ils possédaient une personnalité affirmée et n’hésitaient pas à s’exprimer (cf. #Mr 9:38 ; #Lu 9:54).

 

18  André ; Philippe ; Barthélemy ; Matthieu ; Thomas ; Jacques, fils d’Alphée ; Thaddée ; Simon le Cananite ;

 

Thaddée. C’est le seul nom pour lequel il y ait des différences entre les listes des douze du N.T. (cf. #Mt 10:2-4 ; #Lu 6:14-16 ; #Ac 1:13). Dans certains manuscrits de Matthieu, il est présenté comme Lebbée, Thaddée n’étant qu’un surnom ; Luc et Actes parlent de Jude, le fils de Jacques, tandis que #Jn 14:22 mentionne « Jude, non pas l’Iscariot ».

 

le Cananite. Cela n’implique pas que ce Simon soit natif de Cana. Il faut plutôt y voir un dérivé du mot araméen signifiant « faire preuve de zèle », utilisé à propos de ceux qui présentaient du zèle pour observer la loi. Luc utilise le mot dérivé du grec pour signifier « le Zélote » (#Lu 6:15)

 

19  et Judas Iscariot, celui qui livra Jésus. (3-20) Ils se rendirent à la maison,

 

Iscariot. Ce terme hébreu signifie « homme de Kérioth », par référence à Kerijoth-Hetsron, au sud d’Hébron (#Jos 15:25).

 

20  et la foule s’assembla de nouveau, en sorte qu’ils ne pouvaient pas même prendre leur repas.

 

Ils se rendirent à la maison. Ou, plus clairement, « rentrèrent chez eux », qui signale le retour de Jésus à Capernaüm (cf. #Mr 2:1).

 

21  Les parents de Jésus, ayant appris ce qui se passait, vinrent pour se saisir de lui ; car ils disaient : Il est hors de sens.

 

Les parents de Jésus. Littéralement « ceux de chez lui », expression grec qui pouvait désigner les amis ou les intimes d’une personne. Au sens strict, elle renvoyait à la famille proche, et cette traduction est donc bien la meilleure.

 

se saisir de lui. Marc utilise le même terme ailleurs pour parler de l’arrestation de quelqu’un (#Mr 6:17 ; #Mr 12:12 ; #Mr 14:1, #Mr 14:44, #Mr 14:46, #Mr 14:51). Les parents de Jésus ne pouvaient qu’être au courant de ce qui est rapporté au v. 20. Ils vinrent à Capernaüm pour l’empêcher de continuer ses multiples activités et le placer sous leur contrôle et leur protection, pour ce qu’ils supposaient être son bien.

 

Il est hors de sens. La famille de Jésus ne pouvait s’expliquer son mode de vie, si peu conventionnel, et sa complaisance à laisser les autres s’imposer à lui, qu’en disant qu’il était irrationnel, avait perdu l’esprit.

 

22 ¶  Et les scribes, qui étaient descendus de Jérusalem, dirent : Il est possédé de Béelzébul ; c’est par le prince des démons qu’il chasse les démons.

 

les scribes. Erudits juifs qu’on appelait aussi docteurs de la loi (pour la plupart des pharisiens). Ils étaient des experts pour ce qui concernait la loi et son application.

 

Béelzébul. Satan

 

23  Jésus les appela, et leur dit sous forme de paraboles : Comment Satan peut-il chasser Satan ?

 

paraboles. Jésus répondit aux scribes en établissant une analogie entre des faits connus et les vérités qu’il voulait faire comprendre.

 

24  Si un royaume est divisé contre lui-même, ce royaume ne peut subsister ;

25  et si une maison est divisée contre elle-même, cette maison ne peut subsister.

26  Si donc Satan se révolte contre lui-même, il est divisé, et il ne peut subsister, mais c’en est fait de lui.

 

c’en est fait de lui. Expression qui ne se trouve que chez Marc et qui fait allusion à la défaite finale de Satan en tant que chef du système du monde démoniaque.

 

27  Personne ne peut entrer dans la maison d’un homme fort et piller ses biens, sans avoir auparavant lié cet homme fort ; alors il pillera sa maison.

 

entrer dans la maison d’un homme fort et piller ses biens. On doit être plus fort que Satan pour pénétrer sur son terrain (« la maison d’un homme fort »), le lier (l’empêcher de nuire), et libérer (« piller ») les gens (« ses biens ») qui lui étaient asservis. Seul Jésus possède un tel pouvoir sur le démon. Cf. #Ro 16:20 ; #Hé 2:14-15.

 

28  Je vous le dis en vérité, tous les péchés seront pardonnés aux fils des hommes, et les blasphèmes qu’ils auront proférés ;

 

Je vous le dis en vérité. Première fois que Marc utilise cette expression. Courante dans les Evangiles, elle était employée comme une formule introductive aux paroles particulières d’autorité prononcées par Jésus (cf. #Mr 8:12 ; #Mr 9:41 ; #Mr 10:15, #Mr 10:29 ; #Mr 11:23 ; #Mr 12:43 ; #Mr 13:30 ; #Mr 14:9, #Mr 14:18, #Mr 14:25, #Mr 14:30).

 

29  mais quiconque blasphémera contre le Saint-Esprit n’obtiendra jamais de pardon : il est coupable d’un péché éternel.

 

mais quiconque blasphémera …  n’obtiendra jamais de pardon. Chaque fois que quelqu’un salit délibérément la personne et le ministère du Saint-Esprit en mettant en doute la seigneurie de Jésus et sa qualité de rédempteur, il nie complètement toute possibilité présente et future de pardon pour ses péchés, et par conséquent s’en prive. Il rejette totalement de ce fait la seule base possible de salut accordé par Dieu.

 

30  Jésus parla ainsi parce qu’ils disaient : Il est possédé d’un esprit impur.

31 ¶  Survinrent sa mère et ses frères, qui, se tenant dehors, l’envoyèrent appeler.

 

sa mère et ses frères. La famille terrestre de Jésus.  Le récit qui s’était interrompu au v. 21 reprend ici.

 

32  La foule était assise autour de lui, et on lui dit : Voici, ta mère et tes frères sont dehors et te demandent.

33  Et il répondit : Qui est ma mère, et qui sont mes frères ?

34  Puis, jetant les regards sur ceux qui étaient assis tout autour de lui : Voici, dit-il, ma mère et mes frères.

35  Car, quiconque fait la volonté de Dieu, celui-là est mon frère, ma sœur, et ma mère.

 

Déclaration décisive et englobante sur ce qu’est un véritable engagement en tant que disciple de Christ : il implique une relation spirituelle qui transcende la famille naturelle ; il reste ouvert à tous ceux qui ont reçu par l’Esprit de Dieu la capacité de venir à Christ dans la repentance et la foi, ainsi que la force de vivre leur vie dans l’obéissance à la Parole de Dieu.

 

 

MARC 04

1 ¶  Jésus se mit de nouveau à enseigner au bord de la mer. Une grande foule s’étant assemblée auprès de lui, il monta et s’assit dans une barque, sur la mer. Toute la foule était à terre sur le rivage.

 

s’assit. C’était la position typique des rabbins pour l’enseignement ; d’un point de vue pratique, on peut aussi supposer que Jésus s’assit à cause du roulis de la barque sur l’eau.

 

2  Il leur enseigna beaucoup de choses en paraboles, et il leur dit dans son enseignement:

 

paraboles. Méthode courante dans le judaïsme pour enseigner. Jésus l’adoptait pour cacher la vérité aux incrédules tout en l’exposant à ses disciples (cf. v. #Mr 4:11).

 

3  Ecoutez. Un semeur sortit pour semer.

4  Comme il semait, une partie de la semence tomba le long du chemin : les oiseaux vinrent, et la mangèrent.

 

le long du chemin. Soit une route longeant un champ, soit un chemin à travers champs. Dans les deux cas, ce sont des surfaces durcies par le passage fréquent de piétons.

 

5  Une autre partie tomba dans un endroit pierreux, où elle n’avait pas beaucoup de terre ; elle leva aussitôt, parce qu’elle ne trouva pas un sol profond ;

 

endroit pierreux. Désigne des couches de roche dure, souvent calcaire, qui s’étendent sous une couche de terre fertile. Elles sont à peine trop profondes pour que le soc de la charrue les atteigne, et pas assez loin de la surface pour qu’une plante parvienne à l’eau souterraine et puisse développer un réseau suffisant de racines, car la couche fertile est trop mince.

 

6  mais, quand le soleil parut, elle fut brûlée et sécha, faute de racines.

7  Une autre partie tomba parmi les épines : les épines montèrent, et l’étouffèrent, et elle ne donna point de fruit.

 

épines. Il est question d’une mauvaise herbe résistante, munie d’épines, qui monopolise l’espace, la lumière et l’eau disponibles au détriment des bonnes plantes.

 

8  Une autre partie tomba dans la bonne terre : elle donna du fruit qui montait et croissait, et elle rapporta trente, soixante, et cent pour un.

 

4:3-8

Cette parabole décrit la façon dont l’Evangile est annoncé dans le monde entier et les différentes réactions des gens. Certains le rejettent, d’autres l’acceptent pour un temps et abandonnent ensuite ; en revanche, certains croiront et en amèneront d’autres à la foi.

croissait …  et cent pour un. Le rendement moyen pour un grain semé était de 8 pour 1, 10 pour 1 étant considéré comme exceptionnel. Les rendements mentionnés par Jésus suggèrent une récolte incroyablement bonne.

 

9  Puis il dit : Que celui qui a des oreilles pour entendre entende.

 

Que celui qui a des oreilles pour entendre entende. A première vue, c’est un appel adressé aux auditeurs à faire preuve d’attention pour discerner le sens de cette analogie. Or, l’intelligence humaine n’est pas suffisante pour interpréter correctement cette parabole. Seuls les rachetés en comprendront donc le sens réel, car il leur sera expliqué par le divin professeur.

 

10  Lorsqu’il fut en particulier, ceux qui l’entouraient avec les douze l’interrogèrent sur les paraboles.

11  Il leur dit : C’est à vous qu’a été donné le mystère du royaume de Dieu ; mais pour ceux qui sont dehors tout se passe en paraboles,

 

mystère …  paraboles. Un « mystère » dans le N.T. renvoie à quelque chose qui était précédemment caché et inconnu mais a été révélé ensuite dans le N.T. D’après le contexte, le sujet de ce mystère est le royaume de Dieu que Jésus enseigne sous la forme d’une parabole. Ainsi, le sens en est révélé aux croyants, mais il reste caché pour ceux qui rejettent Christ et son Evangile.

 

ceux qui sont dehors. Ceux qui ne sont pas des disciples de Christ.

 

12  afin qu’en voyant ils voient et n’aperçoivent point, et qu’en entendant ils entendent et ne comprennent point, de peur qu’ils ne se convertissent, et que les péchés ne leur soient pardonnés.

 

afin. Contrairement à Matthieu qui cite précisément #Esa 6:9-10, Marc ne met dans la bouche de Jésus que la substance de ce qu’Esaïe avait écrit dans ce texte.

 

de peur qu’ils ne se convertissent. Implique que les incrédules refusent de se détourner de leur péché

 

13  Il leur dit encore : Vous ne comprenez pas cette parabole ? Comment donc comprendrez-vous toutes les paraboles ?

 

toutes les paraboles. La compréhension de la parabole du semeur devait être la clé qui permettrait aux disciples de discerner le sens des autres paraboles de Jésus relatives au royaume (vv. #Mr 4:21-34).

 

14  Le semeur sème la parole.

 

4:14-20

Explication de la parabole du semeur, qui représente Jésus lui-même (cf. #Mt 13:37) et quiconque proclame l’Evangile.

 

la Parole. #Lu 8:11 précise que c’est « la parole de Dieu », et #Mt 13:19 l’appelle « la parole du royaume ». C’est l’Evangile du salut.

 

15  Les uns sont le long du chemin, où la parole est semée ; quand ils l’ont entendue, aussitôt Satan vient et enlève la parole qui a été semée en eux.

16  Les autres, pareillement, reçoivent la semence dans les endroits pierreux ; quand ils entendent la parole, ils la reçoivent d’abord avec joie ;

 

la reçoivent d’abord avec joie. Réponse enthousiaste, émotionnelle, mais tellement superficielle qu’elle ne calcule pas les sacrifices impliqués.

 

17  mais ils n’ont pas de racine en eux-mêmes, ils manquent de persistance, et, dès que survient une tribulation ou une persécution à cause de la parole, ils y trouvent une occasion de chute.

 

pas de racine. Comme le cœur de ces personnes est endurci, comme un roc, l’Evangile ne peut prendre racine dans leur âme ni transformer leur vie; elles ne connaissent qu’un changement temporaire et superficiel.

 

une tribulation ou une persécution. Il ne s’agit pas ici des difficultés et des problèmes que chacun rencontre dans la vie, mais des souffrances, des épreuves et des persécutions qui surviennent lorsqu’on s’attache à la parole de Dieu.

 

trouvent une occasion de chute. Verbe grec signifiant « tomber » ou « offenser », à l’origine du français « scandaliser ». Toutes ces significations sont appropriées ici: le croyant superficiel est offensé, chute et trébuche dès que sa foi est mise à l’épreuve (cf. #Jn 8:31 ; #1Jn 2:19).

 

18  D’autres reçoivent la semence parmi les épines ; ce sont ceux qui entendent la parole,

19  mais en qui les soucis du siècle, la séduction des richesses et l’invasion des autres convoitises, étouffent la parole, et la rendent infructueuse.

 

soucis du siècle. Littéralement « soins de ce temps ». Si l’on est préoccupé par les problèmes temporels du monde, on est aveuglé et on ne peut prendre sérieusement l’Evangile en considération (cf. #Ja 4:4 ; #1Jn 2:15-16).

 

séduction des richesses. Non seulement l’argent et les biens matériels ne peuvent ni satisfaire les désirs du cœur ni procurer le bonheur durable qu’ils promettent faussement, mais ils rendent ceux qui s’efforcent de les posséder aveugles par rapport aux questions spirituelles, éternelles (#1Ti 6:9-10).

 

20  D’autres reçoivent la semence dans la bonne terre ; ce sont ceux qui entendent la parole, la reçoivent, et portent du fruit, trente, soixante, et cent pour un.

 

entendent …  reçoivent …  portent du fruit. En grec, trois participes présents qui indiquent une action en train de se dérouler. Les croyants, au contraire des incroyants, entendent la parole de Dieu parce que Dieu les autorise à l’entendre. Ils la « reçoivent »: ils la comprennent et y obéissent parce que Dieu ouvre leur esprit et leur cœur, et transforme leur vie, avec, comme résultat, des fruits spirituels.

 

21 ¶  Il leur dit encore : Apporte-t-on la lampe pour la mettre sous le boisseau, ou sous le lit ? N’est-ce pas pour la mettre sur le chandelier ?

 

lampe. Cela évoque un très petit bol d’argile, muni d’un bec destiné à recevoir la mèche, et contenant quelques centilitres d’huile en guise de combustible.

 

le chandelier. Dans les maisons populaires, ce n’était qu’une étagère saillant du mur. Les maisons plus cossues disposaient d’un support décoré, réservé à ce seul usage (cf. #Ap 1:12).

 

22  Car il n’est rien de caché qui ne doive être découvert, rien de secret qui ne doive être mis au jour.

 

Il n’est rien de caché …  découvert. L’intérêt de garder quelque chose caché est de pouvoir le révéler un jour. Les enseignements de Jésus n’ont jamais été destinés au seul cercle fermé de quelques disciples. Il allait revenir aux disciples de communiquer l’Evangile du royaume au monde entier (cf. #Mt 28:19-20).

 

23  Si quelqu’un a des oreilles pour entendre, qu’il entende.

24  Il leur dit encore : Prenez garde à ce que vous entendez. On vous mesurera avec la mesure dont vous vous serez servis, et on y ajoutera pour vous.

 

avec la mesure. Les résultats spirituels obtenus par le disciple devaient être mesurés à l’aune des efforts qu’il avait fournis ; il allait récolter ce qu’il avait semé.

 

on y ajoutera. Celui qui a appris des vérités spirituelles et les a appliquées soigneusement recevra toujours plus de vérités à appliquer fidèlement.

 

25  Car on donnera à celui qui a ; mais à celui qui n’a pas on ôtera même ce qu’il a.

26  Il dit encore : Il en est du royaume de Dieu comme quand un homme jette de la semence en terre ;

 

4:26-29

Marc est le seul à rapporter cette parabole. Elle complète la parabole du semeur en expliquant de manière plus approfondie les résultats de la croissance spirituelle, qui s’accomplit dans la bonne terre.

 

27  qu’il dorme ou qu’il veille, nuit et jour, la semence germe et croît sans qu’il sache comment.

28  La terre produit d’elle-même, d’abord l’herbe, puis l’épi, puis le grain tout formé dans l’épi ;

29  et, dès que le fruit est mûr, on y met la faucille, car la moisson est là.

 

on y met la faucille, car la moisson est là. Quand le grain est mûr, le semeur moissonne sa récolte. Il existe deux explications possibles à cette parabole non expliquée par Jésus. On peut y voir l’ensemble du royaume, depuis le temps où Jésus a semé le message de l’Evangile jusqu’à la moisson finale à venir. Dans ce sens, les disciples continuent donc l’œuvre de répandre l’Evangile, ce qui produira une récolte. Cependant, une meilleure interprétation présente l’Evangile faisant son œuvre dans les vies. Une fois l’Evangile présenté, la Parole de Dieu fait son œuvre dans le cœur des individus, parfois lentement, jusqu’au jour où Dieu moissonne la récolte dans ces personnes et les sauve.

 

30  Il dit encore : A quoi comparerons-nous le royaume de Dieu, ou par quelle parabole le représenterons-nous ?

 

4:30-32

La parabole du grain de sénevé présente le royaume de Dieu comme très petit à ses débuts, mais apte à atteindre ensuite une dimension mondiale.

 

31  Il est semblable à un grain de sénevé, qui, lorsqu’on le sème en terre, est la plus petite de toutes les semences qui sont sur la terre ;

 

grain de sénevé. Allusion à la moutarde noire ordinaire. On utilisait ses feuilles comme légume et ses grains comme condiment. Elle avait aussi des vertus médicinales.

 

la plus petite de toutes. Le sénevé n’a pas la graine la plus petite au monde, mais c’était la plus petite des graines que les Juifs semaient chez eux.

 

32  mais, lorsqu’il a été semé, il monte, devient plus grand que tous les légumes, et pousse de grandes branches, en sorte que les oiseaux du ciel peuvent habiter sous son ombre.

 

légumes. Renvoie aux jardins potagers où les plantes étaient cultivées pour être consommées.

 

les oiseaux du ciel. Le moutardier n’est pas classé parmi les arbres, mais cet arbuste pousse parfois jusqu’à 3 m de haut. Il possède alors toutes les caractéristiques d’un arbre, notamment des branches assez grandes pour permettre aux oiseaux d’y nicher. L’arbre représente la sphère du salut, qui allait grandir au point de fournir abri, protection et bénédiction à tous. Même des incroyants ont été au bénéfice de bénédictions du fait de leur association avec l’Evangile et la puissance salvatrice de Dieu. Les chrétiens ont été une bénédiction pour le monde.

 

33  C’est par beaucoup de paraboles de ce genre qu’il leur annonçait la parole, selon qu’ils étaient capables de l’entendre.

 

4:33-34

La manière dont Marc conclut son exposé des paraboles de Jésus souligne qu’il n’en a rapporté que des échantillons représentatifs.

 

34  Il ne leur parlait point sans parabole ; mais, en particulier, il expliquait tout à ses disciples.

 

Il ne leur parlait point sans parabole. Ce jour-là spécifiquement, Jésus ne s’adressa aux foules qu’en paraboles. Ainsi, les incroyants qui entendaient son enseignement restaient sur leur faim, ce qui les empêchait d’être forcés à croire ou non ; ils ne pouvaient décider de le suivre car ils ne comprenaient pas son enseignement.

 

35 ¶  Ce même jour, sur le soir, Jésus leur dit : Passons à l’autre bord.

 

4:35-41

Ce récit démontre l’absolue autorité de Jésus sur le monde naturel.

 

l’autre bord. Jésus et ses disciples se trouvaient sur la rive occidentale de la mer de Galilée. Pour échapper aux foules et prendre un bref repos, Jésus voulut passer à la rive orientale, qui n’abritait pas de grandes villes et était donc moins peuplée.

 

36  Après avoir renvoyé la foule, ils l’emmenèrent dans la barque où il se trouvait ; il y avait aussi d’autres barques avec lui.

37  Il s’éleva un grand tourbillon, et les flots se jetaient dans la barque, au point qu’elle se remplissait déjà.

 

un grand tourbillon. Sur ce lac, entouré de montagnes et situé à environ 208 m en dessous du niveau de la mer, les coups de vents sont monnaie courante. Le mot grec peut aussi signifier « tempête ». En l’occurrence, c’était un orage si violent qu’il avait les caractéristiques d’un ouragan. Les disciples, pourtant habitués à naviguer, craignirent de se noyer (v. #Mr 4:38).

 

38  Et lui, il dormait à la poupe sur le coussin. Ils le réveillèrent, et lui dirent : Maître, ne t’inquiètes-tu pas de ce que nous périssons ?

 

Et lui, il dormait. Jésus était si épuisé d’avoir prêché et d’avoir guéri les malades toute la journée que même un ouragan de cette importance ne le réveillait pas

 

39  S’étant réveillé, il menaça le vent, et dit à la mer : Silence ! tais-toi ! Et le vent cessa, et il y eut un grand calme.

 

Silence! tais-toi! Littéralement « garde le silence, sois muselée ». Les ouragans se calment d’habitude progressivement, mais lorsque le Créateur leur en donna l’ordre, les éléments naturels se calmèrent d’un seul coup.

 

40  Puis il leur dit : Pourquoi avez-vous ainsi peur ? Comment n’avez-vous point de foi ?

41  Ils furent saisis d’une grande frayeur, et ils se dirent les uns aux autres: Quel est donc celui-ci, à qui obéissent même le vent et la mer ?

 

Ils furent saisis d’une grande frayeur. Non parce qu’ils venaient de craindre pour leur vie à cause de l’ouragan, mais parce qu’ils étaient saisis de respect devant les pouvoirs surnaturels dont Jésus venait de faire la preuve. La seule chose plus terrible que d’essuyer un orage à l’extérieur, c’était d’avoir Dieu à leur bord!

 

Quel est donc celui-ci. Par ces mots, les disciples trahissaient leur étonnement devant la véritable identité de Jésus.

 

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