JOUR 37 DE 130 : NOUVEAU TESTAMENT

18/09/2018 00:52

JOUR 37 DE 130 : NOUVEAU TESTAMENT

 

JEAN 5 ET 6

 

JEAN 5 * 1 à 47

1 ¶  Après cela, il y eut une fête des Juifs, et Jésus monta à Jérusalem.

fête des Juifs. Jean rattacha souvent son récit aux diverses fêtes juives (#Jn 2:13 ; #Jn 6:4 Pâque; 7:2 les tabernacles; 10:22 fête de la Dédicace; 11:55 Pâque), mais c’est le seul exemple où il ne précise pas quelle fête se déroulait à ce moment-là.

5:1-18 Alors que l’opposition à Jésus couvait (p. ex. #Jn 2:13-20), l’histoire de la guérison à la piscine de Béthesda marque le début d’une hostilité ouverte à son encontre à Jérusalem et dans les régions du sud d’Israël. On peut diviser ce passage en trois parties:

1° l’accomplissement du miracle (vv. #Jn 5:1-9);

2° la persécution du Maître (vv. #Jn 5:10-16);

3° le complot meurtrier (vv. #Jn 5:16-18).

5:1-7:52 Cette partie met en évidence un changement: après s’être montrés réservés et hésitants au sujet de la messianité de Jésus (#Jn 3:26 ; #Jn 4:1-3), ses adversaires le rejettent désormais ouvertement (#Jn 7:52). L’opposition commence par une controverse liée au fait que Jésus a opéré une guérison un jour de sabbat (#Jn 5:1-18); elle s’intensifie au ch. #Jn 6 avec le départ de nombreux disciples (#Jn 6:66) et se durcit au ch. #Jn 7 pour déboucher sur une opposition officielle et sur la tentative des autorités religieuses de l’arrêter (#Jn 7:20-52). Ainsi, le thème de cette section est clairement le rejet de la messianité de Jésus.

 

2  Or, à Jérusalem, près de la porte des brebis, il y a une piscine qui s’appelle en hébreu Béthesda, et qui a cinq portiques.

porte des brebis. Le plus vraisemblable est que cette porte soit celle désignée en #Né 3:1, #Né 3:32 ; #Né 12:39. C’était une petite ouverture pratiquée dans le rempart nord de la ville, juste à l’ouest de l’angle nord-est.

il y a une piscine. Certains suggèrent que Jean écrivit son Évangile avant la destruction de Jérusalem en 70 apr. J.-C. parce que le présent « il y a » impliquerait que cette piscine existait toujours. Cependant, Jean utilisait souvent ce qu’il est convenu d’appeler le « présent historique » pour évoquer des faits passés, et donc cet argument n’a que peu de poids.

Pour plus de détails sur la date de la rédaction, voir l’introduction, auteur et date {==> "Jn 1:1"}==> https://www.chercherjesus-christ.com/news/l-evangile-selon-jean/

 

Bethesda. « Bethesda » est la transcription grecque d’un mot hébreu (ou araméen) signifiant « maison de la source ».

 

3  Sous ces portiques étaient couchés en grand nombre des malades, des aveugles, des boiteux, des paralytiques, qui attendaient le mouvement de l’eau ;

étaient couchés. C’était la coutume à l’époque pour les infirmes de se rassembler là. Les sources qui alimentaient la piscine devaient avoir un débit irrégulier qui faisait trembler la surface de l’eau (v. #Jn 5:7). Certains témoins de l’Antiquité précisent que cette eau était si riche en minéraux qu’elle en avait une teinte rouge; on lui attribuait donc des vertus médicinales.

5:3-4 L’expression de la dernière partie du v. 3 « qui attendaient le mouvement de l’eau » et le v. 4 n’appartiennent probablement pas au texte original. Les manuscrits grecs les plus anciens, de même que les traductions anciennes, ne les contiennent pas. L’emploi de mots et d’expressions peu familiers au style de l’auteur milite aussi en faveur de leur exclusion.

 

4  car un ange descendait de temps en temps dans la piscine, et agitait l’eau ; et celui qui y descendait le premier après que l’eau avait été agitée était guéri, quelle que fût sa maladie.

 

5  Là se trouvait un homme malade depuis trente-huit ans.

depuis trente-huit ans. Jean mentionne ce chiffre pour souligner la gravité de la maladie qui affligeait cette personne. Puisqu’elle avait été remarquée par bien des gens depuis presque 40 ans, tout le monde put être sûr de l’authenticité de cette guérison miraculeuse (cf. v. #Jn 5:9).

 

6  Jésus, l’ayant vu couché, et sachant qu’il était malade depuis longtemps, lui dit: Veux-tu être guéri ?

sachant. Ce mot implique que Jésus avait une connaissance surnaturelle de la situation de cet homme (#Jn 1:47-48 ; #Jn 4:17). Jésus choisit de le guérir au milieu de bien d’autres malades. Ce choix lui revint, dans sa souveraineté, et aucune raison n’en est donnée.

 

7  Le malade lui répondit : Seigneur, je n’ai personne pour me jeter dans la piscine quand l’eau est agitée, et, pendant que j’y vais, un autre descend avant moi.

 

8  Lève-toi, lui dit Jésus, prends ton lit, et marche.

Lève-toi …  prends …  marche. De la même façon que Dieu créa le monde en parlant (#Ge 1:3), les paroles de Jésus avaient le pouvoir de guérir (cf. #Jn 1:3 ; #Jn 8:58 ; #Ge 1:1 ; #Col 1:16 ; #Hé 1:2).

lit. Fait en général de paille, il était assez léger pour qu’on puisse le transporter sur l’épaule de la personne bien portante qui aidait l’infirme (cf. #Mr 2:3).

 

9  Aussitôt cet homme fut guéri ; il prit son lit, et marcha. (5-10) C’était un jour de sabbat.

il prit son lit, et marcha. Cette expression souligne que la guérison fut totale (cf. v. #Jn 5:5)

 

10  Les Juifs dirent donc à celui qui avait été guéri : C’est le sabbat ; il ne t’est pas permis d’emporter ton lit.

il ne t’est pas permis. Expression qui révèle que le judaïsme du temps de Jésus avait dégénéré en une pieuse hypocrisie. Cela irritait particulièrement le Seigneur Jésus (cf. #Mt 22:1-23:2), qui utilisa cet incident pour instaurer une confrontation avec le légalisme juif et identifier la nécessité d’une repentance nationale.

5:10-11 L’A.T. avait interdit de travailler le jour du sabbat, sans préciser ce que ce mot recouvrait exactement (#Ex 20:8-11). On estime généralement que, dans les Écritures, c’était le travail ordinaire qui était ainsi interdit. Or, la tradition orale des rabbins allait encore plus loin que l’A.T. en désignant 39 activités interdites (Mishna Sabbat 7:2; 10:5), dont celle de transporter quelque chose d’un domaine à un autre. Ainsi, c’était la tradition orale que l’homme avait enfreinte, pas l’A.T.

Jésus n’avait pas enfreint la loi divine, car elle n’interdisait en rien de faire du bien ce jour-là (#Mr 2:27). Cependant, il avait effectivement contrevenu à la tradition orale développée par les Juifs, c’est-à-dire aux « commandements d’hommes » (cf. aussi #Mt 15:1-9). C’est sans doute volontairement que Jésus accomplissait ses miracles le jour du sabbat: il cherchait la confrontation avec leur hypocrisie religieuse, qui les rendait aveugles à la véritable adoration de Dieu (voir les vv. #Jn 5:17-47 pour connaître la raison principale de cette recherche de confrontation.

 

11  Il leur répondit : Celui qui m’a guéri m’a dit : Prends ton lit, et marche.

 

12  Ils lui demandèrent : Qui est l’homme qui t’a dit: Prends ton lit, et marche ?

 

13  Mais celui qui avait été guéri ne savait pas qui c’était ; car Jésus avait disparu de la foule qui était en ce lieu.

 

14  Depuis, Jésus le trouva dans le temple, et lui dit : Voici, tu as été guéri ; ne pèche plus, de peur qu’il ne t’arrive quelque chose de pire.

ne pèche plus, de peur qu’il ne t’arrive quelque chose de pire. L’essentiel de ce que Jésus veut dire ici, c’est que le péché entraîne des conséquences inévitables (cf. #Ga 6:7-8). Même si les Écritures ne suggèrent en rien que toute maladie serait la conséquence du péché (cf. #Jn 9:1-3 ; #Lu 13:1-5), elle peut parfois être en relation directe avec la turpitude morale (cf. #1Co 11:29-30 ; #Ja 5:15). Jésus avait peut-être choisi cet homme précisément pour mettre l’accent sur ce point.

 

15  Cet homme s’en alla, et annonça aux Juifs que c’était Jésus qui l’avait guéri.

 

16  C’est pourquoi les Juifs poursuivaient Jésus, parce qu’il faisait ces choses le jour du sabbat.

poursuivaient. Le temps de ce verbe implique que les Juifs poursuivaient souvent Jésus: il était en permanence en butte à leur hostilité, ce n’était pas un incident isolé. La raison en était la haine qu’ils éprouvaient envers Jésus parce qu’il faisait des miracles le jour du sabbat (cf. #Mr 3:1-6).

 

17 ¶  Mais Jésus leur répondit : Mon Père agit jusqu’à présent ; moi aussi, j’agis.

ici, Ce qui est important c’est que Dieu travaillait continuellement et, puisque Jésus travaillait également sans cesse, il ne pouvait qu’être Dieu. En outre, Dieu n’a pas besoin de prendre du repos car il ne se fatigue jamais (#Esa 40:28). Pour que l’autodéfense de Jésus porte, il fallait que les facteurs appliqués à Dieu s’appliquent aussi à lui. Jésus est maître du sabbat (#Mt 12:8)! Même les rabbins admettaient que Dieu n’avait jamais cessé de travailler, car il soutient l’univers en permanence.

5:17-47 Ces vv. révèlent la raison suprême qui poussait Jésus à la confrontation avec l’hypocrisie religieuse: c’était une occasion de déclarer publiquement qui il était. Cette section a trait à l’affirmation par Christ de sa divinité. En tant que tel, c’est l’un des plus grands discours christologiques des Écritures. Jésus y exprime cinq revendications d’égalité avec Dieu: il est l’égal de Dieu

1° dans sa personne (vv. #Jn 5:17-18);

2° dans ses œuvres (vv. #Jn 5:19-20);

3° en termes de pouvoir et de souveraineté (v. #Jn 5:21);

4° en termes de jugement (v. #Jn 5:22);

5° en termes d’honneur (v. #Jn 5:23).

 

18  A cause de cela, les Juifs cherchaient encore plus à le faire mourir, non seulement parce qu’il violait le sabbat, mais parce qu’il appelait Dieu son propre Père, se faisant lui-même égal à Dieu.

Ce v. le confirme, les Juifs comprirent immédiatement que les remarques de Jésus impliquaient sa divinité.

 

19  Jésus reprit donc la parole, et leur dit : En vérité, en vérité, je vous le dis, le Fils ne peut rien faire de lui-même, il ne fait que ce qu’il voit faire au Père ; et tout ce que le Père fait, le Fils aussi le fait pareillement.

En vérité, en vérité. Cf. vv. #Jn 5:24-25 ; #Jn 1:51. Manière de dire « je vous dis la vérité ». Plus les Juifs se montraient hostiles à ce qu’impliquaient ses assertions d’égalité avec Dieu, plus Jésus faisait preuve d’audace, de force d’affirmation et d’absence de peur. Il associait directement à son Père ses activités de guérison le jour du sabbat. Le Fils ne faisait jamais quoi que ce soit qui puisse s’opposer à son Père, parce qu’il ne faisait que ce qui coïncidait avec l’œuvre de son Père et la prolongeait. Jésus impliquait ainsi que le seul qui soit apte à agir comme le Père ne pouvait qu’être aussi grand que lui.

 

20  Car le Père aime le Fils, et lui montre tout ce qu’il fait ; et il lui montrera des œuvres plus grandes que celles-ci, afin que vous soyez dans l’étonnement.

des œuvres plus grandes. Cela fait allusion à l’œuvre puissante de ressusciter les morts. Dieu possède ce pouvoir (cf. #1R 17:17-24 ; #2R 4:32-37 ; #2R 5:7) et le Seigneur Jésus également (vv. #Jn 5:21 ; #Jn 11:25-44 ; #Jn 14:19 ; #Jn 20:1-18).

 

21  Car, comme le Père ressuscite les morts et donne la vie, ainsi le Fils donne la vie à qui il veut.

 

22  Le Père ne juge personne, mais il a remis tout jugement au Fils,

 

23  afin que tous honorent le Fils comme ils honorent le Père. Celui qui n’honore pas le Fils n’honore pas le Père qui l’a envoyé.

honorent le Fils. Ce v. explique pourquoi Dieu a confié tout jugement au Fils (v. #Jn 5:22): c’est pour que tout homme honore le Fils comme il honore le Père. Ce v. fait de Jésus bien plus qu’un simple ambassadeur agissant au nom d’un monarque; il lui confère une égalité pleine et entière avec le Père (cf. #Ph 2:9-11).

honorent le Père. Jésus renverse, pour la retourner contre eux, l’accusation de blasphème que les Juifs présentaient contre lui: il leur rétorque que la seule façon d’honorer le Père, c’est de recevoir le Fils; par conséquent, c’étaient eux qui blasphémaient contre le Père en rejetant son Fils.

 

24  En vérité, en vérité, je vous le dis, celui qui écoute ma parole, et qui croit à celui qui m’a envoyé, a la vie éternelle et ne vient point en jugement, mais il est passé de la mort à la vie.

il est passé de la mort à la vie. Cela développe la vérité du v. 21: Jésus donne la vie à quiconque le désire. Ceux qui reçoivent cette vie sont ici désignés comme ceux qui écoutent la Parole et croient au Père et au Fils. Ce sont ceux qui ont la vie éternelle et ne seront jamais condamnés (#Ro 8:1 ; #Col 1:13).


25  En vérité, en vérité, je vous le dis, l’heure vient, et elle est déjà venue, où les morts entendront la voix du Fils de Dieu ; et ceux qui l’auront entendue vivront.

l’heure vient, et elle est déjà venue. Cf. #Jn 4:23. Cette expression révèle une tension entre le « déjà » et le « pas encore » à propos de la résurrection. Ceux qui sont nés de nouveau sont déjà ressuscités spirituellement (« elle est déjà venue »; #Ep 2:1-6 ; #Col 2:13), et cependant une résurrection future les attend encore sur le plan physique (« l’heure vient »; #1Co 15:35-54 ; #Ph 3:20-21).

5:25-29 Ces vv. ont pour thème la résurrection. Jésus affirme que tous les hommes, sauvés ou non, seront littéralement et physiquement ressuscités des morts. Cependant, seuls les sauvés connaissent la résurrection spirituelle (nouvelle naissance) autant que la résurrection physique pour entrer dans la vie éternelle. Ceux qui ne sont pas sauvés ressusciteront pour le jugement et le châtiment éternel, la séparation d’avec Dieu (c’est-à-dire la seconde mort; cf. #Ap 20: 6, #Ap 20: 14 ; #Ap 21: 8). Ces vv. constituent aussi la preuve de la divinité de Jésus-Christ, puisqu’il a le pouvoir de résurrection (vv. #Jn 5:25-26) et que le Père lui a accordé le statut de juge sur toute l’humanité (v. #Jn 5:27). A la lumière d’autres passages, il est clair que Jésus parle de la résurrection de façon générale, mais pas d’une seule résurrection générale.

 

26  Car, comme le Père a la vie en lui-même, ainsi il a donné au Fils d’avoir la vie en lui-même.

il a donné au Fils. De toute éternité, le Fils avait le droit d’accorder la vie (#Jn 1:4). Cette distinction concerne la divinité de Jésus par opposition à son incarnation. En devenant un homme, Jésus a volontairement mis de côté l’exercice indépendant de ses privilèges et attributs divins (#Ph 2:6-11). Jésus affirma ici que même dans son humanité, le Père lui avait octroyé la puissance « d’avoir la vie », c’est-à-dire de ressusciter les autres et lui-même.

 

27  Et il lui a donné le pouvoir de juger, parce qu’il est Fils de l’homme.

pouvoir. Cf. #Jn 17: 2 ; Voir #Mt 11:27 ; #Jn 3:35. Christ reçut l’autorité souveraine et absolue sur toutes choses, « dans le ciel et sur la terre ». C’est la preuve incontestable de sa divinité. Le temps de son humiliation était terminé et Dieu l’éleva au-dessus de tout (#Ph 2:9-11).

 

28  Ne vous étonnez pas de cela ; car l’heure vient où tous ceux qui sont dans les sépulcres entendront sa voix,

 

29  (5-28) et en sortiront. (5-29) Ceux qui auront fait le bien ressusciteront pour la vie, mais ceux qui auront fait le mal ressusciteront pour le jugement.

Ceux qui auront fait le bien …  le mal. Jésus n’était pas en train de prêcher la justification par les œuvres (voir #Jn 6:29). Dans ce contexte, le « bien » consiste à croire au Fils pour recevoir une nature nouvelle qui produise de bonnes œuvres (#Jn 3:21 ; #Ja 2:14-20), tandis que le « mal » consiste à rejeter le Fils (ceux qui ne sont pas sauvés) et à haïr la lumière, ce qui amène à commettre de mauvaises actions (#Jn 3:18-19). Les œuvres ont pour résultat essentiel de mettre en lumière la nature de chacun, de révéler s’il est sauvé ou non, mais elles ne peuvent jamais faire obtenir le salut.

 

30  Je ne puis rien faire de moi-même : selon que j’entends, je juge ; et mon jugement est juste, parce que je ne cherche pas ma volonté, mais la volonté de celui qui m’a envoyé.

la volonté de celui qui m’a envoyé. En résumant tout ce qu’il a dit depuis le v. 19 sur son égalité avec Dieu, Jésus affirme que, s’il exerce le jugement, c’est parce que tout ce qu’il a fait dépendait de la volonté et de la parole de son Père (cf. vv. #Jn 5:19-20).

 

31 ¶  Si c’est moi qui rends témoignage de moi-même, mon témoignage n’est pas vrai.

 

32  Il y en a un autre qui rend témoignage de moi, et je sais que le témoignage qu’il rend de moi est vrai.

5:32-47 L’arrière-plan de ces vv. se trouve en #De 17: 6 et #De 19: 15, qui mentionnent la nécessité de témoins pour établir la véracité d’une affaire. Jésus insista lui-même sur le thème des témoins qui attestent de l’identité du Fils:

1° Jean-Baptiste (vv. #Jn 5:32-35);

2° les œuvres de Jésus (vv. #Jn 5:35-36);

3° le Père (vv. #Jn 5:37-38);

4° l’A.T. (vv. #Jn 5:39-47).

 

33  Vous avez envoyé vers Jean, et il a rendu témoignage à la vérité.

 

34  Pour moi ce n’est pas d’un homme que je reçois le témoignage ; mais je dis ceci, afin que vous soyez sauvés.

 

35  Jean était la lampe qui brûle et qui luit, et vous avez voulu vous réjouir une heure à sa lumière.

 

36  Moi, j’ai un témoignage plus grand que celui de Jean ; car les œuvres que le Père m’a donné d’accomplir, ces œuvres mêmes que je fais, témoignent de moi que c’est le Père qui m’a envoyé.

ces œuvres mêmes que je fais. Cf. #Jn 10:25. Les miracles de Jésus attestaient sa divinité et sa nature messianique. Ces miracles sont les signes les plus importants rapportés par Jean dans son Évangile pour atteindre son but de 20:30-31

 

37  Et le Père qui m’a envoyé a rendu lui-même témoignage de moi. Vous n’avez jamais entendu sa voix, vous n’avez point vu sa face,

le Père …  a rendu lui-même témoignage. Cf. #Mt 3:17 ; #Mr 1:11 ; #Lu 3:22.

 

38  et sa parole ne demeure point en vous, parce que vous ne croyez pas à celui qu’il a envoyé.

 

39  Vous sondez les Écritures, parce que vous pensez avoir en elles la vie éternelle : ce sont elles qui rendent témoignage de moi.

Vous sondez. Bien que le verbe puisse être compris comme un impératif (c’est-à-dire « Sondez les Écritures! »), la plupart des traductions en font un indicatif. Il évoque l’étude diligente des textes dans le but d’obtenir la « vie éternelle ». Cependant, Jésus fait remarquer que, malgré tous leurs laborieux efforts, ils n’ont toujours pas compris que le seul et vrai chemin vers la vie éternelle passe par le Fils de Dieu.

rendent témoignage de moi. #Jn 5:45. Christ constitue le thème principal des Écritures.

 

40  Et vous ne voulez pas venir à moi pour avoir la vie !

ne voulez pas. Ils cherchaient la vie éternelle mais refusaient de faire confiance à sa seule et unique source (cf. v. #Jn 5:24 ; #Jn 1:11 ; #Jn 3:19).

 

41  Je ne tire pas ma gloire des hommes.

gloire des hommes. Si Jésus avait été d’accord pour devenir le genre de Messie que les Juifs attendaient, c’est-à-dire un pourvoyeur permanent de miracles et de nourriture, avec, en prime, la puissance militaire et politique, il aurait été honoré par ces hommes. Or, Jésus désirait plaire à Dieu seul (vv. #Jn 5:19ss).

 

42  Mais je sais que vous n’avez point en vous l’amour de Dieu.

 

43  Je suis venu au nom de mon Père, et vous ne me recevez pas ; si un autre vient en son propre nom, vous le recevrez.

vous le recevrez. L’historien juif Flavius Josèphe rapporte que toute une série de faux messies se levèrent au cours de la décennie précédant l’an 70 apr. J.-C. Ce v. contraste le rejet par les Juifs de leur Messie authentique, du fait qu’ils n’aimaient ni ne connaissaient Dieu (v. #Jn 5:42), avec le bon accueil qu’ils réservaient aux charlatans.

 

44  Comment pouvez-vous croire, vous qui tirez votre gloire les uns des autres, et qui ne cherchez point la gloire qui vient de Dieu seul ?

 

45  Ne pensez pas que moi je vous accuserai devant le Père ; celui qui vous accuse, c’est Moïse, en qui vous avez mis votre espérance.

 

46  Car si vous croyiez Moïse, vous me croiriez aussi, parce qu’il a écrit de moi.

Moïse …  a écrit à mon sujet. Jésus ne mentionne aucun passage précis dans le Pentateuque alors qu’il en existe de très nombreux (p. ex. #De 18: 15 ; cf. #Jn 1:21 ; #Jn 4:19 ; #Jn 6:14 ; #Jn 7:40, #Jn 7:52).

 

47  Mais si vous ne croyez pas à ses écrits, comment croirez-vous à mes paroles ?




JEAN 6 * 1 à 71

 

1 ¶  Après cela, Jésus s’en alla de l’autre côté de la mer de Galilée, de Tibériade.

Après cela. Il peut y avoir un certain laps de temps entre les ch. #Jn 5 et 6. Si la fête de 5:1 était celle des tabernacles, il s’était écoulé six mois (octobre à avril). S’il s’agissait de la Pâque, alors c’est même une année qui sépare les deux ch.

 

la mer de Galilée. Le ch. #Jn 6 possède une structure très similaire à celle du ch. #Jn 5, puisque les deux se déroulent pendant une fête juive et qu’ils débouchent tous les deux sur un discours visant à démontrer la divinité de Jésus. Si le ch. #Jn 5 se passe au sud, en Judée, le 6 évoque ce qui arriva au nord, en Galilée. La conclusion de ces deux ch. est la même: Jésus est rejeté au sud comme au nord.

 

6:1-14 L’histoire de la nourriture distribuée aux 5000 est le 4e signe fourni par Jean pour démontrer que Jésus était le Messie et le Fils de Dieu. C’est le seul miracle rapporté dans les quatre Évangiles (#Mt 14:13-23 ; #Mr 6:30-46 ; #Lu 9:10-17). Puisque Jean écrivit vraisemblablement dans le but de compléter les Évangiles synoptiques en apportant des informations qui ne s’y trouvent pas, le fait qu’il rapporte, lui aussi, ce miracle souligne son importance particulière. Cette importance est double:

1° il démontre plus que tout autre le pouvoir créateur de Jésus;

2° il est une preuve incontournable de la divinité de Jésus et sert ainsi le but que Jean s’était fixé, tout en constituant une transition naturelle avec le discours où Jésus se définit comme « le pain de vie » (vv. #Jn 6:22-40).

 

Il est intéressant de remarquer que les deux miracles créateurs de Jésus, l’eau changée en vin (#Jn 2:1-10) et la multiplication des pains (vv. #Jn 6:1-14), parlent des éléments principaux de la cène (v. #Jn 6:53).

 

2  Une grande foule le suivait, parce qu’elle voyait les miracles qu’il opérait sur les malades.

 

elle voyait les miracles. Les foules suivaient Jésus non par foi en lui mais par curiosité devant les miracles qu’il accomplissait (v. #Jn 6:26). Cependant, malgré leurs motivations grossières, Jésus avait compassion d’elles, et c’est pourquoi il guérissait leurs malades et les nourrissait (cf. #Mt 13: 14 ; #Mr 6:34).

 

3  Jésus monta sur la montagne, et là il s’assit avec ses disciples.

 

4  Or, la Pâque était proche, la fête des Juifs.

 

5  Ayant levé les yeux, et voyant qu’une grande foule venait à lui, Jésus dit à Philippe : Où achèterons-nous des pains, pour que ces gens aient à manger ?

 

6  Il disait cela pour l’éprouver, car il savait ce qu’il allait faire.

 

7  Philippe lui répondit : Les pains qu’on aurait pour deux cents deniers ne suffiraient pas pour que chacun en reçût un peu.

 

deux cents deniers. Un denier représentait une journée de travail d’un ouvrier agricole; 200 deniers équivalaient donc à 8 mois de salaire environ. La foule était cependant si nombreuse que cette somme n’aurait pas suffi à nourrir tout le monde.

 

8  Un de ses disciples, André, frère de Simon Pierre, lui dit:

 

9  Il y a ici un jeune garçon qui a cinq pains d’orge et deux poissons ; mais qu’est-ce que cela pour tant de gens ?

 

10  Jésus dit : Faites-les asseoir. Il y avait dans ce lieu beaucoup d’herbe. Ils s’assirent donc, au nombre d’environ cinq mille hommes.

 

cinq mille. Le nombre de 5000 hommes n’incluait pas les femmes et les enfants, ce qui porte le nombre réel à environ 20 000.

 

11  Jésus prit les pains, rendit grâces, et les distribua à ceux qui étaient assis ; il leur donna de même des poissons, autant qu’ils en voulurent.

 

12  Lorsqu’ils furent rassasiés, il dit à ses disciples : Ramassez les morceaux qui restent, afin que rien ne se perde.

 

13  Ils les ramassèrent donc, et ils remplirent douze paniers avec les morceaux qui restèrent des cinq pains d’orge, après que tous eurent mangé.

 

14  Ces gens, ayant vu le miracle que Jésus avait fait, disaient : Celui-ci est vraiment le prophète qui doit venir dans le monde.

 

le prophète. La foule faisait allusion au « prophète » de #De 18: 15. Il est triste de constater que leurs commentaires, provoqués par les guérisons et la multiplication des pains, indiquent que ces gens désiraient un Messie apte à combler leurs besoins physiques plutôt que spirituels. Visiblement, personne n’avait conscience de la nécessité de se repentir et de préparer le royaume (#Mt 4:17). Ils désiraient un Messie terrestre, un politicien capable de satisfaire tous leurs besoins matériels et de les délivrer de l’oppression romaine. Leur réaction est typique de celle de nombre de nos contemporains: ils désirent un Christ qui n’attende rien d’eux (cf. #Mt 10:34-39 ; #Mt 16:24-26), mais qui réponde à toutes leurs exigences personnelles.

 

15 ¶  Et Jésus, sachant qu’ils allaient venir l’enlever pour le faire roi, se retira de nouveau sur la montagne, lui seul.

 

l’enlever pour le faire roi. Jean compléta l’information qu’on trouve dans Mt et Mc en indiquant la raison pour laquelle Jésus renvoya les disciples et se retira de la foule: il savait de façon surnaturelle qu’ils avaient l’intention de le faire roi dans le seul but de bénéficier d’autres guérisons et multiplications des pains. La foule, excitée par l’enthousiasme populaire, était décidée à réaliser des projets politiques qui seraient allés à l’encontre de la volonté divine.

 

16  Quand le soir fut venu, ses disciples descendirent au bord de la mer.

 

6:16-21 L’histoire de Jésus marchant sur les eaux constitue le 5e des signes rapportés par l’Évangile de Jean pour démontrer que Jésus était le Fils de Dieu (#Jn 20:30-31), conformément à l’objectif poursuivi par l’auteur. Ce miracle démontre la divinité de Jésus en prouvant sa souveraineté sur les lois de la nature.

 

17  Étant montés dans une barque, ils traversaient la mer pour se rendre à Capernaüm. Il faisait déjà nuit, et Jésus ne les avait pas encore rejoints.

 

à Capernaüm. #Mt 14: 22 et #Mr 6:45 indiquent que, dès qu’il eut nourri les foules, Jésus renvoya les disciples pour se diriger vers Capernaüm, à l’ouest (vv. #Jn 6:16-17).

 

18  Il soufflait un grand vent, et la mer était agitée.

 

Il soufflait un grand vent. Le lac de Tibériade se situe à 250 m en dessous du niveau de la mer. L’air frais qui descend très vite des montagnes au nord et des plateaux au sud arrive sur le lac et chasse l’air chaud et humide, ce qui entraîne une violente agitation des eaux.

 

19  Après avoir ramé environ vingt-cinq ou trente stades, ils virent Jésus marchant sur la mer et s’approchant de la barque. Et ils eurent peur.

 

Jésus marchant sur la mer. Les synoptiques indiquent que, dans leur frayeur et à cause de l’obscurité, les disciples crurent voir un fantôme (#Mt 14: 26 ; #Mr 6:49). Le Fils de Dieu a créé le monde. Il pouvait donc maîtriser ces forces et, dans ce cas, il suspendit la loi de la gravitation universelle. Ce n’était pas un acte frivole de sa part, mais une spectaculaire leçon de choses pour prouver aux disciples son identité de Seigneur souverain de la création (cf. #Jn 1:3).

 

20  Mais Jésus leur dit : C’est moi ; n’ayez pas peur !

 

21  Ils voulaient donc le prendre dans la barque, et aussitôt la barque aborda au lieu où ils allaient.

 

aussitôt la barque aborda. Cette formulation prouve qu’un autre miracle eut lieu: la barque arriva instantanément à son exacte destination dès que Jésus y mit le pied.

 

22 ¶  La foule qui était restée de l’autre côté de la mer avait remarqué qu’il ne se trouvait là qu’une seule barque, et que Jésus n’était pas monté dans cette barque avec ses disciples, mais qu’ils étaient partis seuls.

 

6:22-23 Les foules qui avaient assisté aux guérisons et à la multiplication des pains se trouvaient encore à l’endroit de ces miracles (à l’est du lac) et, leur curiosité ayant été aiguisée, elles désiraient revoir Jésus. D’autres barques étaient pleines de gens en provenance de Tibériade (rive nord-ouest du lac) qui avaient aussi entendu parler des miracles et cherchaient Jésus.

6:22-58 C’est le célèbre discours de Jésus sur le pain de vie. Le thème clé se lit au v. 35: « Je suis le pain de vie », qui représente la première des sept déclarations emphatiques, « Je suis », que prononce Jésus dans cet Évangile (#Jn 8:12 ; #Jn 10:7, #Jn 10:9, #Jn 10:11, #Jn 10:14 ; #Jn 11:25 ; #Jn 14: 6 ; #Jn 15: 1, #Jn 15: 5). Cette présentation de Jésus comme « pain de vie » renforce le thème de sa messianité (#Jn 20:30-31). Jean rapporte les miracles de Jésus pour prouver sa divinité, mais il passe immédiatement au discours concernant les réalités spirituelles de sa personne pour définir correctement quelle était son identité: pas un simple faiseur de miracles mais le Fils de Dieu, venu sauver l’humanité de son péché (#Jn 3:16). Ce discours fut prononcé dans l’enceinte de la synagogue à Capernaüm (v. #Jn 6:59).

 

23  Le lendemain, comme d’autres barques étaient arrivées de Tibériade près du lieu où ils avaient mangé le pain après que le Seigneur eut rendu grâces,

 

24  les gens de la foule, ayant vu que ni Jésus ni ses disciples n’étaient là, montèrent eux-mêmes dans ces barques et allèrent à Capernaüm à la recherche de Jésus.

 

25  Et l’ayant trouvé au-delà de la mer, ils lui dirent : Rabbi, quand es-tu venu ici ?

 

26  Jésus leur répondit : En vérité, en vérité, je vous le dis, vous me cherchez, non parce que vous avez vu des miracles, mais parce que vous avez mangé des pains et que vous avez été rassasiés.

 

parce que vous avez mangé. Jésus n’était pas dupe: les foules ne le suivaient que par désir superficiel de nourriture, non parce qu’elles avaient compris la véritable signification spirituelle de sa personne et de sa mission (#Jn 8:14-21 ; #Mr 6:52).

 

27  Travaillez, non pour la nourriture qui périt, mais pour celle qui subsiste pour la vie éternelle, et que le Fils de l’homme vous donnera ; car c’est lui que le Père, que Dieu a marqué de son sceau.

 

nourriture qui périt. Jésus reprocha aux foules leur conception purement matérialiste du royaume messianique (cf. v. #Jn 6:26 ; #Jn 4:15). Le royaume du Messie sera certes, un jour, physique au sens littéral, mais les gens n’arrivaient pas à comprendre l’immense portée spirituelle et la bénédiction que constitue la « vie éternelle » accordée sur-le-champ à ceux qui croient au témoignage de Dieu à son Fils.

 

subsiste pour la vie éternelle. La suite du discours indique que Jésus faisait là allusion à lui-même (v. #Jn 6:35).

 

 

28 ¶  Ils lui dirent : Que devons-nous faire, pour faire les œuvres de Dieu ?

 

œuvres de Dieu. Ils pensaient, à tort, que Jésus leur demandait de faire des œuvres destinées à leur valoir la vie éternelle, et ils s’en croyaient capables.

 

29  Jésus leur répondit: L’œuvre de Dieu, c’est que vous croyiez en celui qu’il a envoyé.

 

L’œuvre de Dieu, c’est que vous croyiez. Les foules comprirent de travers l’interdiction prononcée par Jésus au v. 27, ce qui le poussa à leur rappeler qu’il est faux de rechercher exclusivement les bénédictions matérielles. La seule œuvre qu’exige Dieu, c’est que l’on ait confiance, que l’on croie que Jésus est le Messie et le Fils de Dieu (cf. #Mal 3:1). Le seul « travail » exigé par Dieu, c’est la foi en son Fils (cf. #Jn 5:24).

 

30  Quel miracle fais-tu donc, lui dirent-ils, afin que nous le voyions, et que nous croyions en toi ? Que fais-tu ?

 

Quel miracle fais-tu donc. Cette question prouve la stupidité et l’aveuglement spirituel de la foule, de même que sa curiosité égoïste et superficielle. La multiplication des pains en faveur des 20 000 (v. #Jn 6:10) constituait un signe suffisamment fort de la divinité de Christ (cf. #Lu 16: 31).

 

31  Nos pères ont mangé la manne dans le désert, selon ce qui est écrit : Il leur donna le pain du ciel à manger.

 

Nos pères ont mangé la manne. La logique de la foule semble avoir été que la multiplication de la nourriture n’était qu’un piètre miracle qui ne soutenait pas la comparaison avec ce que Moïse avait fait. Pour croire en Jésus, ils avaient besoin de le voir nourrir toute la nation d’Israël avec la même abondance que Dieu lorsqu’il avait envoyé la manne afin de nourrir la nation d’Israël tout entière pendant les 40 ans d’errance dans le désert (#Ex 16:11-36). Comme condition de leur foi en lui, ils exigeaient, en citant #Ps 78:24, que Jésus se montre plus fort que Moïse.

 

32  Jésus leur dit : En vérité, en vérité, je vous le dis, Moïse ne vous a pas donné le pain du ciel, mais mon Père vous donne le vrai pain du ciel ;

 

le vrai pain du ciel. La manne que Dieu donna n’était que provisoire, elle disparut un jour et ne représentait qu’une ombre de ce que Dieu leur offrait dans le vrai pain, Jésus-Christ, qui donne la vie éternelle et spirituelle à toute l’humanité (« monde »).

 

33  car le pain de Dieu, c’est celui qui descend du ciel et qui donne la vie au monde.

 

le pain de Dieu. Expression synonyme de « pain du ciel » (v. #Jn 6:32).

 

34  Ils lui dirent : Seigneur, donne-nous toujours ce pain.

 

Seigneur, donne-nous toujours ce pain. Déclaration qui démontre, une fois de plus, l’aveuglement de la foule, car les gens avaient toujours envie d’un pain matériel et ne comprenaient pas encore les implications spirituelles que Jésus voulait leur transmettre: c’est Jésus lui-même qui est ce « pain » (cf. #Jn 4:15).

 

35  Jésus leur dit : Je suis le pain de vie. Celui qui vient à moi n’aura jamais faim, et celui qui croit en moi n’aura jamais soif.

 

Je suis le pain de vie. L’incompréhension manifeste constatée par Jésus au v. 34 l’obligea à dire explicitement qu’il parlait de lui-même.

 

 Les « Je suis » de Jésus

 

       Dans le texte grec de cet Évangile, on trouve 23 fois en tout la déclaration significative « je suis » (egô eimi, en grec) dans la bouche de Jésus (#Jn 4:26 ; #Jn 6:20, #Jn 6:35, #Jn 6:41, #Jn 6:48, #Jn 6:51 ; #Jn 8:12, #Jn 8:18, #Jn 8:24, #Jn 8:28, #Jn 8:58 ; #Jn 10:7, #Jn 10:9, #Jn 10:11, #Jn 10:14 ; #Jn 11:25 ; #Jn 13: 19 ; #Jn 14: 6 ; #Jn 15: 1, #Jn 15: 5 ; #Jn 18:5-6, #Jn 18: 8). Dans plusieurs d’entre elles, il accompagne ce « je suis » de puissantes métaphores qui expriment son œuvre de salut en faveur du monde.

       « Je suis le pain de vie » (#Jn 6:35, #Jn 6:41, #Jn 6:48, #Jn 6:51)

 

       « Je suis la lumière du monde » (#Jn 8:12)

 

       « Je suis la porte pour les brebis » (#Jn 10:7, #Jn 10:9)

 

       « Je suis le bon berger » (#Jn 10:11, #Jn 10:14)

 

       « Je suis la résurrection et la vie » (#Jn 11:25)

 

       « Je suis le chemin, la vérité et la vie » (#Jn 14: 6)

 

       « Je suis le vrai cep » (#Jn 15: 1, #Jn 15: 5)

 

 

36  Mais, je vous l’ai dit, vous m’avez vu, et vous ne croyez point.


37  Tous ceux que le Père me donne viendront à moi, et je ne mettrai pas dehors celui qui vient à moi ;

 

Tous ceux que le Père me donne viendront à moi. Ce v. souligne la volonté souveraine de Dieu dans l’élection de ceux qui viennent à lui pour obtenir le salut (cf. vv. #Jn 6:44, #Jn 6:65 ; #Jn 17: 6, #Jn 17: 12, #Jn 17: 24). Le Père a prédestiné ceux qui seront sauvés. L’absolue souveraineté de Dieu est la base de la confiance qu’avait Jésus en la réussite de sa mission. L’assurance du salut repose sur la souveraineté de Dieu, car Dieu est la garantie que « tous » ceux qu’il a choisis viendront à lui pour leur salut. L’idée derrière « me donne », c’est que toute personne choisie par Dieu et attirée à Dieu (v. #Jn 6:44) doit être considérée comme un cadeau fait par le Père par amour pour son Fils. Le Fils reçoit chacun de ces « cadeaux d’amour » (v. #Jn 6:37), tient à chacun d’eux (v. #Jn 6:39) et ressuscitera chacun d’eux pour la vie éternelle (vv. #Jn 6:39-40). Aucun des élus ne sera perdu . Cet objectif salvateur fait partie de la volonté du Père, et le Fils ne manquera pas de l’accomplir parfaitement (v. #Jn 6:38 ; cf. #Jn 4:34 ; #Jn 10:28-29 ; #Jn 17:6, #Jn 17: 12, #Jn 17: 24).

 

38  car je suis descendu du ciel pour faire, non ma volonté, mais la volonté de celui qui m’a envoyé.

39  Or, la volonté de celui qui m’a envoyé, c’est que je ne perde rien de tout ce qu’il m’a donné, mais que je le ressuscite au dernier jour.

40  La volonté de mon Père, c’est que quiconque voit le Fils et croit en lui ait la vie éternelle ; et je le ressusciterai au dernier jour.

 

quiconque voit le Fils et croit en lui. Ce v. insiste sur la responsabilité de l’homme en matière de salut. Bien que Dieu soit souverain, il n’agit que sur la base de la foi, si bien qu’il est indispensable pour l’homme de mettre sa foi en Jésus comme le Messie et le Fils de Dieu qui, seul, peut offrir le salut (cf. #Jn 14: 6). Cependant, la foi elle-même est un don de Dieu (#Ro 12:3 ; #Ep 2:8-9). Trouver une harmonie intellectuelle entre la souveraineté de Dieu et la responsabilité de l’homme est impossible humainement, mais cela ne pose aucun problème à l’esprit infini de Dieu.

 

41  Les Juifs murmuraient à son sujet, parce qu’il avait dit : Je suis le pain qui est descendu du ciel.

 

Les Juifs. Dans cet Évangile, le terme « Juifs » est souvent associé à l’hostilité vis-à-vis de Christ. Il est ici employé avec ironie pour indiquer l’incongruité de leur hostilité croissante contre leur Messie. Puisqu’ils endurcirent leur cœur, Dieu prit la décision judiciaire d’endurcir encore plus leur cœur à son tour (cf. #Jn 12:37-40 ; #Esa 6:10 ; #Esa 53:1 ; #Mt 13:10-15). Pendant la tribulation, Israël se tournera vers Jésus pour le reconnaître comme son Messie et être sauvé (#Ro 11:25-27 ; #Ap 1:7 ; #Ap 7:1-8 ; cf. #Za 12:10-14).

 

murmuraient. La réaction des foules de la synagogue à l’encontre des déclarations de Jésus était la même que celle des Hébreux qui murmuraient contre Dieu dans le désert, avant, mais aussi après, le don de la manne (#Ex 16: 2, #Ex 16:8-9 ; #No 11:4-6).

 

parce qu’il avait dit: Je suis le pain …  du ciel. La colère des Juifs portait essentiellement sur deux points: Jésus avait dit

1° qu’il était lui-même ce pain et

2° qu’il venait du ciel. Aussi bien les Juifs de Jérusalem (#Jn 5:18) que ceux de Galilée réagirent négativement quand Jésus se plaça sur un plan d’égalité avec Dieu.

 

6:41-50 Cette partie constitue le début de la réaction de la foule au discours de Jésus sur le pain de vie et peut se diviser en trois parties:

1° les murmures de la foule (vv. #Jn 6:41-42);

2° les reproches que fait Jésus à la foule pour sa réaction (vv. #Jn 6:43-46);

3° la répétition par Jésus de son message devant la foule (vv. #Jn 6:47-51).

 

42  Et ils disaient : N’est-ce pas là Jésus, le fils de Joseph, celui dont nous connaissons le père et la mère ? Comment donc dit-il: Je suis descendu du ciel ?

 

nous connaissons le père et la mère. Sur le plan humain, ils connaissaient Jésus car c’était un Galiléen lui aussi. Ces paroles rappellent les propos de Jésus rapportés en #Jn 4:44. Leur hostilité provenait de la racine d’incrédulité qui existait en eux. La mort de Jésus était imminente, du fait de l’hostilité qu’il provoquait partout où il allait.

 

43  Jésus leur répondit: Ne murmurez pas entre vous.

44  Nul ne peut venir à moi, si le Père qui m’a envoyé ne l’attire ; et je le ressusciterai au dernier jour.

 

ne l’attire. Cf. v. #Jn 6:65. La combinaison des vv. 37a et 44 indique que l’activité divine pour attirer les pécheurs  à laquelle Jésus faisait allusion - ne peut se limiter à ce que les théologiens appellent la « grâce prévenante »: la capacité de venir à Christ serait dispensée à toute l’humanité, de sorte qu’il serait possible à chacun d’accepter ou de rejeter l’Évangile en fonction de sa seule volonté. L’Écriture indique que le « libre arbitre » n’existe pas dans la nature humaine, car l’homme est l’esclave du péché (dépravation totale) et donc incapable de croire, si ce n’est par suite d’une intervention de Dieu pour l’en rendre capable (#Ro 3:1-19 ; #2Co 4:4 ; #Ep 2:1-3 ; #2Ti 1:9). Alors que quiconque le veut peut venir au Père, seuls ceux auxquels le Père donne la capacité de vouloir se tourner vers lui viendront effectivement à lui. L’attirance pour Dieu est ici sélective et efficace (puisqu’elle produit l’effet attendu) chez ceux que Dieu a choisis pour le salut: ceux que Dieu a choisis croiront, pour la bonne raison que Dieu a prévu cela de toute éternité (#Ep 1:9-11).

 

45  Il est écrit dans les prophètes: Ils seront tous enseignés de Dieu. Ainsi quiconque a entendu le Père et a reçu son enseignement vient à moi.

 

Jésus paraphrase ici #Esa 54:13 pour soutenir l’idée que, si quelqu’un vient à la foi et à la repentance devant Dieu, c’est parce qu’il a été « enseigné » et donc attiré par Dieu. « Attraction » et « enseignement » ne sont que des aspects différents de la manière souveraine dont Dieu dirige la vie de chacun. Ceux auxquels Dieu apprend à saisir la vérité sont aussi amenés par lui au Fils.

 

46  C’est que nul n’a vu le Père, sinon celui qui vient de Dieu ; celui-là a vu le Père.

47  En vérité, en vérité, je vous le dis, celui qui croit en moi a la vie éternelle.

48  Je suis le pain de vie.

49  Vos pères ont mangé la manne dans le désert, et ils sont morts.

 

6:49-50 Jésus établit un contraste entre le pain terrestre et le pain céleste. La manne offerte dans le désert, bien que venue des cieux pour sustenter matériellement les Israélites, ne pouvait leur apporter la vie éternelle ni répondre à leurs besoins spirituels, alors que le « pain de vie », descendu du ciel dans la personne de Jésus le Messie, est en mesure de le faire (v. #Jn 6:48). La preuve de ce contraste repose sur le fait irréfutable que ceux qui avaient goûté à la manne n’en étaient pas moins morts.

 

50  C’est ici le pain qui descend du ciel, afin que celui qui en mange ne meure point.

51  Je suis le pain vivant qui est descendu du ciel. Si quelqu’un mange de ce pain, il vivra éternellement ; et le pain que je donnerai, c’est ma chair, que je donnerai

pour la vie du monde.

 

Déclaration qui reprend les vv. 33, 35, 47-48.

 

ma chair, que je donnerai pour la vie du monde. Jésus fait ici une allusion prophétique à son sacrifice imminent sur la croix (cf. #2Co 5:21 ; #1Pi 2:24). Jésus sacrifia volontairement sa vie pour l’humanité mauvaise et pécheresse (#Jn 10:18 ; #1Jn 2:2).

 

6:51-59 Section que l’on peut diviser en trois parties:

1° la proclamation faite par Jésus (v. #Jn 6:51);

2° la perplexité des foules (v. #Jn 6:52);

3° les promesses de Jésus (vv. #Jn 6:53-59).

 

52  Là-dessus, les Juifs disputaient entre eux, disant : Comment peut-il nous donner sa chair à manger ?

 

discutaient entre eux. Une fois de plus, par leur perplexité, les Juifs manifestaient qu’ils ne comprenaient pas les vérités spirituelles derrière cette illustration de Jésus. Chaque fois que Christ s’exprimait devant eux de façon voilée ou par une illustration matérielle, ses auditeurs n’en comprenaient pas la signification spirituelle (p. ex. #Jn 3:4 ; #Jn 4:15). La loi mosaïque interdisait de boire le sang ou de manger de la viande contenant du sang (#Lé 17:10-14 ; #De 12:16 ; #Ac 15: 29). Leur incapacité à dépasser la seule perspective physique plongeait les Juifs dans la perplexité et la colère.

 

53  Jésus leur dit : En vérité, en vérité, je vous le dis, si vous ne mangez la chair du Fils de l’homme, et si vous ne buvez son sang, vous n’avez point la vie en vous-mêmes.

 

6:53-58

 

mangez …  buvez. Jésus utilise une analogie dont la signification est plus spirituelle que littérale: de même que manger et boire sont indispensables à la vie physique, de même la foi en sa mort sacrificielle sur la croix est indispensable pour recevoir la vie éternelle. Manger de sa chair et boire de son sang, métaphoriquement, symbolise le besoin d’accepter la croix de Jésus. Pour les Juifs, cependant, un Messie crucifié était inconcevable (cf. #Ac 17:1-3). Une fois de plus, dans leur aveuglement volontaire, ils ne pouvaient saisir la signification et la vérité spirituelles réelles derrière les déclarations de Jésus. La mention par Jésus des actes de manger et de boire ne renvoie pas à la cène pour deux raisons importantes:

1° elle n’avait pas encore été instituée;

2° si Jésus faisait allusion à elle, alors le passage enseignerait que toute personne participant à ce repas obtient la vie éternelle.

 

54  Celui qui mange ma chair et qui boit mon sang a la vie éternelle ; et je le ressusciterai au dernier jour.

55  Car ma chair est vraiment une nourriture, et mon sang est vraiment un breuvage.

56  Celui qui mange ma chair et qui boit mon sang demeure en moi, et je demeure en lui.

57  Comme le Père qui est vivant m’a envoyé, et que je vis par le Père, ainsi celui qui me mange vivra par moi.

58  C’est ici le pain qui est descendu du ciel. Il n’en est pas comme de vos pères qui ont mangé la manne et qui sont morts : celui qui mange ce pain vivra éternellement.

59  Jésus dit ces choses dans la synagogue, enseignant à Capernaüm.

60 ¶  Plusieurs de ses disciples, après l’avoir entendu, dirent : Cette parole est dure ; qui peut l’écouter ?

 

6:60-71 Ces vv. constituent la réaction des disciples de Jésus à son discours sur le « pain de vie »: à l’instar des foules à Jérusalem (ch. #Jn 5) et en Galilée (ch. #Jn 6), ils réagirent en perdant la foi en lui et en le rejetant. Jean divise ces personnes et leur réaction en deux groupes:

1° la réaction d’incrédulité des faux disciples (vv. #Jn 6:60-66);

2° la réaction de foi des vrais disciples (vv. #Jn 6:67-71).

 

Suite à ce discours, seul un petit groupe de disciples restèrent fidèles (v. #Jn 6:67).

 

61  Jésus, sachant en lui-même que ses disciples murmuraient à ce sujet, leur dit : Cela vous scandalise-t-il ?

 

ses disciples murmuraient. Bien des disciples de Jésus eurent la même réaction que les Juifs au v. 41 et, à l’instar de la première génération des Israélites vis-à-vis de la manne, ils murmurèrent contre Dieu (#Ex 16: 2).

 

62  Et si vous voyez le Fils de l’homme monter où il était auparavant ? … 

63  C’est l’esprit qui vivifie ; la chair ne sert de rien. Les paroles que je vous ai dites sont esprit et vie.

64  Mais il en est parmi vous quelques-uns qui ne croient point. Car Jésus savait dès le commencement qui étaient ceux qui ne croyaient point, et qui était celui qui le livrerait.

 

Jésus savait. Comme le rappelle 2:23-25, Jésus connaissait le cœur des hommes, y compris celui des disciples qui le suivaient. Il savait de façon surnaturelle que beaucoup ne croyaient pas en lui comme le Messie et le Fils de Dieu, et c’est la raison pour laquelle il n’avait pas confiance en eux. Ces faux disciples ne s’intéressaient qu’aux phénomènes physiques (p. ex. les miracles et la multiplication de nourriture) et ne parvenaient pas à comprendre la véritable signification des enseignements de Jésus (v. #Jn 6:61).

 

65  Et il ajouta : C’est pourquoi je vous ai dit que nul ne peut venir à moi, si cela ne lui a été donné par le Père.

66  Dès ce moment, plusieurs de ses disciples se retirèrent, et ils n’allaient plus avec lui.

 

ses disciples …  n’allèrent plus avec lui. Le mot choisi indique que cet abandon était décisif et définitif (cf. #1Pi 2:6-8 ; #1Jn 2:19).

 

67  Jésus donc dit aux douze : Et vous, ne voulez-vous pas aussi vous en aller ?

68  Simon Pierre lui répondit : Seigneur, à qui irions-nous ? Tu as les paroles de la vie éternelle.

69  Et nous avons cru et nous avons connu que tu es le Christ, le Saint de Dieu.

 

nous avons cru. Les paroles de Pierre étaient quelque peu prétentieuses, puisqu’elles impliquaient que les vrais disciples étaient supérieurs en discernement et, par conséquent, parvenaient à la foi au moyen de ce discernement.

 

70  Jésus leur répondit : N’est-ce pas moi qui vous ai choisis, vous les douze ? Et l’un de vous est un démon !

 

N’est-ce pas moi qui vous ai choisis. En réponse aux paroles de Pierre, le Maître rappelle que c’est lui qui les a choisis de façon souveraine (vv. #Jn 6:37, #Jn 6:44, #Jn 6:65). Jésus ne tolérait même pas un seul murmure de prétention humaine face à l’élection souveraine par Dieu.

 

un démon. Ce mot désigne un « calomniateur », un « faux accusateur ». Idée peut-être mieux rendue par « l’un de vous est le diable ». Ce sens apparaît clairement en #Jn 13: 2, #Jn 13: 27 ; #Mr 8:33 ; #Lu 22: 3. L’adversaire suprême de Dieu opère derrière des êtres humains faillibles, si bien que sa méchanceté devient la leur (cf. #Mt 16: 23). Jésus connaissait cette source de façon surnaturelle et l’identifiait de façon exacte. Cela précise quelque peu la personnalité de Judas: non pas un homme égaré  mais plein de bonnes intentions - qui essayait de forcer Jésus à exercer son pouvoir et imposer son royaume (comme certains le suggèrent), mais un outil de Satan pour exercer sa méchanceté absolue

 

71  Il parlait de Judas Iscariot, fils de Simon ; car c’était lui qui devait le livrer, lui, l’un des douze.

 

Iscariot. Nom qui provient probablement d’un mot hébreu signifiant « homme de Kérioth », village situé en Judée. De même que dans les trois autres Évangiles, dès qu’il est fait mention de son nom, il est immédiatement qualifié de traître.

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