JOUR 56 DE 130 : NOUVEAU TESTAMENT

07/10/2018 00:19

JOUR 56 DE 130 : NOUVEAU TESTAMENT

 

ACTES 22 ET 23

 

ACTES 22 * 1 à 30

 

1 ¶  Hommes frères et pères, écoutez ce que j’ai maintenant à vous dire pour ma défense !

22:1-22

C’est le premier des six discours de défense présentés par Paul (cf. #Ac 22: 30-23: 10 ; #Ac 24:10-21 ; #Ac 25:1-12 ; #Ac 26:1-29 ; #Ac 28:17-29).

 

2  Lorsqu’ils entendirent qu’il leur parlait en langue hébraïque, ils redoublèrent de silence. Et Paul dit:

en langue hébraïque. L’araméen, la langue en usage en Israël à cette époque (cf. #2R 18: 26 ; #Esa 36:11).

Le fait que Paul s’exprimait dans la langue des gens au bénéfice d’une bonne éducation surprit Lysias, qui avait d’abord cru que son prisonnier était un rustre criminel.

 

3 ¶  je suis Juif, né à Tarse en Cilicie ; mais j’ai été élevé dans cette ville-ci, et instruit aux pieds de Gamaliel dans la connaissance exacte de la loi de nos pères, étant plein de zèle pour Dieu, comme vous l’êtes tous aujourd’hui.

Je suis Juif. Une réponse aux fausses accusations soulevées par les Juifs d’Asie. Les judaïsants répandaient de fausses informations selon lesquelles Paul enseignait aux croyants d’origine juive de rejeter leur héritage. Il est clair que lui-même n’avait pas abandonné les coutumes juives, puisqu’il avait fait circoncire Timothée (#Ac 16:1-3) et prononcé un vœu de naziréat (#Ac 18: 18).

né à Tarse. C’était une ville importante et un centre culturel réputé, siège d’une université qui rivalisait avec celles d’Athènes et d’Alexandrie.

Cilicie. Les provinces romaines constituant l’Asie Mineure (la Turquie moderne). Étant donné que la ville natale de Paul (Tarse) se trouvait en Cilicie, il est fort probable qu’il ait fréquenté cette synagogue.

Tarse était la capitale de cette province.

élevé dans cette ville-ci. Paul était né parmi les Juifs hellénistes de la diaspora, mais il avait été élevé à Jérusalem.

Gamaliel. Comme son grand-père, le célèbre rabbin Hillel, Gamaliel était le rabbin le plus renommé de son époque, et il dirigeait la faction libérale des pharisiens. L’apôtre Paul fut son élève le plus célèbre (#Ac 22: 3).

Le fait que Paul avait étudié sous l’autorité du rabbin le plus célèbre de l’époque contribuait aussi à démontrer l’absurdité des accusations portées contre lui.

loi de nos pères. En tant qu’élève de Gamaliel, Paul avait reçu une formation approfondie dans la loi de l’A.T. aussi bien que dans les traditions rabbiniques. Il était aussi pharisien, même s’il n’en fit pas mention à la foule. A la lumière de ces informations, l’accusation selon laquelle il s’était opposé à la loi apparaissait parfaitement ridicule.

 

4  J’ai persécuté à mort cette doctrine, liant et mettant en prison hommes et femmes.

J’ai persécuté …  cette doctrine. Paul faisait partie des persécuteurs principaux de l’Église après le martyre d’Etienne (cf. #Ga 1:13), et son zèle pour préserver l’héritage juif dépassait de loin celui de son auditoire.

 

5  Le souverain sacrificateur et tout le collège des anciens m’en sont témoins. J’ai même reçu d’eux des lettres pour les frères de Damas, où je me rendis afin d’amener liés à Jérusalem ceux qui se trouvaient là et de les faire punir.

collège des anciens. Le sanhédrin Cette institution formait le gouvernement national ainsi que le tribunal du peuple juif. Elle se composait de 71 membres, dont le souverain sacrificateur.

Le sanhédrin, le tribunal suprême d’Israël, était constitué de 71 membres sous la présidence du souverain sacrificateur. Ce tribunal se réunissait chaque jour au temple, excepté les jours de sabbat et d’autres jours festifs. En principe, il n’avait pas le pouvoir de condamner à la peine capitale (#Jn 18: 31), mais, comme dans le cas d’Etienne, cette restriction n’empêchait pas les lapidations d’avoir lieu (cf. #Ac 6:12-14 ; #Ac 7:58-60). Les gouverneurs romains trouvaient souvent leur intérêt à ignorer de tels incidents. Dans le cas de Jésus, les hommes qui le jugeaient étaient ceux-là mêmes qui avaient préalablement comploté contre lui (cf. #Jn 11:47-50).

 

6  Comme j’étais en chemin, et que j’approchais de Damas, tout à coup, vers midi, une grande lumière venant du ciel resplendit autour de moi.

vers midi. Paul précise le moment de la journée pour souligner l’éclat exceptionnel de la lumière venue du ciel: elle brillait plus fortement que le soleil à son zénith.

22:6-16

C’est le deuxième des trois récits de la conversion de Paul (cf. #Ac 9:1-19 ; #Ac 26:12-18).

 

7  Je tombai par terre, et j’entendis une voix qui me disait : Saul, Saul, pourquoi me persécutes-tu ?

8  Je répondis : Qui es-tu, Seigneur ? Et il me dit : Je suis Jésus de Nazareth, que tu persécutes.

9  Ceux qui étaient avec moi virent bien la lumière, mais ils n’entendirent pas la voix de celui qui parlait.

n’entendirent pas la voix. Ce passage n’est pas en contradiction avec #Ac 9:7. Jésus ne s’adressait qu’à Paul, qui fut le seul à comprendre les paroles du Seigneur. Ses compagnons entendirent le son, mais ne purent distinguer le message (cf. #Jn 12:29).

 

10  (22-9) Alors je dis : Que ferai-je, Seigneur ? (22-10) Et le Seigneur me dit : Lève-toi, va à Damas, et là on te dira tout ce que tu dois faire.

11  Comme je ne voyais rien, à cause de l’éclat de cette lumière, ceux qui étaient avec moi me prirent par la main, et j’arrivai à Damas.

l’éclat de cette lumière. Les compagnons de Paul virent la lumière, mais lui seul put voir le Seigneur Jésus-Christ (v. #Ac 22: 14 ; #Ac 9:7, #Ac 9:17, #Ac 9:27 ; #Ac 26:16 ; #1Co 9:1 ; #1Co 15: 8).

 

12  Or, un nommé Ananias, homme pieux selon la loi, et de qui tous les Juifs demeurant à Damas rendaient un bon témoignage,

Ananias. L’un des chefs de l’Église de Damas et, par conséquent, l’une des cibles de Saul (cf. #Ac 22: 12).

Comme il était un membre respecté de la communauté juive de Damas, son témoignage aurait du poids aux yeux des auditeurs hostiles de Paul.

 

13  (22-12) vint se présenter à moi, (22-13) et me dit : Saul, mon frère, recouvre la vue. Au même instant, je recouvrai la vue et je le regardai.

14  Il dit : Le Dieu de nos pères t’a destiné à connaître sa volonté, à voir le Juste, et à entendre les paroles de sa bouche ;

le Juste. Un titre porté par le Messie (cf. #Ac 3:14 ; #Ac 7:52 ; #Esa 53:11)

.

15  car tu lui serviras de témoin, auprès de tous les hommes, des choses que tu as vues et entendues.

témoin. Paul n’atténua jamais sa prétention à avoir vu le Christ ressuscité et glorifié sur le chemin de Damas. Les compagnons de Paul virent la lumière, mais lui seul put voir le Seigneur Jésus-Christ (v. #Ac 22: 14 ; #Ac 9:7, #Ac 9:17, #Ac 9:27 ; #Ac 26:16 ; #1Co 9:1 ; #1Co 15: 8).

 

16  Et maintenant, que tardes-tu ? Lève-toi, sois baptisé, et lavé de tes péchés, en invoquant le nom du Seigneur.

lavé de tes péchés. D’un point de vue grammatical, la condition « en invoquant le nom du Seigneur » précède l’injonction « lève-toi, sois baptisé ». Le salut est acquis par l’invocation du nom du Seigneur (#Ro 10:9-10, #Ro 10:13), et non par le baptême

 

17  De retour à Jérusalem, comme je priais dans le temple, je fus ravi en extase,

De retour à Jérusalem. Après une courte période où il exerça son ministère à Damas (#Ac 9:20-25) et trois ans passés en Arabie nabatéenne (#Ga 1:17-18).

extase. Paul fut transporté dans la réalité surnaturelle afin de recevoir la révélation de Jésus-Christ. Ce genre d’expérience était unique aux apôtres, puisque seuls Pierre (#Ac 10:10 ; #Ac 11:5) et Jean (#Ap 1:10) eurent des révélations similaires. C’est la quatrième des six visions accordées à Paul et décrites dans les Actes (cf. #Ac 9:3-6 ; #Ac 16:9-10 ; #Ac 18:9-10 ; #Ac 23: 11 ; #Ac 27:23-24).

 

18  et je vis le Seigneur qui me disait : Hâte-toi, et sors promptement de Jérusalem, parce qu’ils ne recevront pas ton témoignage sur moi.

19  Et je dis : Seigneur, ils savent eux-mêmes que je faisais mettre en prison et battre de verges dans les synagogues ceux qui croyaient en toi,

20  (22-19) et que, (22-20) lorsqu’on répandit le sang d’Etienne, ton témoin, j’étais moi-même présent, joignant mon approbation à celle des autres, et gardant les vêtements de ceux qui le faisaient mourir.

21  Alors il me dit : Va, je t’enverrai au loin vers les nations … .

22:21-23

L’insistance de Paul sur le fait que le Seigneur l’avait envoyé exercer son ministère auprès des païens méprisés dépassait ce que la foule pouvait supporter. Un enseignement selon lequel les païens pourraient être sauvés sans même devenir des prosélytes du judaïsme (ce qui leur octroyait un statut égal à celui des Juifs devant Dieu) apparaissait à leurs yeux comme un blasphème intolérable.

 

22 ¶  Ils l’écoutèrent jusqu’à cette parole. Mais alors ils élevèrent la voix, disant : Ôte de la terre un pareil homme ! Il n’est pas digne de vivre.

23  Et ils poussaient des cris, jetaient leurs vêtements, lançaient de la poussière en l’air.

jetaient leurs vêtements. Se préparaient-ils à lapider Paul, manifestaient-ils leur sentiment d’horreur à l’égard du « blasphème » commis par lui ou se laissaient-ils emporter par une rage incontrôlée? Il est fort probable qu’ils agissaient sous l’impulsion de ces trois motifs à la fois. Leur passion, enflammée par une fierté nationaliste, leur fit perdre toute maîtrise.

lançaient de la poussière. C’était la marque d’une émotion intense (cf. #2S 16: 13 ; #Job 2:12 ; #Ap 18: 19).

 

24  Le tribun commanda de faire entrer Paul dans la forteresse, et de lui donner la question par le fouet, afin de savoir pour quel motif ils criaient ainsi contre lui.

le tribun commanda de faire entrer Paul dans la forteresse. Lysias se rendit compte qu’un interrogatoire en privé serait nécessaire. Il ordonna donc à ses soldats d’emmener le prisonnier loin de la foule en colère.

donner la question par le fouet. C’était une méthode d’interrogatoire brutale pratiquée par les Romains. Les cas n’étaient pas rares où les prisonniers succombaient aux coups du flagellum romain (fouet formé de lanières incrustées de métal et attachées à une poignée de bois).

 

25  Lorsqu’on l’eut exposé au fouet, Paul dit au centenier qui était présent : Vous est-il permis de battre de verges un citoyen romain, qui n’est pas même condamné ?

l’attachait. Les effets de la flagellation étaient amplifiés sur un corps tendu.

centenier. L’un des soixante officiers d’une légion romaine, qui commandaient chacun une centaine d’hommes.

Un officier romain ayant sous ses ordres (cf. v. #Mt 8:9) une centaine d’hommes. Luc précise que le centenier fit appel à Jésus par le truchement des anciens des Juifs (#Lu 7:3-6) parce qu’il ne se sentait pas digne de s’adresser lui-même au Seigneur (v. #Mt 8:8 ; cf. #Lu 7:7). Matthieu ne mentionne pas d’intermédiaires.

Il y avait à Jérusalem dix centeniers dans la cohorte, composée de 1000 hommes.

citoyen romain. Les citoyens romains étaient à l’abri de méthodes d’interrogatoire aussi brutales (en vertu des lois nommées lex Valeria et lex Porcia). Paul ne faisait qu’exercer son droit de citoyen romain. Son affirmation ne fut pas remise en question, car quiconque se prévalait à tort de la citoyenneté romaine était puni de mort.

 

26  A ces mots, le centenier alla vers le tribun pour l’avertir, disant : Que vas-tu faire ? Cet homme est Romain.

Que vas-tu faire? Cet homme est Romain. En informant son commandant que Paul était romain, le centenier le mettait en garde contre un acte qui aurait pu mettre fin à sa carrière et peut-être lui coûter la vie.

 

27  Et le tribun, étant venu, dit à Paul : Dis-moi, es-tu Romain ? Oui, répondit-il.

28  Le tribun reprit : C’est avec beaucoup d’argent que j’ai acquis ce droit de citoyen. Et moi, dit Paul, je l’ai par ma naissance.

avec beaucoup d’argent. En principe, la citoyenneté romaine ne pouvait pas s’acheter, mais elle s’obtenait quelquefois par la corruption des officiels romains.

 

29  Aussitôt ceux qui devaient lui donner la question se retirèrent, et le tribun, voyant que Paul était Romain, fut dans la crainte parce qu’il l’avait fait lier.

30  Le lendemain, voulant savoir avec certitude de quoi les Juifs l’accusaient, le tribun lui fit ôter ses liens, et donna l’ordre aux principaux sacrificateurs et à tout le sanhédrin de se réunir ; puis, faisant descendre Paul, il le plaça au milieu d’eux.

aux principaux sacrificateurs et à tout le sanhédrin. Il convoqua une réunion officieuse du sanhédrin Cette institution formait le gouvernement national ainsi que le tribunal du peuple juif. Elle se composait de 71 membres, dont le souverain sacrificateur. Un petit groupe au sein du sanhédrin, composé d’anciens souverains sacrificateurs et de membres de familles influentes d’où étaient issus les sacrificateurs.

22:30-23: 10

C’est la deuxième des six défenses présentées par Paul (cf. vv. #Ac 22: 1 ; #Ac 24:10-21 ; #Ac 25:1-12 ; #Ac 26:1-29 ; #Ac 28:17-29).




ACTES 23 * 1 à 35


1 ¶  Paul, les regards fixés sur le sanhédrin, dit : Hommes frères, c’est en toute bonne conscience que je me suis conduit jusqu’à ce jour devant Dieu … 

le sanhédrin. Cette institution formait le gouvernement national ainsi que le tribunal du peuple juif. Elle se composait de 71 membres, dont le souverain sacrificateur.

Le tribunal suprême d’Israël, était constitué de 71 membres sous la présidence du souverain sacrificateur. Ce tribunal se réunissait chaque jour au temple, excepté les jours de sabbat et d’autres jours festifs. En principe, il n’avait pas le pouvoir de condamner à la peine capitale (#Jn 18: 31), mais, comme dans le cas d’Etienne, cette restriction n’empêchait pas les lapidations d’avoir lieu (cf. #Ac 6:12-14 ; #Ac 7:58-60). Les gouverneurs romains trouvaient souvent leur intérêt à ignorer de tels incidents. Dans le cas de Jésus, les hommes qui le jugeaient étaient ceux-là mêmes qui avaient préalablement comploté contre lui (cf. #Jn 11:47-50).

bonne conscience. Le système d’alarme de l’âme qui permet aux êtres humains de juger leurs motivations et leurs actions selon les valeurs morales du bien et du mal. La conscience ne peut remplir la fonction pour laquelle Dieu l’a conçue qu’à condition de se référer aux critères moraux et spirituels les plus élevés et aux normes les plus exigeantes. Cela signifie qu’elle doit être soumise au Saint-Esprit qui s’exprime par l’intermédiaire de la Parole de Dieu (cf. #Ro 12:1-2 ; #1Ti 1:19 ; #2Ti 2:15 ; #Hé 9:14 ; #Hé 10:22). Pleinement illuminée par le Saint-Esprit, la conscience de Paul ne portait aucune charge contre lui (cf. #Ac 23: 1 ; #Ac 24: 16 ; #1Ti 1:5 ; #1Ti 3:9 ; #2Ti 1:3). Cependant, en dernier lieu, Dieu seul peut juger des motivations de l’homme (#1Co 4:1-5).

cf. #Ac 24: 16 ; #2Ti 1:3.

 

2  Le souverain sacrificateur Ananias ordonna à ceux qui étaient près de lui de le frapper sur la bouche.

souverain sacrificateur Ananias. Il ne s’agit pas ici du sacrificateur Anne mentionné dans les Évangiles. Cet homme était l’un des souverains sacrificateurs les plus cruels et les plus corrompus. Ses prises de position favorables aux Romains lui valurent d’être rejeté par le peuple juif, qui l’assassinat lorsque la révolte contre Rome éclata en 66.

 

ordonna …  de le frapper. Un acte illégal tout à fait conforme au caractère brutal d’Ananias. Le mot traduit par « frapper » est employé pour parler de la foule qui frappait Paul (#Ac 21: 32) et des soldats romains qui frappaient Jésus (#Mt 27: 30). Il ne s’agissait pas simplement d’une gifle, mais d’un coup violent.

 

3  Alors Paul lui dit : Dieu te frappera, muraille blanchie ! Tu es assis pour me juger selon la loi, et tu violes la loi en ordonnant qu’on me frappe !

muraille blanchie. Cf. #Ez 13:10-16 ; #Mt 23: 27.

tu violes la loi. Outré par l’attitude du souverain sacrificateur qui violait ouvertement la loi, Paul éclata de colère. Lorsque Jésus avait subi le même traitement, il avait réagi avec calme en demandant pourquoi il avait été frappé (#Jn 18: 23). Paul reconnut lui-même que sa réaction était inappropriée (v. #Ac 23: 5). Ananias était certes un homme mauvais, mais il occupait néanmoins une fonction ordonnée par Dieu, et il avait droit au respect que sa position lui conférait.

 

4  Ceux qui étaient près de lui dirent: Tu insultes le souverain sacrificateur de Dieu !

Tu insultes. Les personnes qui assistaient à la scène furent choquées par cette vive critique du souverain sacrificateur. Le même verbe grec décrit le comportement des chefs juifs qui proféraient des injures à l’encontre de l’aveugle-né guéri par Jésus (#Jn 9:28). Pierre l’employa aussi pour parler des outrages dont Jésus fut la victime (#1Pi 2:23).

 

5  Et Paul dit : Je ne savais pas, frères, que ce fût le souverain sacrificateur ; car il est écrit : Tu ne parleras pas mal du chef de ton peuple.

Je ne savais pas. Certains voient dans cette confession une preuve supplémentaire des problèmes oculaires de Paul (cf. #Ga 4:15); d’autres pensent que, sous l’emprise de la colère, Paul avait oublié à qui il s’adressait; d’autres encore croient discerner de l’ironie dans sa réponse: les agissements d’Ananias ne correspondaient pas à l’attitude qui convenait à un souverain sacrificateur. L’explication la plus simple consiste à prendre les paroles de Paul à la lettre: en raison de son absence de plusieurs années de Jérusalem, il n’était pas en mesure de reconnaître Ananias, d’autant que celui-ci ne portait pas ses vêtements officiels. Il s’agissait en effet d’une réunion informelle du sanhédrin.

il est écrit. Citation d’#Ex 22: 28.

 

6 ¶  Paul, sachant qu’une partie de l’assemblée était composée de sadducéens et l’autre de pharisiens, s’écria dans le sanhédrin : Hommes frères, je suis pharisien, fils de pharisiens ; c’est à cause de l’espérance et de la résurrection des morts que je suis mis en jugement.

L’attitude hautaine d’Ananias et son acte illégal convainquirent Paul qu’il ne serait pas traité de manière équitable devant le sanhédrin. Il décida en conséquence d’entreprendre une action audacieuse: en tant que pharisien, et peut-être ancien membre du sanhédrin, il connaissait parfaitement les tensions qui existaient entre les deux factions composant le conseil. Il en appela au soutien des pharisiens en leur rappelant qu’il était l’un d’eux et en évoquant la différence théologique fondamentale entre eux et les sadducéens. C’est ainsi qu’il créa une division à l’intérieur du sanhédrin.

 

7  Quand il eut dit cela, il s’éleva une discussion entre les pharisiens et les sadducéens, et l’assemblée se divisa.

il s’éleva une discussion. Des différences profondes d’ordre social, politique et théologique opposaient les sadducéens aux pharisiens. Paul mentionna la résurrection  laquelle était probablement l’objet de la controverse la plus violente entre les deux groupes - en vue d’obtenir un soutien de la part des pharisiens. Il ne s’agissait pas d’une manipulation cynique pour diviser le sanhédrin sur un point théologique insignifiant, puisque la résurrection de Jésus-Christ constitue un thème fondamental de la foi chrétienne.

 

8  Car les sadducéens disent qu’il n’y a point de résurrection, et qu’il n’existe ni ange ni esprit, tandis que les pharisiens affirment les deux choses.

sadducéens …  pharisiens. Les sadducéens ne reconnaissaient que le Pentateuque comme Écriture inspirée. Ils affirmaient (à tort, cf. #Mt 22:23-33) que les livres de Moïse n’enseignaient pas la résurrection et, par conséquent, ils rejetaient cette doctrine. Les pharisiens, au contraire, croyaient en la résurrection et en une vie après la mort. Leur doctrine était ainsi plus proche de la doctrine chrétienne que celle des sadducéens. Il est à remarquer que l’Écriture mentionne des cas de conversion de pharisiens (#Ac 15: 5 ; #Jn 3:1), mais jamais de sadducéens.

 

9  Il y eut une grande clameur, et quelques scribes du parti des pharisiens, s’étant levés, engagèrent un vif débat, et dirent : Nous ne trouvons aucun mal en cet homme ; peut-être un esprit ou un ange lui a-t-il parlé.

scribes du parti des pharisiens. Sur les questions de théologie, leur désaccord avec les sadducéens était si vif qu’ils étaient prêts à défendre Paul, même s’il était un chef de la secte des chrétiens qu’ils haïssaient (cf. #Ac 24: 5).

 

10  Comme la discorde allait croissant, le tribun craignant que Paul ne fût mis en pièces par ces gens, fit descendre les soldats pour l’enlever du milieu d’eux et le conduire à la forteresse.

11  La nuit suivante, le Seigneur apparut à Paul, et dit : Prends courage ; car, de même que tu as rendu témoignage de moi dans Jérusalem, il faut aussi que tu rendes témoignage dans Rome.

le Seigneur apparut à Paul. C’est la cinquième des six visions de Paul dans les Actes (cf. #Ac 9:3-6 ; #Ac 16:9-10 ; #Ac 18:9-10 ; #Ac 22:17-18 ; #Ac 27:23-24), qui intervinrent toutes à des moments décisifs de son ministère.

rendes témoignage dans Rome. Jésus encouragea Paul en lui confirmant que son désir d’aller à Rome (#Ro 1:9-11 ; #Ro 15: 23) se réaliserait.

 

12 ¶  Quand le jour fut venu, les Juifs formèrent un complot, et firent des imprécations contre eux-mêmes, en disant qu’ils s’abstiendraient de manger et de boire jusqu’à ce qu’ils eussent tué Paul.

firent des imprécations contre eux-mêmes. Littéralement « ils se rendirent eux-mêmes anathèmes » (cf. #Ga 1:8-9), c’est-à-dire qu’ils demandèrent le jugement de Dieu sur eux au cas où ils ne tiendraient pas parole (cf. #1S 14: 44 ; #2S 3:35 ; #2S 19: 13 ; #1R 2:23 ; #2R 6:31).

 

13  Ceux qui formèrent ce complot étaient plus de quarante,

14  et ils allèrent trouver les principaux sacrificateurs et les anciens, auxquels ils dirent: Nous nous sommes engagés, avec des imprécations contre nous-mêmes, à ne rien manger jusqu’à ce que nous ayons tué Paul.

les principaux sacrificateurs et les anciens.  cf. #Mt 16: 21. En tant que sadducéens, ils étaient prédisposés à prendre part à la conspiration. L’absence des scribes est significative: comme ils se recrutaient majoritairement parmi les pharisiens, ils avaient déjà manifesté leur volonté de défendre Paul (v. #Ac 23: 9).

les principaux sacrificateurs et les anciens. cf. #Mt 16: 21. En tant que sadducéens, ils étaient prédisposés à prendre part à la conspiration. L’absence des scribes est significative: comme ils se recrutaient majoritairement parmi les pharisiens, ils avaient déjà manifesté leur volonté de défendre Paul (v. #Ac 23: 9).

 

15  Vous donc, maintenant, adressez-vous avec le sanhédrin au tribun, pour qu’il l’amène devant vous, comme si vous vouliez examiner sa cause plus exactement ; et nous, avant qu’il approche, nous sommes prêts à le tuer.

16  Le fils de la sœur de Paul, ayant eu connaissance du guet-apens, alla dans la forteresse en informer Paul.

Le fils de la sœur de Paul. C’est l’unique allusion explicite à un membre de la famille de Paul dans l’Écriture (pour d’autres allusions probables, voir #Ro 16: 7, #Ro 16: 11, #Ro 16: 21). On ignore tout des raisons de son séjour à Jérusalem, loin de Tarse, et des motivations qui le poussèrent à avertir son oncle. Son intervention est d’autant plus surprenante que Paul avait certainement été déshérité par sa famille lorsqu’il était devenu chrétien (#Ph 3:8).

alla dans la forteresse en informer Paul. Puisque Paul n’était pas aux arrêts, mais se trouvait seulement en détention préventive, il lui était permis de recevoir des visites.

 

17  Paul appela l’un des centeniers, et dit : Mène ce jeune homme vers le tribun, car il a quelque chose à lui rapporter.

18  Le centenier prit le jeune homme avec lui, le conduisit vers le tribun, et dit : Le prisonnier Paul m’a appelé, et il m’a prié de t’amener ce jeune homme, qui a quelque chose à te dire.

19  Le tribun, prenant le jeune homme par la main, et se retirant à l’écart, lui demanda : Qu’as-tu à m’annoncer ?

20  Il répondit : Les Juifs sont convenus de te prier d’amener Paul demain devant le sanhédrin, comme si tu devais t’enquérir de lui plus exactement.

21  Ne les écoute pas, car plus de quarante d’entre eux lui dressent un guet-apens, et se sont engagés, avec des imprécations contre eux-mêmes, à ne rien manger ni boire jusqu’à ce qu’ils l’aient tué ; maintenant ils sont prêts, et n’attendent que ton consentement.

22  Le tribun renvoya le jeune homme, après lui avoir recommandé de ne parler à personne de ce rapport qu’il lui avait fait.

23  Ensuite il appela deux des centeniers, et dit : Tenez prêts, dès la troisième heure de la nuit, deux cents soldats, soixante-dix cavaliers et deux cents archers, pour aller jusqu’à Césarée.

troisième heure de la nuit. C’est-à-dire 9 heures du soir.

soldats …  cavaliers …  archers. Les « soldats » étaient des légionnaires, les soldats d’élite de l’armée romaine; les « cavaliers » appartenaient au détachement de cavalerie de la cohorte; les « archers », ou lanceurs de javelot, étaient des soldats armés plus légèrement que les légionnaires. Lysias envoya près de la moitié des 1000 hommes qui se trouvaient sous ses ordres, ce qui montre à quel point la situation et le complot contre Paul lui paraissaient sérieux.

23:23-24

Lysias comprit qu’il devait agir, s’il voulait contrecarrer le plan des conspirateurs, éviter une confrontation avec les Juifs qui pouvait échapper à son contrôle et dégénérer, et sauver la vie de Paul. Il lui faudrait faire sortir l’apôtre de Jérusalem et le conduire auprès de son supérieur, le gouverneur Félix, à Césarée.

 

24  Qu’il y ait aussi des montures pour Paul, afin qu’on le mène sain et sauf au gouverneur Félix.

25  Il écrivit une lettre ainsi conçue:

26  Claude Lysias au très excellent gouverneur Félix, salut !

gouverneur Félix. Gouverneur de Judée de 52 à 59. C’était un ancien esclave dont le frère (qui avait les faveurs de l’empereur Claude) avait réussi à lui obtenir la fonction de gouverneur. Il ne jouissait pas d’une grande considération auprès des notables romains de son temps, et il effectua peu d’actions remarquables durant son mandat de gouverneur. Il vainquit l’Égyptien et ses partisans, mais sa brutalité enflammait les Juifs et contribua à sa destitution par l’empereur Néron, deux ans après l’audience de Paul (v. #Ac 24: 27).

 

27  Cet homme, dont les Juifs s’étaient saisis, allait être tué par eux, lorsque je survins avec des soldats et le leur enlevai, ayant appris qu’il était Romain.

ayant appris qu’il était Romain. En réalité, Lysias ne l’avait appris qu’après avoir arrêté Paul (#Ac 22:25-26). Il tentait de se présenter sous le meilleur jour aux yeux du gouverneur. C’est la raison pour laquelle il omit de mentionner son ordre initial de fouetter Paul (#Ac 22: 24) ainsi que son erreur qui lui avait fait prendre l’apôtre pour un criminel égyptien notoire (#Ac 21: 38).

 

28  Voulant connaître le motif pour lequel ils l’accusaient, je l’amenai devant leur sanhédrin.

29  J’ai trouvé qu’il était accusé au sujet de questions relatives à leur loi, mais qu’il n’avait commis aucun crime qui mérite la mort ou la prison.

questions relatives à leur loi. L’absence de mention par Lysias d’une violation quelconque de la loi romaine revenait à déclarer Paul innocent.

 

30  Informé que les Juifs lui dressaient des embûches, je te l’ai aussitôt envoyé, en faisant savoir à ses accusateurs qu’ils eussent à s’adresser eux-mêmes à toi. Adieu.

ils ont à s’adresser eux-mêmes à toi. Comme le complot contre Paul rendait tout interrogatoire à Jérusalem dangereux, Lysias fut contraint de confier le cas de Paul à Félix.

 

31  Les soldats, selon l’ordre qu’ils avaient reçu, prirent Paul, et le conduisirent pendant la nuit jusqu’à Antipatris.

Antipatris. Un poste militaire romain situé à environ 60 km de Jérusalem. De nombreux voyageurs qui allaient de Jérusalem à Césarée y faisaient halte. Paul et son escorte l’atteignirent en une nuit (v. #Ac 23: 32), ce qui signifiait une allure de marche épuisante pour les fantassins.

 

32  Le lendemain, laissant les cavaliers poursuivre la route avec lui, ils retournèrent à la forteresse.

cavaliers. Le danger était moindre de tomber dans une embuscade dans la région de Samarie, peuplée en grande partie de non-Juifs, et la présence des fantassins n’était plus requise.

 

33  Arrivés à Césarée, les cavaliers remirent la lettre au gouverneur, et lui présentèrent Paul.

Césarée. Cf. #Ac 8:40. Une ville importante de la Méditerranée, située à près de 50 km au nord de Joppé. C’était la capitale de la province romaine de Judée, ainsi que la demeure du procurateur romain et le quartier général d’une garnison romaine importante.

 

34  Le gouverneur, après avoir lu la lettre, demanda de quelle province était Paul. Ayant appris qu’il était de la Cilicie:

de quelle province était Paul. Félix voulait s’assurer que Paul relevait effectivement de sa juridiction.

de la Cilicie. Comme la Judée et la Cilicie étaient à cette époque sous l’autorité du légat de Syrie, il était dans les attributions de Félix de s’occuper du cas de Paul.

 

35  Je t’entendrai, dit-il, quand tes accusateurs seront venus. Et il ordonna qu’on le gardât dans le prétoire d’Hérode.

prétoire d’Hérode. C’était la résidence officielle de Félix à Césarée.

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