JOUR 6 DE 130 : NOUVEAU TESTAMENT

18/08/2018 00:33

JOUR 6 DE 130 : NOUVEAU TESTAMENT

 

MATTHIEU 11 ET 12

 

MATTHIEU 11

1 ¶  Lorsque Jésus eut achevé de donner ses instructions à ses douze disciples, il partit de là, pour enseigner et prêcher dans les villes du pays.

 

dans les villes du pays. En Galilée. Pendant ce temps, les disciples annonçaient eux aussi le message de l’Evangile dans les villes juives de Galilée et des environs (#Mt 10:5-6).

 

2  Jean, ayant entendu parler dans sa prison des œuvres du Christ, lui fit dire par ses disciples:

3  Es-tu celui qui doit venir, ou devons-nous en attendre un autre ?

 

Es-tu celui …  un autre? Jean-Baptiste avait présenté Christ comme celui qui devait apporter un jugement terrible et brûler la paille « dans un feu qui ne s’éteint point » (#Mt 3:12). La tournure des événements avait de quoi le perturber : lui-même était en prison alors que Christ était actif dans un ministère de guérison, et non de jugement. Par ailleurs, il l’exerçait en Galilée, loin de Jérusalem, la ville du roi, même s’il n’y avait pas reçu un accueil des plus chaleureux (cf. #Mt 8:34). Jean se demandait s’il ne s’était pas mépris sur le plan d’action de Jésus. Il serait erroné d’attribuer sa question à un moment de doute dans sa foi (v. #Mt 11:7).

 

4  Jésus leur répondit : Allez rapporter à Jean ce que vous entendez et ce que vous voyez:{*}

 

Allez rapporter à Jean. Jésus renvoya les disciples de Jean lui rapporter de nombreux miracles. De toute évidence, il accomplit ces miracles en leur présence pour qu’ils puissent témoigner avoir vu par eux-mêmes des preuves que Jésus était bien le Messie (cf. #Esa 29:18-19 ; #Esa 35:5-10). Il faut noter cependant qu’il n’accorda aucune autre explication à Jean, car il connaissait la force de la foi de celui-ci (cf. #1Co 10:13).

5  les aveugles voient, les boiteux marchent, les lépreux sont purifiés, les sourds entendent, les morts ressuscitent, et la bonne nouvelle est annoncée aux pauvres.{*}

6  Heureux celui pour qui je ne serai pas une occasion de chute !{*}

7 ¶  Comme ils s’en allaient, Jésus se mit à dire à la foule, au sujet de Jean : Qu’êtes-vous allés voir au désert ? un roseau agité par le vent ? {*}

8  Mais, qu’êtes-vous allés voir ? un homme vêtu d’habits précieux ? Voici, ceux qui portent des habits précieux sont dans les maisons des rois.{*}

9  Qu’êtes-vous donc allés voir ? un prophète ? Oui, vous dis-je, et plus qu’un prophète.{*}

10  Car c’est celui dont il est écrit : Voici, j’envoie mon messager devant ta face, Pour préparer ton chemin devant toi.{*}

 

Citation basée sur #Mal 3:1.

 

11  Je vous le dis en vérité, parmi ceux qui sont nés de femmes, il n’en a point paru de plus grand que Jean-Baptiste. Cependant, le plus petit dans le royaume des cieux est plus grand que lui.{*}

 

le plus petit …  est plus grand que lui. Jean fut plus grand que les prophètes de l’A.T. parce qu’il put voir de ses yeux l’accomplissement de ce que les prophètes avaient seulement pu annoncer (vv. #Mt 11:10, #Mt 11:13 ; cf. #1Pi 1:10-11) et y participer personnellement. Mais tous les croyants après la croix sont encore plus grands, parce qu’ils peuvent comprendre pleinement et vivre ce que Jean avait seulement vu en germe : l’œuvre rédemptrice de Christ elle-même.

 

12  Depuis le temps de Jean-Baptiste jusqu’à présent, le royaume des cieux est forcé, et ce sont les violents qui s’en emparent.{*}

 

le royaume des cieux est forcé. Dès le moment où il commença à prêcher, Jean-Baptiste suscita de vives réactions. Déjà il était emprisonné ; il finirait même par succomber à la sauvagerie d’Hérode. Mais le royaume ne pourra jamais être vaincu, ni son avancement contrarié, par la violence humaine. On peut utilement comparer le texte de Matthieu : « Les violents s’en emparent » avec le passage parallèle chez Luc : « Chacun use de violence pour y entrer » (#Lu 16:16). Il en résulte cette interprétation probable : le royaume avance malgré l’opposition, et seuls les irréductibles se frayent le chemin pour y entrer. Une fois de plus, Christ met en avant la difficulté d’entrer dans le royaume.

1.    Il s’agit d’une déclaration de l’hostilité des gens au message de Jésus. « Le royaume de Dieu subit la violence, et les méchants s’en emparent dans le but d’empêcher les gens d’y entrer. » On cite le sens du premier verbe, « faire violence », et #Matthieu 23:13 où Jésus accuse en effet les pharisiens de fermer « aux hommes le royaume des cieux », n’y entrant pas eux-mêmes, et ne laissant pas « entrer ceux qui veulent y entrer ».

 

2.    Il s’agit d’une révélation des qualités nécessaires à l’entrée dans le royaume. « Depuis l’annonce du royaume par Jean, il est ébranlé et ouvert par la force, et ceux qui sont violents, consacrés dans leur zèle, sont les seuls qui s’en emparent. » Jésus veut dire que le royaume est pour ceux qui se donnent à fond, et non pour les indifférents.

 

13  Car tous les prophètes et la loi ont prophétisé jusqu’à Jean ;{*}

14  et, si vous voulez le comprendre, c’est lui qui est l’Elie qui devait venir.{*}

 

c’est lui qui est l’Elie. C’est-à-dire qu’il est l’accomplissement de #Mal 4:5-6 (voir #Mt 17:12-13). Les Juifs savaient fort bien qu’Elie n’était pas mort (cf. #2R 2:11). Toutefois, ce passage ne présente pas Jean comme Elie en personne revenu sur terre. En réalité, Jean lui-même refusa de s’identifier au prophète (#Jn 1:21); il était pourtant venu avec l’esprit et la puissance d’Elie (#Lu 1:17). S’ils avaient cru, Jean aurait été l’accomplissement des prophéties concernant Elie.

 

15  Que celui qui a des oreilles pour entendre entende.{*}

16 ¶  A qui comparerai-je cette génération ? Elle ressemble à des enfants assis dans des places publiques, et qui, s’adressant à d’autres enfants,{*}

 

des enfants. Christ fait aux pharisiens un reproche qui les tourne en dérision. Il leur fait comprendre qu’ils adoptent une attitude enfantine, décidés qu’ils sont à bouder aussi bien une invitation à « danser » (allusion au style joyeux du ministère de Jésus, « mangeant et buvant » en compagnie des pécheurs, v. 34) qu’un appel à « pleurer » (évocation de l’appel à la repentance de Jean-Baptiste et de son style de ministère plus austère, v. 33).

 

17  disent : Nous vous avons joué de la flûte, et vous n’avez pas dansé ; nous avons chanté des complaintes, et vous ne vous êtes pas lamentés. {*}

18  Car Jean est venu, ne mangeant ni ne buvant, et ils disent : Il a un démon.{*}

19  Le Fils de l’homme est venu, mangeant et buvant, et ils disent : C’est un mangeur et un buveur, un ami des publicains et des gens de mauvaise vie. Mais la sagesse a été justifiée par ses œuvres.{*}

 

mangeant et buvant. C’est-à-dire menant une vie ordinaire. Ce passage explique pourquoi le ministère de Jean différait radicalement de celui de Jésus du point de vue du style et de l’approche, tout en présentant le même message. Ces deux méthodes différentes enlevaient toute excuse aux pharisiens. Les caractéristiques qu’ils exigeaient de voir en Jésus une abstinence rigoureuse et un mode de vie spartiate - étaient celles du ministère de Jean-Baptiste, qu’ils avaient pourtant déjà rejeté. En réalité, ils rejetaient le message à cause de la corruption de leur cœur, mais ils ne voulaient pas le reconnaître.

 

20  Alors il se mit à faire des reproches aux villes dans lesquelles avaient eu lieu la plupart de ses miracles, parce qu’elles ne s’étaient pas repenties.

21  Malheur à toi, Chorazin ! malheur à toi, Bethsaïda ! car, si les miracles qui ont été faits au milieu de vous avaient été faits dans Tyr et dans Sidon, il y a longtemps qu’elles se seraient repenties, en prenant le sac et la cendre.{*}

 

Malheur à toi, Chorazin! …  Bethsaïda! Ces deux villes se trouvaient à proximité de Capernaüm, près de la rive nord de la mer de Galilée.

 

Tyr …  Sidon. Villes phéniciennes au bord de la Méditerranée. La prophétie sur la destruction de Tyr et Sidon en #Ez 26:1-28:2 s’accomplit dans le moindre détail.

 

22  C’est pourquoi je vous le dis : au jour du jugement, Tyr et Sidon seront traitées moins rigoureusement que vous.{*}

23  Et toi, Capernaüm, seras-tu élevée jusqu’au ciel ? Non. Tu seras abaissée jusqu’au séjour des morts ; car, si les miracles qui ont été faits au milieu de toi avaient été faits dans Sodome, elle subsisterait encore aujourd’hui.{*}

 

Capernaüm …  élevée …  jusqu’au séjour des morts. Cette ville, où Jésus avait décidé d’établir son quartier général, eut droit à une condamnation encore plus sévère. Fait surprenant, la Bible ne dit pas que ses habitants se sont moqués de Jésus, qu’ils l’ont ridiculisé, chassé de la ville ou menacé de mort. Pourtant, son péché l’indifférence à l’égard de Christ - était plus grave que la méchanceté brute de Sodome (cf. #Mt 10:15).

 

24  C’est pourquoi je vous le dis : au jour du jugement, le pays de Sodome sera traité moins rigoureusement que toi.{*}

 

moins rigoureusement. Ce passage suggère qu’il y aura divers degrés de châtiment en enfer pour les impies

 

25 ¶  En ce temps-là, Jésus prit la parole, et dit  : Je te loue, Père, Seigneur du ciel et de la terre, de ce que tu as caché ces choses aux sages et aux intelligents, et de ce que tu les as révélées aux enfants.{*}

 

aux sages et aux intelligents …  enfants. Ces paroles ne sont pas dépourvues de sarcasme : les chefs spirituels juifs seraient sages et intelligents, tandis que les disciples de Christ ne vaudraient pas plus que de petits enfants (cf. #Mt 18:3-10). Cependant, c’est aux disciples que Dieu révéla la vérité du Messie et de son Evangile. Cf. #Mt 13:10-17.

 

26  Oui, Père, je te loue de ce que tu l’as voulu ainsi.{*}

 

tu l’as voulu ainsi. Cf. #Lu 10:21-22. C’est une puissante affirmation de la souveraineté de Dieu sur toutes les affaires des hommes. Dans le v. suivant, Christ déclare que l’accomplissement de la volonté divine lui a été confié. Une telle parole aurait été un blasphème, si Jésus n’était pas ce Dieu souverain en personne.

 

27  Toutes choses m’ont été données par mon Père, et personne ne connaît le Fils, si ce n’est le Père ; personne non plus ne connaît le Père, si ce n’est le Fils et celui à qui le Fils veut le révéler.{*}

28  Venez à moi, vous tous qui êtes fatigués et chargés, et je vous donnerai du repos.{*}

29  Prenez mon joug sur vous et recevez mes instructions, car je suis doux et humble de cœur ; et vous trouverez du repos pour vos âmes.{*}

 

vous trouverez le repos. Il s’agit ici du repos vis-à-vis des efforts incessants et vains de se sauver soi-même par les œuvres de la loi (cf. #Hé 4:1-3, #Hé 4:6, #Hé 4:9-11). Ce repos permanent dans la grâce de Dieu ne doit rien aux œuvres (v. #Mt 11:30).

 

30  Car mon joug est doux, et mon fardeau léger.{*}

 

11:28-30

Venez à moi, vous tous qui êtes fatigués et chargés. On décèle dans ce passage un écho de la première béatitude (#Mt 5:3). La construction de la phrase est remarquable : il s’agit d’une invitation ouverte à tous ceux qui l’entendent, mais elle est formulée de telle manière que seules y répondront des personnes accablées par le poids de leur propre échec spirituel, fatiguées de toutes leurs vaines tentatives de se sauver elles-mêmes par le respect scrupuleux de la loi. Le péché de rébellion est tellement tenace au sein de l’humanité que, sans un réveil spirituel venant d’en haut, tous les pécheurs refusent de reconnaître la profondeur de leur pauvreté spirituelle. C’est la raison pour laquelle Jésus affirme au v. 27 que notre salut est une œuvre souveraine de Dieu. Toutefois, la vérité de l’élection divine au v. 27 n’est pas incompatible avec l’offre gratuite du salut pour tous aux vv. #Mt 11:28-30.

 

 

MATTHIEU 12

1 ¶  En ce temps-là, Jésus traversa des champs de blé un jour de sabbat. Ses disciples, qui avaient faim, se mirent à arracher des épis et à manger.

2  Les pharisiens, voyant cela, lui dirent : Voici, tes disciples font ce qu’il n’est pas permis de faire pendant le sabbat.

 

pas permis de faire pendant le sabbat. En réalité, aucune loi n’interdisait d’arracher des épis afin de pouvoir manger le jour du sabbat. Il était même explicitement permis de ramasser quelques poignées de grains dans le champ du prochain pour satisfaire une faim immédiate (#De 23:25). Ce qui était interdit, c’était de travailler en vue d’un profit. Ainsi, un jour de sabbat, un fermier ne pouvait pas moissonner son champ dans le but de faire du profit, mais on pouvait ramasser suffisamment de grains pour se nourrir.

 

3  Mais Jésus leur répondit : N’avez-vous pas lu ce que fit David, lorsqu’il eut faim, lui et ceux qui étaient avec lui ; {*}

 

Jésus leur répondit. La réponse de Jésus aux vv. #Mt 12:3-8 rappelle que les lois sur le sabbat n’interdisent pas les actes dus à une nécessité immédiate (vv. #Mt 12:3-4), le service rendu à Dieu (vv. #Mt 12:5-6), ni des actes de compassion (vv. #Mt 12:7-8). Il réaffirmait en la circonstance que le sabbat avait été institué pour le bénéfice de l’homme et la gloire de Dieu; il n’avait jamais eu pour but de représenter un fardeau pour le peuple de Dieu (#Mr 2:27).

 

4  comment il entra dans la maison de Dieu, et mangea les pains de proposition, qu’il ne lui était pas permis de manger, non plus qu’à ceux qui étaient avec lui, et qui étaient réservés aux sacrificateurs seuls ?{*}

 

les pains de proposition. Douze pains cuits chaque sabbat, consommés en principe par les sacrificateurs (#Lé 24:5-9). Dieu n’était pas offensé par le geste de David, qui avait agi dans le but de satisfaire un besoin légitime alors que ses hommes étaient affaiblis et affamés (#1S 21:4-6).

 

5  Ou, n’avez-vous pas lu dans la loi que, les jours de sabbat, les sacrificateurs violent le sabbat dans le temple, sans se rendre coupables ?{*}

 

violent le sabbat …  sans se rendre coupables. Les sacrificateurs devaient accomplir leur tâche le jour du sabbat, ce qui prouve que, dans certains aspects, les restrictions imposées par le repos du sabbat ne constituaient pas des absolus moraux inviolables, mais plutôt des préceptes relatifs à la dimension cérémonielle de la loi.

 

6  Or, je vous le dis, il y a ici quelque chose de plus grand que le temple.{*}

 

plus grand que le temple. Cette comparaison est une affirmation directe de divinité. Le Seigneur Jésus était Dieu incarné Dieu demeurant dans la chair humaine - bien supérieur à un bâtiment que Dieu ne faisait que visiter.

 

7  Si vous saviez ce que signifie : Je prends plaisir à la miséricorde, et non aux sacrifices, vous n’auriez pas condamné des innocents.{*}

 

Je prends plaisir …  non aux sacrifices. Citation de #Os 6:6.

 

8  Car le Fils de l’homme est maître du sabbat.{*}

 

le Fils de l’homme est maître du sabbat. Christ possède la prérogative de régner non seulement sur les règles sabbatiques instaurées par les hommes, mais aussi sur le sabbat lui-même, jour consacré à l’adoration de Dieu. Cette nouvelle affirmation expresse de sa divinité déclencha chez les pharisiens une crise violente d’hostilité qui les conduisit au crime (v. #Mt 12:14).

 

9  Etant parti de là, Jésus entra dans la synagogue.

10  Et voici, il s’y trouvait un homme qui avait la main sèche. Ils demandèrent à Jésus : Est-il permis de faire une guérison les jours de sabbat ? C’était afin de pouvoir l’accuser.

 

Est-il permis de faire une guérison les jours de sabbat? La tradition juive interdisait la pratique de la médecine le jour du sabbat, sauf en cas d’urgence vitale. Cependant, aucune loi de l’A.T. n’interdisait d’administrer un médicament, de guérir ou d’accomplir d’autres actes de compassion le jour du sabbat. Il est toujours permis de faire du bien.

 

11  Il leur répondit : Lequel d’entre vous, s’il n’a qu’une brebis et qu’elle tombe dans une fosse le jour du sabbat, ne la saisira pour l’en retirer ?{*}

12  Combien un homme ne vaut-il pas plus qu’une brebis ! Il est donc permis de faire du bien les jours de sabbat.{*}

13  Alors il dit à l’homme : Etends ta main. Il l’étendit, et elle devint saine comme l’autre. {*}

14 ¶  Les pharisiens sortirent, et ils se consultèrent sur les moyens de le faire périr.

15  Mais Jésus, l’ayant su, s’éloigna de ce lieu. Une grande foule le suivit. Il guérit tous les malades,

 

guérit tous les malades. De toute l’histoire de l’A.T., aucun personnage ne manifesta autant de puissance, aucune époque ne connut autant de cas de guérison. Les guérisons physiques étaient très rares dans l’A.T. Christ choisit de montrer sa divinité en guérissant les malades, ressuscitant les morts et libérant les démoniaques. Ces actes ne servaient pas uniquement à démontrer le pouvoir du Messie sur les domaines physique et spirituel, mais aussi à exprimer la compassion de Dieu à l’égard de personnes affligées par le péché.

 

16  et il leur recommanda sévèrement de ne pas le faire connaître,

 

il leur recommanda sévèrement de ne pas le faire connaître. Cette recommandation semble être une précaution prise contre le zèle excessif de ceux qui voudraient faire entrer Jésus dans le moule du héros conquérant, fabriqué par les experts rabbiniques sur la base des prophéties messianiques.

 

17  afin que s’accomplît ce qui avait été annoncé par Esaïe, le prophète:

18  Voici mon serviteur que j’ai choisi, Mon bien-aimé en qui mon âme a pris plaisir. Je mettrai mon Esprit sur lui, Et il annoncera la justice aux nations.

 

Voici mon serviteur. Les vv. #Mt 12:18-21 (extraits d’#Esa 42:1-4) démontrent que le Messie devait venir sans programme politique, sans projet de campagne militaire, sans fanfare, mais avec douceur et humilité. Il devait proclamer la justice même « aux nations ». Cette image était tout à l’opposé des attentes rabbiniques consacrées, au Ier siècle.

 

19  Il ne contestera point, il ne criera point, Et personne n’entendra sa voix dans les rues.

 

Il ne contestera point, il ne criera point. Le Messie ne tenterait pas de fomenter une révolution ou de forcer la voie jusqu’à la conquête du pouvoir.

 

20  Il ne brisera point le roseau cassé, Et il n’éteindra point le lumignon qui fume, Jusqu’à ce qu’il ait fait triompher la justice.

 

le roseau cassé …  le lumignon qui fume. Le roseau était employé par les bergers pour fabriquer un petit instrument de musique. Fendu ou abîmé, il était hors d’usage. De même, une mèche qui fumait était inutilisable comme source de lumière. Ces objets représentent des êtres qui sont déclarés inutiles par le monde. L’œuvre de Christ consista à rétablir et ranimer de telles personnes, non à les « casser » ou les « éteindre ». Cette attitude témoigne de sa tendre compassion à l’égard des plus faibles et des plus démunis parmi ceux qui sont perdus. Il est venu non pour rassembler les forts dans le but de faire une révolution, mais pour faire preuve de compassion envers les faibles. Cf. #1Co 1:26-29.

 

21  Et les nations espéreront en son nom.

22 ¶  Alors on lui amena un démoniaque aveugle et muet, et il le guérit, de sorte que le muet parlait et voyait.

23  Toute la foule étonnée disait : N’est-ce point là le Fils de David ?

24  Les pharisiens, ayant entendu cela, dirent : Cet homme ne chasse les démons que par Béelzébul, prince des démons.

 

Béelzébul. Après tant de manifestations de la divinité de Jésus, les pharisiens déclarèrent qu’il venait de Satan. C’était tout à l’opposé de la vérité, ils le savaient bien ;  cf. #Mt 9:34 ; #Mr 3:22 ; #Lu 11:15).

 

25  Comme Jésus connaissait leurs pensées, il leur dit : Tout royaume divisé contre lui-même est dévasté, et toute ville ou maison divisée contre elle-même ne peut subsister.{*}

26  Si Satan chasse Satan, il est divisé contre lui-même ; comment donc son royaume subsistera-t-il ?{*}

27  Et si moi, je chasse les démons par Béelzébul, vos fils, par qui les chassent-ils ? C’est pourquoi ils seront eux-mêmes vos juges.{*}

28  Mais, si c’est par l’Esprit de Dieu que je chasse les démons, le royaume de Dieu est donc venu vers vous.{*}

 

le royaume de Dieu est donc venu vers vous. C’était tout à fait vrai. Le Roi était parmi eux, manifestant sa puissance souveraine, en particulier par sa capacité de lier Satan et ses démons (v. #Mt 12:29).

 

29  Ou, comment quelqu’un peut-il entrer dans la maison d’un homme fort et piller ses biens, sans avoir auparavant lié cet homme fort ? Alors seulement il pillera sa maison.{*}

30  Celui qui n’est pas avec moi est contre moi, et celui qui n’assemble pas avec moi disperse.{*}

31  C’est pourquoi je vous dis : Tout péché et tout blasphème sera pardonné aux hommes, mais le blasphème contre l’Esprit ne sera point pardonné.{*}

 

le blasphème contre l’Esprit. Le péché auquel Jésus s’opposait était le rejet délibéré, de la part des pharisiens, de celui qu’ils savaient venir de Dieu (cf. #Jn 11:48 ; #Ac 4:16). Ils ne pouvaient nier la réalité de ce que le Saint-Esprit avait accompli par son intermédiaire, c’est pourquoi ils attribuèrent à Satan l’œuvre qu’ils savaient pertinemment provenir de Dieu (v. #Mt 12:24 ; #Mr 3:22).

 

32  Quiconque parlera contre le Fils de l’homme, il lui sera pardonné ; mais quiconque parlera contre le Saint-Esprit, il ne lui sera pardonné ni dans ce siècle ni dans le siècle à venir.{*}

 

sera pardonné. Une personne qui n’aurait jamais été en présence de Christ et qui n’aurait pas connu sa puissance pourrait le rejeter par ignorance et être malgré tout pardonnée, à condition que l’incrédulité cède la place à une repentance authentique. Même un pharisien tel que Saul de Tarse pouvait être pardonné pour avoir parlé « contre le Fils de l’homme » ou persécuté ses disciples, parce que son incrédulité était le fruit de l’ignorance (#1Ti 1:13). Mais ceux qui savent que les affirmations de Christ sont vraies et qui le rejettent néanmoins pèchent « contre le Saint-Esprit », puisque c’est le Saint-Esprit qui témoigne de Christ et nous révèle sa vérité (#Jn 15:26 ; #Jn 16:14-15). Aucun pardon n’était possible pour ces pharisiens qui furent les témoins oculaires de ses miracles, qui savaient qu’il disait la vérité, et qui pourtant blasphémèrent contre le Saint-Esprit : ils avaient rejeté la révélation la plus complète.

 

33  Ou dites que l’arbre est bon et que son fruit est bon, ou dites que l’arbre est mauvais et que son fruit est mauvais ; car on connaît l’arbre par le fruit.{*}

33  Ou dites que l’arbre est bon et que son fruit est bon, ou dites que l’arbre est mauvais et que son fruit est mauvais ; car on connaît l’arbre par le fruit.{*}

34  Races de vipères, comment pourriez-vous dire de bonnes choses, méchants comme vous l’êtes ? Car c’est de l’abondance du cœur que la bouche parle.{*}

35  L’homme bon tire de bonnes choses de son bon trésor, et l’homme méchant tire de mauvaises choses de son mauvais trésor.{*}

36  Je vous le dis : au jour du jugement, les hommes rendront compte de toute parole vaine qu’ils auront proférée.{*}

 

toute parole vaine. Le péché apparemment le plus insignifiant tel un écart de langage - porte en lui tout le mal de l’enfer en puissance (cf. #Ja 3:6). Aucune infraction contre la sainteté de Dieu n’est donc à prendre à la légère. Chacun sera finalement responsable de toutes ses légèretés. Comme le fruit témoigne de l’arbre, les paroles mauvaises sont le meilleur indicateur pour juger du cœur (vv. #Mt 12:33, #Mt 12:35). Les serpents venimeux étaient reconnaissables à leur bouche empoisonnée qui révélait leur cœur mauvais (v. #Mt 12:34 ; #Lu 6:45). Chacun est jugé par ses paroles, car elles révèlent l’état de son cœur.

 

37  Car par tes paroles tu seras justifié, et par tes paroles tu seras condamné.{*}

38 ¶  Alors quelques-uns des scribes et des pharisiens prirent la parole, et dirent : Maître, nous voudrions te voir faire un miracle.

 

nous voudrions te voir faire un miracle. Ils s’attendaient à un signe (sens littéral du mot grec) spectaculaire aux proportions astronomiques (#Lu 11:16). Au lieu de cela, Jésus leur donna un signe tiré de l’Ecriture.

 

39  Il leur répondit : Une génération méchante et adultère demande un miracle ; il ne lui sera donné d’autre miracle que celui du prophète Jonas.{*}

 

adultère. Il est ici question de l’adultère spirituel, l’infidélité vis-à-vis de Dieu (cf. #Jér 5:7-8).

 

40  Car, de même que Jonas fut trois jours et trois nuits dans le ventre d’un grand poisson, de même le Fils de l’homme sera trois jours et trois nuits dans le sein de la terre.{*}

 

trois jours et trois nuits. Citation de #Jon 2:1. Ce type d’expression était d’un usage courant pour souligner la signification prophétique d’une période. Une expression comme « quarante jours et quarante nuits » peut dans certains cas désigner simplement une durée supérieure à un mois. « Trois jours et trois nuits » était une manière emphatique de dire « trois jours » ; dans la culture juive, c’était une expression appropriée pour désigner un laps de temps qui n’englobait pas forcément les trois journées dans leur totalité. Ainsi, la période allant du vendredi, jour où Christ fut crucifié, au premier jour de la semaine, où il ressuscita, pouvait être appelée « trois jours et trois nuits », selon la manière hébraïque de compter. Des hypothèses fort complexes ont été élaborées qui situent la crucifixion le mercredi ou le jeudi, uniquement pour satisfaire à l’interprétation strictement littérale de ces paroles. Mais le sens original ne requiert en aucun cas une lecture aussi étroite.

 

41  Les hommes de Ninive se lèveront, au jour du jugement, avec cette génération et la condamneront, parce qu’ils se repentirent à la prédication de Jonas ; et voici, il y a ici plus que Jonas.{*}

 

Les hommes de Ninive …  se repentirent. Voir #Jon 3:5-10. Le réveil qui se produisit à Ninive à la suite de la prédication de Jonas fut l’un des plus remarquables que le monde ait connu. Certains ont émis l’hypothèse que la repentance des Ninivites n’est pas allée jusqu’à la foi qui sauve, puisque la ville est revenue à ses anciennes pratiques païennes en l’espace d’une seule génération (cf. #Na 3:7-8). Cependant, les paroles de Jésus dans ce passage indiquent clairement que le réveil suscité par Jonas fut bel et bien une conversion salvatrice. L’éternité seule révélera combien d’âmes de cette génération furent admises dans le royaume suite à ce réveil.

 

42  La reine du Midi se lèvera, au jour du jugement, avec cette génération et la condamnera, parce qu’elle vint des extrémités de la terre pour entendre la sagesse de Salomon, et voici, il y a ici plus que Salomon.{*}

 

La reine du Midi. Voir #1R 10:1-13. La reine de Séba était venue pour voir de ses yeux la gloire de Salomon ; à cette occasion, elle connut la gloire du Dieu de Salomon (#1R 10:9).

 

43  Lorsque l’esprit impur est sorti d’un homme, il va par des lieux arides, cherchant du repos, et il n’en trouve point.{*}

44  Alors il dit : Je retournerai dans ma maison d’où je suis sorti ; et, quand il arrive, il la trouve vide, balayée et ornée.{*}

45  Il s’en va, et il prend avec lui sept autres esprits plus méchants que lui ; ils entrent dans la maison, s’y établissent, et la dernière condition de cet homme est pire que la première. Il en sera de même pour cette génération méchante.{*}

 

la dernière condition de cet homme est pire que la première. Le problème réside dans la maison « vide » (v. #Mt 12:44). C’est une description juste d’une personne qui entreprend une réforme morale sans pour autant être habitée du Saint-Esprit. Une réforme entreprise sans la régénération ne sera jamais efficace et aura pour conséquence un retour à l’état d’avant la réforme.

 

46 ¶  Comme Jésus s’adressait encore à la foule, voici, sa mère et ses frères, qui étaient dehors, cherchèrent à lui parler.

 

frères. Ce sont de véritables frères (demi-frères) de Jésus. Matthieu les relie clairement à Marie, soulignant par là qu’il ne s’agit pas de cousins ou de fils de Joseph issus d’un mariage précédent, comme certains Pères de l’Eglise l’ont avancé. Ils sont mentionnés dans tous les Evangiles (#Mr 3:31 ; #Lu 8:19-21 ; #Jn 7:3-5). Matthieu et Marc fournissent les noms de 4 frères de Jésus et précisent qu’il avait aussi des sœurs (#Mt 13:55 ; #Mr 6:3).

 

47  Quelqu’un lui dit : Voici, ta mère et tes frères sont dehors, et ils cherchent à te parler.

48  Mais Jésus répondit à celui qui le lui disait : Qui est ma mère, et qui sont mes frères ?{*}

49  Puis, étendant la main sur ses disciples, il dit : Voici ma mère et mes frères.{*}

 

12:48-49

Jésus ne reniait pas sa famille terrestre (cf. #Jn 19:26-27), mais il soulignait le caractère suprême et éternel des relations spirituelles (cf. #Mt 10:37). Après tout, même les membres de sa propre famille avaient besoin de lui en tant que Sauveur (cf. #Jn 7:5).

 

50  Car, quiconque fait la volonté de mon Père qui est dans les cieux, celui-là est mon frère, et ma sœur, et ma mère.{*}

 

fait la volonté de mon Père. Il n’est pas ici question d’un salut par les œuvres. L’accomplissement de la volonté de Dieu constitue la preuve du salut par grâce.

 

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