JOUR 60 DE 130 : NOUVEAU TESTAMENT

11/10/2018 00:53

JOUR 60 DE 130 : NOUVEAU TESTAMENT

 

ROMAINS 2 ET 3

 

ROMAINS 2 * 1 à 29

 

1 ¶  O homme, qui que tu sois, toi qui juges, tu es donc inexcusable ; car, en jugeant les autres, tu te condamnes toi-même, puisque toi qui juges, tu fais les mêmes choses.

toi qui juges …  inexcusable. Les Juifs (principaux lecteurs de Paul, #Ro 2:17) et les païens de bonne moralité qui se croient exempts du jugement de Dieu parce qu’ils ne se sont pas livrés à l’immoralité décrite au ch. #Ro 1 se trompent tragiquement. Ils ont plus de connaissance que les païens immoraux (#Ro 3:2 ; #Ro 9:4) et ainsi une plus grande responsabilité (cf. #Hé 10:26-29 ; #Ja 3:1).

tu te condamnes. Celui qui a une connaissance suffisante pour juger les autres se condamne lui-même, car il montre qu’il a la connaissance pour évaluer justement sa propre condition.

tu fais les mêmes choses. En condamnant les autres, il excuse et néglige ses propres péchés. L’autosatisfaction est le fruit de deux erreurs mortelles:

1° on minimise les standards moraux de Dieu, en général en insistant sur les éléments extérieurs, et

2° on sous-estime la gravité de son propre péché (cf. #Mt 5:20-22, #Mt 5:27-28 ; #Mt 7:1-3 ; #Mt 15:1-3 ; #Lu 18: 21).

2:1-16 Ayant démontré la nature pécheresse du païen immoral (#Ro 1:18-32), Paul présente son argumentation contre le moraliste religieux  juif ou païen - en recourant à six catégories de principes qui gouvernent le jugement de Dieu: la connaissance (v. #Ro 2:1); la vérité (vv. #Ro 2:2-3); la culpabilité (vv. #Ro 2:4-5); les actes (vv. #Ro 2:6-10); l’impartialité (vv. #Ro 2:11-15) et la motivation (v. #Ro 2:16).

 

2  Nous savons, en effet, que le jugement de Dieu contre ceux qui commettent de telles choses est selon la vérité.

selon la vérité. C’est-à-dire « juste ». Tout ce que Dieu fait est par nature juste (cf. #Ro 3:4 ; #Ro 9:14 ; #Ps 9:5, #Ps 9:9 ; #Ps 96:13 ; #Ps 145:17 ; #Esa 45:19).

 

3  Et penses-tu, ô homme, qui juges ceux qui commettent de telles choses, et qui les fais, que tu échapperas au jugement de Dieu ?

4  Ou méprises-tu les richesses de sa bonté, de sa patience et de sa longanimité, ne reconnaissant pas que la bonté de Dieu te pousse à la repentance ?

méprises. Littéralement « penses vers en bas », c’est-à-dire sous-estimes la valeur de quelqu’un ou de quelque chose, et même le traites avec mépris.

bonté. Renvoie à la « grâce commune », les avantages que Dieu accorde à tous les hommes (cf. #Mt 5:45 ; #Ac 14:15-17).

patience. Ce mot, signifiant « suspension, action de retenir », était parfois utilisé lors d’une trêve entre des parties adverses. Au lieu de détruire la personne au moment où elle pèche, Dieu, dans sa grâce, retient son jugement (cf. #Ro 3:25). Il sauve le pécheur, d’une manière physique et temporelle, de la punition qu’il mérite, pour lui montrer sa nature de Sauveur, afin qu’il puisse venir à lui et recevoir le salut spirituel et éternel.

longanimité. Ce mot indique la durée au cours de laquelle Dieu manifeste sa bonté et sa patience: pendant de longues périodes (cf. #2P 3:9). Ces trois noms parlent de la grâce ordinaire de Dieu, de la façon dont il démontre sa grâce à tous les hommes (cf. #Job 12:10 ; #Ps 119:68 ; #Ps 145:9).

repentance. L’acte de se détourner du péché et de se tourner vers Christ pour recevoir le pardon et le salut.

 

5  Mais, par ton endurcissement et par ton cœur impénitent, tu t’amasses un trésor de colère pour le jour de la colère et de la manifestation du juste jugement de Dieu,

endurcissement. Le mot « sclérose » (comme dans l’artériosclérose, un durcissement des artères) vient de ce mot grec Toutefois, ici le danger n’est pas physique, mais spirituel (#Ez 36:26 ; #Mt 19: 8 ; #Mr 3:5 ; #Mr 6:52 ; #Mr 8:17-18 ; #Jn 12:40 ; #Hé 3:8, #Hé 3:15 ; #Hé 4:7).

cœur impénitent. Renvoie au refus de se repentir (cf. v. #Ro 2:4) et d’accepter le pardon de Dieu en Jésus-Christ.

trésor de colère. Rejeter l’offre de pardon de Dieu et s’attacher au péché, c’est accumuler sur soi encore plus de colère divine et mériter un jugement encore plus sévère.

jour de la colère et …  jugement. Renvoie au jugement dernier des hommes méchants; ils se présenteront devant le grand trône blanc à la fin du millénium

 

6  qui rendra à chacun selon ses œuvres ;

2:6-10 Bien que l’Écriture enseigne que le salut ne peut être obtenu sur la base de nos œuvres, elle enseigne aussi que le jugement de Dieu se fonde toujours sur les actes d’un homme (#Esa 3:10-11 ; #Jér 17: 10 ; #Jn 5:28-29 ; #1Co 3:8 ; #2Co 5:10 ; #Ga 6:7-9 ; cf. #Ro 14: 12). Paul décrit les actes de deux groupes distincts: les rachetés (vv. #Ro 2:7, #Ro 2:10) et les non-rachetés (vv. #Ro 2:8-9). Les actes des rachetés ne leur assurent pas le salut, mais ils sont la preuve de leur salut. Ils ne sont pas parfaits et sont encore enclins à pécher, mais il y a une marque indéniable de justice dans leur vie.

 

7  réservant la vie éternelle à ceux qui, par la persévérance à bien faire, cherchent l’honneur, la gloire et l’immortalité ;

vie éternelle. Pas seulement une question de durée, car même les incroyants vivront éternellement (#2Th 1:9 ; #Ap 14:9-11), mais aussi de qualité. La vie éternelle est un mode de vie, la vie sainte du Dieu éternel donnée aux croyants.

 

8  mais l’irritation et la colère à ceux qui, par esprit de dispute, sont rebelles à la vérité et obéissent à l’injustice.

esprit de dispute. La racine de ce mot renvoyait au travail d’un mercenaire: quelqu’un qui travaille pour de l’argent, sans tenir compte des conséquences de ses actes sur les autres.

 

9  Tribulation et angoisse sur toute âme d’homme qui fait le mal, sur le Juif premièrement, puis sur le Grec !

le Juif premièrement. Les Juifs furent les premiers à avoir la possibilité d’entendre l’Évangile et d’y répondre (#Ro 1:16), et ils seront aussi les premiers à subir le jugement de Dieu en cas de refus (cf. #Am 3:2). La nation d’Israël subira une punition plus sévère car elle a reçu une lumière et une bénédiction plus grandes (voir #Ro 9:3-4).

 

10  Gloire, honneur et paix pour quiconque fait le bien, pour le Juif premièrement, puis pour le Grec !

11  Car devant Dieu il n’y a point d’acception de personnes.

favoritisme. Littéralement « fait de relever la tête de quelqu’un », c’est-à-dire de lui accorder de la considération simplement à cause de sa position, sa richesse, sa popularité, son influence ou son apparence. Puisque c’est la nature de Dieu d’être juste, il lui est impossible d’être autrement qu’impartial (#Ac 10:34 ; #Ga 2:6 ; #Ep 6:7-8 ; #Col 3:25 ; #1Pi 1:17).

 

12  Tous ceux qui ont péché sans la loi périront aussi sans la loi, et tous ceux qui ont péché avec la loi seront jugés par la loi.

péché sans la loi. Les païens qui n’ont jamais eu la possibilité de connaître la loi morale de Dieu (#Ex 20: 1ss) seront jugés sur leur désobéissance en fonction des limites de leur connaissance.

jugés par la loi. Les Juifs et les païens qui ont eu accès à la loi morale de Dieu seront responsables de leur plus grande connaissance (cf. #Mt 11:20-23 ; #Hé 6:4-6 ; #Hé 10:26-31).

 

13  Ce ne sont pas, en effet, ceux qui écoutent la loi qui sont justes devant Dieu, mais ce sont ceux qui la mettent en pratique qui seront justifiés.

seront justifiés. cf. #Ja 2:20-26.

 

14  Quand les païens, qui n’ont point la loi, font naturellement ce que prescrit la loi, ils sont, eux qui n’ont point la loi, une loi pour eux-mêmes ;

font naturellement …  la loi. Sans connaître la loi écrite de Dieu, les hommes des sociétés païennes accordaient de la valeur à ses principes les plus fondamentaux et s’efforçaient de les mettre en pratique. Il est normal que les cultures accordent instinctivement de la valeur à la justice, à l’honnêteté, à la compassion et à la bonté envers les autres: cela reflète la loi divine écrite dans les cœurs.

loi pour eux-mêmes. En accomplissant certaines bonnes actions et en haïssant certaines mauvaises, ils démontraient une connaissance innée de la loi de Dieu, une connaissance qui témoignera en fait contre eux au jour du jugement.

 

15  ils montrent que l’œuvre de la loi est écrite dans leurs cœurs, leur conscience en rendant témoignage, et leurs pensées s’accusant ou se défendant tour à tour.

l’œuvre de la loi. Ou plus probablement « les mêmes œuvres que celles que la loi mosaïque prescrit ».

conscience. Littéralement « avec la connaissance ». Le sens instinctif du bien et du mal provoque la culpabilité, une fois violé. En plus d’une conscience innée de la loi de Dieu, les hommes ont un système d’alarme qui s’active lorsqu’ils choisissent d’ignorer ou de violer cette loi. Paul encourage les croyants à ne pas violer leur conscience ni pousser d’autres à le faire (#Ro 13: 5 ; #1Co 8:7, #1Co 8:12 ; #1Co 10:25, #1Co 10:29 ; #2Co 5:11 ; cf. #Ro 9:1 ; #Ac 23: 1 ; #Ac 24: 16), car ignorer constamment les avertissements de la conscience la rend insensible et finalement la réduit au silence (#1Ti 4:2). Voir #2Co 1:12 ; #2Co 4:2.

 

16  C’est ce qui paraîtra au jour où, selon mon Évangile, Dieu jugera par Jésus-Christ les actions secrètes des hommes.

mon Évangile. Non pas son message personnel, mais le message de Jésus-Christ divinement révélé, qui est une bonne nouvelle à la lumière des mauvaises nouvelles du jugement.

secrètes. Se rapporte principalement aux motivations qui sous-tendent les actions des hommes (#1Ch 28:9 ; #Ps 139:1-3 ; #Jér 17: 10 ; #Mt 6:4, #Mt 6:6, #Mt 6:18 ; cf. #Lu 8:17 ; #Hé 4:12).

 

17 ¶  Toi qui te donnes le nom de Juif, qui te reposes sur la loi, qui te glorifies de Dieu,

Juif. On disait auparavant « Hébreu » ou « Israélite ». À partir du Ier siècle, « Juif » est devenu le nom le plus courant pour les descendants d’Abraham par Isaac. « Juif » vient de « Juda » (littéralement « qu’il soit loué »), terme qui désignait l’une des douze tribus puis la moitié sud du royaume de Salomon après sa mort. Après l’exil babylonien, il désigna tous les Israélites. Leur grand héritage devint cependant (cf. #Ge 12:3) une source d’orgueil et d’autosatisfaction (cf. #Jon 4:2 ; #Mi 3:11-12 ; #Mt 3:7-9 ; #Jn 8:31-34, #Jn 8:40-59), ce qui provoqua leur jugement au lieu de leur « louange ».

2:17-29

Ayant montré que les personnes d’apparence morale  qu’elles soient juives ou païennes - restent condamnées par le jugement de Dieu, Paul concentre maintenant son raisonnement sur les Juifs, le peuple de l’alliance de Dieu: ni leur héritage (v. #Ro 2:17a), ni leur connaissance (vv. #Ro 2:17b-24), ni leurs cérémonies, en particulier la circoncision (vv. #Ro 2:25-29), ne les protégeront du juste jugement de Dieu.

 

18  qui connais sa volonté, qui apprécies la différence des choses, étant instruit par la loi ;

19  toi qui te flattes d’être le conducteur des aveugles, la lumière de ceux qui sont dans les ténèbres,

des aveugles …  ignorants. Puisqu’ils possédaient la loi, les Juifs étaient convaincus de leur supériorité d’enseignants dans le domaine spirituel: ils se voyaient comme des guides pour les païens aveugles (cf. #Mt 23:24-28), la lumière (cf. #Esa 42:6), des hommes pleins de sagesse quant aux voies de Dieu, capables d’enseigner des ignorants (probablement une désignation des prosélytes, païens acquis au judaïsme).

 

20  le docteur des insensés, le maître des ignorants, parce que tu as dans la loi la règle de la science et de la vérité ;

21  toi donc, qui enseignes les autres, tu ne t’enseignes pas toi-même ! Toi qui prêches de ne pas dérober, tu dérobes !

2:21-23 Une suite de constatations visant à mettre en opposition la plupart des pratiques des Juifs avec ce qu’ils savaient et enseignaient (cf. #Ps 50:16-20 ; #Mt 23:3-4 ; #Ja 3:1).

 

22  Toi qui dis de ne pas commettre d’adultère, tu commets l’adultère ! Toi qui as en abomination les idoles, tu commets des sacrilèges !

tu commets des sacrilèges. Signifie probablement qu’ils prélevaient frauduleusement des fonds sur l’argent versé au temple ou retenaient une partie de l’impôt religieux ou des offrandes (cf. #Mal 3:8-10). Une autre pratique  violation directe du commandement de Dieu (#De 7:25) - consistait à piller les temples païens et à vendre les idoles et les ustensiles pour en tirer un profit personnel (cf. #Ac 19: 37) sous le prétexte de la religion.

 

23  Toi qui te fais une gloire de la loi, tu déshonores Dieu par la transgression de la loi !

24  Car le nom de Dieu est à cause de vous blasphémé parmi les païens, comme cela est écrit.

cela est écrit. Citation d’#Esa 52:5.

 

25  La circoncision est utile, si tu mets en pratique la loi ; mais si tu transgresses la loi, ta circoncision devient incirconcision.

circoncision. Le rite de la circoncision (consistant à enlever le prépuce des mâles) n’était pas nouveau à cette époque-là, mais la signification religieuse et théocratique qui lui fut donnée, oui: il devint un signe d’appartenance à la lignée physique et ethnique d’Abraham (cf. #Ac 7:8 ; #Ro 4:11). Sans la révélation divine, le rite n’aurait pas eu cette signification particulière, et c’est ainsi qu’il resta une caractéristique d’Israël (cf. v. #Ge 17: 13). Il représentait un avantage du point de vue de la santé, puisque des germes pathogènes pouvaient être logés dans le sillon balano-prépucial et que le fait d’enlever le prépuce empêchait leur transmission. Historiquement, il semble que les femmes juives aient le taux de cancer du col de l’utérus le plus bas. Mais il y avait aussi un sens symbolique, lié à la nécessité d’ôter le péché et d’être purifié. L’organe mâle démontrait de la façon la plus nette la gravité de la corruption, car il transportait la semence qui engendrait des pécheurs corrompus. Ainsi, la circoncision symbolisait le besoin d’une purification profonde pour renverser les effets de la dépravation.

utile. Comme acte d’obéissance et de rappel de leur relation avec Dieu, scellée par l’alliance.

incirconcision. Un Juif qui transgressait continuellement la loi de Dieu n’avait pas plus de relation salvatrice avec Dieu qu’un païen incirconcis. Le symbole extérieur n’était rien sans la réalité intérieure.

 

26  Si donc l’incirconcis observe les ordonnances de la loi, son incirconcision ne sera-t-elle pas tenue pour circoncision ?

tenue pour circoncision. Dieu considérera le païen croyant aussi favorablement que le Juif croyant circoncis.

 

27  L’incirconcis de nature, qui accomplit la loi, ne te condamnera-t-il pas, toi qui la transgresses, tout en ayant la lettre de la loi et la circoncision ?

L’obéissance humble d’un païen à la loi devait servir de sévère réprimande au Juif qui, malgré ses nombreux avantages, vivait dans la désobéissance.

 

28  Le Juif, ce n’est pas celui qui en a les dehors ; et la circoncision, ce n’est pas celle qui est visible dans la chair.

en a les apparences. C’est-à-dire les descendants physiques d’Abraham qui ont été correctement circoncis (cf. #Ro 9:6 ; #Mt 3:9).

 

29  Mais le Juif, c’est celui qui l’est intérieurement ; et la circoncision, c’est celle du cœur, selon l’esprit et non selon la lettre. La louange de ce Juif ne vient pas des hommes, mais de Dieu.

le Juif …  intérieurement. C’est-à-dire un enfant de Dieu sincère, la véritable postérité spirituelle d’Abraham (voir #Ro 4:16 ; cf. #Ga 3:29).

circoncision …  du cœur. Le rite extérieur n’est valable que s’il reflète une réalité intérieure: un cœur séparé du péché et tourné vers Dieu. Cf. #De 10:16 ; #De 30:6.

Esprit …  lettre. Le salut résulte de l’œuvre de l’Esprit de Dieu dans le cœur, et non des efforts extérieurs pour se conformer à sa loi.




ROMAINS 3 * 1 à 31


1 ¶  Quel est donc l’avantage des Juifs, ou quelle est l’utilité de la circoncision ?

2  Il est grand de toute manière, et tout d’abord en ce que les oracles de Dieu leur ont été confiés.

oracles. Le mot grec est logion, un diminutif du mot logos, normalement traduit « parole » dans le N.T. Il désigne des déclarations et messages importants, et surtout surnaturels. Paul utilise ce mot pour englober tout l’A.T.: les Juifs avaient reçu les paroles du vrai Dieu (#De 4:1-2 ; #De 6:1-2 ; cf. #Mr 12:24 ; #Lu 16:29 ; #Jn 5:39). Ils bénéficiaient d’un grand avantage en possédant l’A.T., parce qu’il contenait la vérité sur le salut (#2Ti 3:15) et les bases de l’Évangile (#Ga 3:8). Lorsque Paul dit « prêche la parole » (#2Ti 4:2), il parle des « oracles de Dieu » (#1Pi 4:11) rapportés dans l’Écriture.

 

3  Eh quoi ! si quelques-uns n’ont pas cru, leur incrédulité anéantira-t-elle la fidélité de Dieu ?

la fidélité de Dieu. Dieu accomplira toutes les promesses qu’il a faites à la nation d’Israël, même si ses membres, pris individuellement, ne sont pas capables de les recevoir à cause de leur incrédulité.

3:3-4 Paul anticipe la réaction négative de lecteurs juifs à ce qu’implique sa thèse (thèse selon laquelle Dieu n’a pas garanti de tenir ses promesses envers tous les descendants physiques d’Abraham): ils prétendront qu’un tel enseignement annule toutes les promesses faites par Dieu aux Juifs dans l’A.T. Mais sa réponse reflète l’enseignement à la fois explicite et implicite de l’A.T.: avant de pouvoir hériter des promesses, tout Juif, indépendamment de la pureté de sa lignée, doit se repentir et croire (cf. #Ro 9:6-7 ; #Esa 55:6-7).

 

4  Loin de là ! Que Dieu, au contraire, soit reconnu pour vrai, et tout homme pour menteur, selon qu’il est écrit: Afin que tu sois trouvé juste dans tes paroles, Et que tu triomphes lorsqu’on te juge.

tout homme pour menteur. Si tous les hommes s’accordaient pour dire que Dieu a été infidèle à ses promesses, cela ne ferait que prouver que tous sont des menteurs et Dieu juste. Cf. #Tit 1:2.

selon qu’il est écrit. Citation du #Ps 51:6.

 

5  Mais si notre injustice établit la justice de Dieu, que dirons-nous ? Dieu est-il injuste quand il déchaîne sa colère ? Je parle à la manière des hommes.

établit la justice de Dieu. Elle établit cette justice par contraste, comme un bijoutier qui dépose un diamant sur du velours noir pour que la pierre paraisse encore plus belle.

à la manière des hommes. Il paraphrase simplement la logique faible et non biblique de ses adversaires, produit de leur esprit naturel et non régénéré.

3:5-8 Paul anticipe les objections que son enseignement va soulever: certains diront qu’il met en doute la sainteté et la pureté de Dieu.

 

6  Loin de là ! Autrement, comment Dieu jugerait-il le monde ?

jugerait-il. Un thème important de l’Écriture (#Ge 18:25 ; #Ps 50:6 ; #Ps 58:11 ; #Ps 94:2). Il s’agit probablement du jour du jugement. Paul explique que, si Dieu excusait le péché, il n’aurait aucune base équitable et juste pour le jugement.

 

7  Et si, par mon mensonge, la vérité de Dieu éclate davantage pour sa gloire, pourquoi suis-je moi-même encore jugé comme pécheur ?

8  Et pourquoi ne ferions-nous pas le mal afin qu’il en arrive du bien, comme quelques-uns, qui nous calomnient, prétendent que nous le disons ? La condamnation de ces gens est juste.

qui nous calomnient. Il est tragique que le message de Paul sur le salut par la foi seule, don de la grâce, ait été déformé par ses adversaires; ils affirmaient que ce message donnait non seulement l’autorisation de pécher, mais encourageait aussi à le faire (#Ro 5:20 ; #Ro 6:1-2).

 

9  Quoi donc ! sommes-nous plus excellents ? Nullement. Car nous avons déjà prouvé que tous, Juifs et Grecs, sont sous l’empire du péché,

sommes-nous plus excellents? « Nous » désigne probablement les chrétiens de Rome, destinataires de cette lettre. Les chrétiens n’ont pas une nature intrinsèquement supérieure à tous ceux que Paul a décrits comme étant sous la condamnation de Dieu.

sous l’empire du péché. Complètement asservis et dominés par le péché.

3:9-20 Paul conclut son réquisitoire avec ce résumé: le Juif et le païen sont l’un et l’autre coupables devant Dieu

 

10  selon qu’il est écrit : Il n’y a point de juste, Pas même un seul ;

selon qu’il est écrit. Introduction habituelle des citations de l’A.T. (cf. #Ro 1:17 ; #Ro 2:24 ; #Ro 3:4 ; #Mt 4:4, #Mt 4:6-7, #Mt 4:10). Le temps du verbe grec souligne la continuité et la permanence, et il implique l’autorité divine de l’Écriture.

point de juste. L’homme est universellement mauvais (cf. #Ps 14:1

3:10-18 Paul aligne une suite de citations de l’A.T. qui dénoncent le caractère (vv. #Ro 3:10-12), la conversation (vv. #Ro 3:13-14) et la conduite (vv. #Ro 3:15-18) de tous les hommes. Il utilise 9 fois les mots tels que « nul » et « tous » pour montrer l’universalité du péché et de la rébellion.

3:10-12 Citation des #Ps 14:1-3 ; #Ps 53:2-4.

 

11  Nul n’est intelligent, Nul ne cherche Dieu ;

Nul n’est intelligent. L’homme est incapable de comprendre la vérité divine et de saisir sa norme de justice (voir #Ps 14:2 ; #Ps 53:4 ; cf. #1Co 2:14). Malheureusement, son ignorance spirituelle ne vient pas d’un manque d’occasions de les connaître (#Ro 1:19-20 ; #Ro 2:15), mais est une expression de sa perversion et de sa rébellion (#Ep 4:18).

nul ne cherche. Voir #Ps 14:2. Ce v. implique clairement que les fausses religions du monde ne sont que des tentatives de l’homme déchu d’échapper au vrai Dieu, de refuser de le chercher. L’homme a naturellement tendance à rechercher ses intérêts (cf. #Ph 2:21), mais son seul espoir est que Dieu l’amène à Christ (#Jn 6:37, #Jn 6:44). Ce n’est que suite à l’œuvre de Dieu dans le cœur de l’homme que ce dernier le cherche (#Ps 16:8 ; #Mt 6:33).

tous sont égarés. Voir #Ps 14:3. Ce verbe signifie « tendre dans la fausse direction ». Il s’appliquait au soldat qui empruntait le mauvais chemin ou désertait. Tous les hommes sont enclins à quitter la voie de Dieu et à poursuivre leur propre chemin (cf. #Esa 53:6).

 

12  (3-11) Tous sont égarés, tous sont pervertis ; (3-12) Il n’en est aucun qui fasse le bien, Pas même un seul ;

13  Leur gosier est un sépulcre ouvert ; Ils se servent de leurs langues pour tromper ; Ils ont sous leurs lèvres un venin d’aspic ;

sépulcre ouvert. Voir #Ps 5:10. Les tombeaux étaient scellés par respect pour le défunt et par souci que les passants n’assistent pas à la décomposition du corps. Tout comme le sépulcre non scellé leur permettait de voir et de sentir le cadavre à l’intérieur, la bouche de l’homme non régénéré  à savoir les paroles grossières qui en sortent - révèle la déchéance de son cœur (cf. #Pr 10:31-32 ; #Pr 15:2, #Pr 15:28 ; #Jér 17:9 ; #Mt 12:34-35 ; #Mt 15:18 ; #Ja 3:1-12).

aspic. Voir #Ps 140:4 ; cf. #Mt 3:7 ; #Mt 12:34.

 

14  Leur bouche est pleine de malédiction et d’amertume ;

malédiction. Citation du #Ps 10:7. Ils souhaitent le pire à autrui et formulent publiquement ce désir par des paroles moqueuses et destructrices.

amertume. Ils expriment franchement leur sentiments d’hostilité envers leurs ennemis (cf. #Ps 64:4-5).

 

15  Ils ont les pieds légers pour répandre le sang ;

3:15-17 Citation d’#Esa 59:7-8.

 

16  La destruction et le malheur sont sur leur route ;

la destruction et le malheur. L’homme abîme et détruit tout ce qu’il touche, semant derrière lui la douleur et la souffrance.

 

17  Ils ne connaissent pas le chemin de la paix ;

chemin de la paix. Il ne s’agit pas ici d’un sentiment de paix intérieure, mais de la tendance qu’à l’homme à se disputer et à se battre, que ce soit entre individus ou entre nations (cf. #Jér 6:14).

 

18  La crainte de Dieu n’est pas devant leurs yeux.

crainte de Dieu. Voir #Ps 36:2. La véritable condition de l’homme ressort clairement de son manque de soumission à Dieu et de son manque de respect envers lui. La crainte biblique de Dieu consiste à

1° craindre sa grandeur et sa gloire et

2° redouter les conséquences qu’entraîne le non-respect de sa sainteté ;  cf. #Pr 9:10 ; #Pr 16:6 ; #Ac 5:1-11 ; #1Co 11:30).

 

19 ¶  Or, nous savons que tout ce que dit la loi, elle le dit à ceux qui sont sous la loi, afin que toute bouche soit fermée, et que tout le monde soit reconnu coupable devant Dieu.

ceux …  sous la loi. Tout être humain non racheté. Les Juifs ont reçu la loi écrite par l’intermédiaire de Moïse (#Ro 3:2), et les païens ont les œuvres de la loi écrites dans leur cœur (#Ro 2:15). Les deux groupes sont donc responsables devant Dieu.

toute bouche soit fermée …  coupable. Il est impossible de récuser le verdict de culpabilité que Dieu prononce sur toute la race humaine.

 

20  Car nul ne sera justifié devant lui par les œuvres de la loi, puisque c’est par la loi que vient la connaissance du péché.

œuvres de la loi. Il est impossible d’accomplir parfaitement ce que la loi morale de Dieu exige, ainsi tous les hommes sont maudits du fait de cette incapacité.

par la loi que vient la connaissance du péché. La loi permet de connaître le péché mais ne peut pas sauver.

 

21  Mais maintenant, sans la loi est manifestée la justice de Dieu, à laquelle rendent témoignage la loi et les prophètes,

Mais maintenant. L’apôtre marque un tournant dans son raisonnement. Ayant prouvé que l’homme est incapable d’acquérir la justice par ses propres moyens, il va désormais expliquer en quoi consiste la justice que Dieu lui-même a révélée.

sans la loi. Indépendamment de l’obéissance à toute loi (#Ro 4:15 ; #Ga 2:16 ; #Ga 3:10-11 ; #Ga 5:1-2, #Ga 5:6 ; #Ep 2:8-9 ; cf. #Ph 3:9 ; #2Ti 1:9 ; #Tit 3:5).

justice. Cette justice est unique pour trois raisons.

1° Dieu en est la source (#Esa 45:8).

2° Elle accomplit à la fois le châtiment et les préceptes de la loi de Dieu: la mort de Christ comme substitut paie la faute de ceux qui n’ont pas réussi à respecter la loi de Dieu, et sa parfaite obéissance à chacune des demandes de la loi de Dieu accomplit l’exigence divine d’une justice totale (#2Co 5:21 ; #1Pi 2:24 ; cf. #Hé 9:28).

3° Puisque la justice de Dieu est éternelle (#Ps 119:142 ; #Esa 51:8 ; #Da 9:24), celui qui la reçoit en jouit pour l’éternité.

3:21-5:21 Ayant prouvé de façon concluante l’universalité de la nature pécheresse de l’homme et son besoin de justice (#Ro 1:18-3:20), Paul développe le thème introduit en #Ro 1:17: Dieu, dans sa grâce, a révélé une justice qui vient de lui sur la base de la foi seule (#Ro 3:21-5:21).

 

22  justice de Dieu par la foi en Jésus-Christ pour tous ceux qui croient. Il n’y a point de distinction.

3:22-23

point de distinction …  gloire de Dieu. Ce commentaire en forme de parenthèse explique que Dieu peut accorder sa justice à tous ceux qui croient, qu’ils soient juifs ou païens, car tous les hommes, sans distinction, font malheureusement preuve de la même incapacité à respecter les standards divins.

 

23  Car tous ont péché et sont privés de la gloire de Dieu ;

tous ont péché. Paul en a déjà parlé (#Ro 1:18-3:20).

 

24  et ils sont gratuitement justifiés par sa grâce, par le moyen de la rédemption qui est en Jésus-Christ.

justifiés. Ce verbe et les mots tirés de la même racine grecque (p. ex. justification) sont utilisés environ 30 fois dans Romains, surtout de 2:13 à 5:1. Appartenant au vocabulaire juridique, le verbe vient du mot grec « juste » et signifie « déclarer juste ». Ce verdict signifie le pardon de la culpabilité et du châtiment liés au péché ainsi que l’imputation de la justice de Christ au croyant, de sorte qu’il est désormais au bénéfice de la justice nécessaire à l’homme pour être accepté par Dieu. Si Dieu déclare un pécheur juste, c’est uniquement sur la base des mérites de la justice de Christ. Dieu a transféré le péché du croyant sur Christ lorsqu’il est mort en sacrifice (#Esa 53:4-5 ; #1Pi 2:24), et il transfère sur le croyant la parfaite obéissance de Christ à la loi de Dieu (cf. #Ro 5:19 ; #1Co 1:30 ; ). Le pécheur reçoit ce don de la grâce de Dieu par la foi seule (#Ro 3:22, #Ro 3:25). La sanctification, l’œuvre par laquelle Dieu rend justes ceux qu’il a déjà déclarés justes, est distincte de la justification mais la suit toujours, sans exception (#Ro 8:30).

gratuitement …  par sa grâce. La justification est un don de grâce que Dieu accorde au pécheur repentant et croyant, indépendamment de son mérite ou de ses œuvres.

rédemption. Ce mot grec provient du marché d’esclaves de l’Antiquité. Il désignait le paiement de la rançon visant à obtenir la libération du prisonnier ou de l’esclave. Le seul paiement adéquat pour racheter les pécheurs de l’esclavage du péché et de la punition qu’ils méritent se trouve en Christ (#1Ti 2:5-6 ; #1Pi 1:18-19), et il fut versé pour satisfaire la justice de Dieu.

 

25  C’est lui que Dieu a destiné, par son sang, à être, pour ceux qui croiraient victime propitiatoire, afin de montrer sa justice, parce qu’il avait laissé impunis les péchés commis auparavant, au temps de sa patience, afin, dis-je,

que Dieu a destiné. Ce grand sacrifice ne fut pas accompli en secret: Dieu exposa publiquement son Fils au Calvaire afin que tous le voient.

propitiatoire. Crucial pour le sens du sacrifice de Christ, ce mot transmet l’idée d’apaisement ou de satisfaction. Dans ce dernier cas, la mort violente de Christ a satisfait la sainteté offensée de Dieu et sa colère contre ceux pour lesquels il est mort (#Esa 53:11 ; #Col 2:11-14). L’équivalent hébreu de ce mot désignait le couvercle de l’arche de l’alliance que le souverain sacrificateur aspergeait avec le sang de l’animal sacrifié le jour de l’expiation pour expier les péchés du peuple. Dans les religions païennes, c’est l’adorateur, et non le dieu lui-même, qui est tenu d’apaiser la colère de la divinité offensée. Mais en réalité, sans Christ l’homme est incapable de satisfaire la justice de Dieu, sauf en passant l’éternité en enfer. Cf. #1Jn 2:2.

laissé impunis les péchés. Cela ne signifie pas qu’il y ait été indifférent ou les ait pardonnés. La justice divine exige que chaque péché et chaque pécheur soient punis. Dieu aurait eu le droit de détruire Adam et Ève, et avec eux toute la race humaine, lorsqu’ils ont péché. Mais dans sa bonté et sa patience (voir #Ro 2:4), il a retenu pour un certain temps son jugement (cf. #Ps 78:38-39 ; #Ac 17:30-31 ; #2P 3:9).

 

26  de montrer sa justice dans le temps présent, de manière à être juste tout en justifiant celui qui a la foi en Jésus.

montre ainsi sa justice. Par l’incarnation, la vie sans péché et la mort substitutive de Christ.

juste tout en justifiant. La sagesse du plan de Dieu lui permit de punir Jésus à la place des pécheurs, et par conséquent de justifier les coupables sans compromettre sa justice.

 

27  Où donc est le sujet de se glorifier ? Il est exclu. Par quelle loi ? Par la loi des œuvres ? Non, mais par la loi de la foi.

Où donc est le sujet de se glorifier? Cf. #Ro 4:1-2 ; #1Co 1:26-29.

 

28  Car nous pensons que l’homme est justifié par la foi, sans les œuvres de la loi.

justifié par la foi. Bien que le mot « seule » n’apparaisse pas dans le texte grec, c’est le sens que voulait donner Paul (cf. #Ro 4:3-5).

 

29  Ou bien Dieu est-il seulement le Dieu des Juifs ? Ne l’est-il pas aussi des païens ? Oui, il l’est aussi des païens,

Dieu …  des païens. Il n’y a qu’un seul vrai Dieu (cf. #1Co 8:5-6).

 

30  puisqu’il y a un seul Dieu, qui justifiera par la foi les circoncis, et par la foi les incirconcis.

31  Anéantissons-nous donc la loi par la foi ? Loin de là ! Au contraire, nous confirmons la loi.

Sachant qu’il sera accusé d’antinomisme (opposition à la loi) pour avoir affirmé que l’homme est justifié indépendamment de son respect de la loi, Paul introduit ici la défense qu’il va développer aux ch. #Ro 6 et 7.

par la foi …  nous confirmons la loi. Le salut par grâce et par la foi ne diminue pas la valeur de la loi, mais met en évidence sa réelle importance:

1° en offrant un paiement pour la peine de mort qu’entraîne sa violation;

2° en accomplissant son but originel: servir de tutrice pour révéler la totale incapacité de l’homme à obéir aux justes exigences de Dieu et conduire les hommes à Christ (#Ga 3:24);

3° en rendant les croyants capables de lui obéir (#Ro 8:3-4).

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