L`ASCENSION DE JÉSUS

25/05/2017 10:25

L`ASCENSION DE JÉSUS

 

Actes 1 : 1 ¶  Théophile, j’ai parlé, dans mon premier livre, de tout ce que Jésus a commencé de faire et d’enseigner dès le commencement

mon premier livre. C’est-à-dire l’Evangile de Luc (#Lu 1:1-4 ), qui fait le récit de la vie et de l’enseignement de Jésus, y compris sa mort, sa résurrection et son ascension (#Lu 24:51).

tout ce que Jésus a commencé de faire et d’enseigner. Jésus a enseigné aux disciples, en paroles et en actes, toute la vérité dont ils avaient besoin pour continuer son œuvre. Sur la croix, il a entièrement accompli l’œuvre de la rédemption, mais il n’a fait qu’inaugurer la proclamation de ses conséquences glorieuses.

 

2  jusqu’au jour où il fut enlevé au ciel, après avoir donné ses ordres, par le Saint-Esprit, aux apôtres qu’il avait choisis.

enlevé. Allusion à l’ascension de Christ vers le Père (cf. #Lu 24:51). Luc emploie ce mot à 3 autres reprises (vv. #Ac 1:9, #Ac 1:11, #Ac 1:22) pour décrire la fin du ministère terrestre du Seigneur (cf. #Jn 6:62 ; #Jn 13:13 ; #Jn 16:28 ; #Jn 17:13 ; #Jn 20:17).

donné ses ordres, par le Saint-Esprit. L’Esprit était la source et la puissance du ministère terrestre de Jésus (cf. #Mt 4:1 ; #Mt 12:18 ; #Mr 1:12 ; #Lu 3:22 ; #Lu 4:1, #Lu 4:14, #Lu 4:18). Les « ordres » sont les vérités du N.T. révélées aux apôtres (cf. #Jn 14:26 ; #Jn 16:13-15), qui constituent le fondement de la foi.

il avait choisis. Le Seigneur avait choisi de manière souveraine les apôtres consacrés au service et à la proclamation du salut (cf. #Jn 6:70 ; #Jn 15:16).

 

3  Après qu’il eut souffert, il leur apparut vivant, et leur en donna plusieurs preuves, se montrant à eux pendant quarante jours, et parlant des choses qui concernent le royaume de Dieu.

il leur apparut …  plusieurs preuves. Cf. #Jn 20:30 ; #1Co 15:5-8. Jésus était entré dans une pièce dont la porte était fermée (#Jn 20:19), avait montré les blessures de la crucifixion (#Lu 24:39), puis mangé et bu avec les disciples (#Lu 24:41-43), dans le but de fortifier les apôtres et de leur donner de l’assurance dans la proclamation du message du salut.

quarante jours. La période située entre la résurrection et l’ascension de Jésus, durant laquelle il apparut à différentes occasions aux apôtres et à d’autres disciples (#1Co 15:5-8). Ces apparitions étaient autant de preuves concrètes et convaincantes de sa résurrection.

royaume de Dieu. Cf. #Ac 8:12 ; #Ac 14:22 ; #Ac 19:8 ; #Ac 20:25 ; #Ac 28:23, #Ac 28:31. Ici, cette expression renvoie au domaine du salut et désigne le règne divin sur le cœur des croyants ; cf. #Ac 17:7 ; #Col 1:13-14 ; #Ap 11:15 ; #Ap 12:10). C’était le thème dominant dans tout le ministère terrestre de Christ (cf. #Mt 4:23 ; #Mt 9:35 ; #Mr 1:15 ; #Lu 4:43 ; #Lu 9:2 ; #Jn 3:3-21).

 

4  Comme il se trouvait avec eux, il leur recommanda de ne pas s’éloigner de Jérusalem, mais d’attendre ce que le Père avait promis, ce que je vous ai annoncé, leur dit-il ;

se trouvait avec eux. Ou « mangeait avec eux », interprétation préférable ici (cf. #Ac 10:41 ; #Lu 24:42-43). Le fait que Jésus mangeait constitue une preuve supplémentaire de sa résurrection corporelle.

attendre ce que le Père avait promis. Jésus avait promis à plusieurs reprises que Dieu leur enverrait son Esprit (#Lu 11:13 ; #Lu 24:49 ; #Jn 7:39 ; #Jn 14:16, #Jn 14:26 ; #Jn 15:26 ; #Jn 16:7 ).

 

5  car Jean a baptisé d’eau, mais vous, dans peu de jours, vous serez baptisés du Saint-Esprit.

dans peu de jours. La promesse de Dieu s’accomplirait seulement dix jours plus tard, lors de la Pentecôte.

baptisés du Saint-Esprit. Les apôtres durent attendre jusqu’au jour de la Pentecôte, mais depuis lors, tous les croyants reçoivent le baptême du Saint-Esprit au moment du salut ;  cf. #Ro 8:9 ; #1Co 6:19-20 ; #Tit 3:5-6).

 

6 ¶  Alors les apôtres réunis lui demandèrent : Seigneur, est-ce en ce temps que tu rétabliras le royaume d’Israël ?

rétabliras le royaume d’Israël. Les apôtres croyaient toujours que le royaume terrestre du Messie allait se manifester bientôt sous la forme d’une restauration du royaume d’Israël (cf. #Lu 19:11 ; #Lu 24:21). Ils savaient aussi qu’#Ez 36 et #Joe 2 établissaient un lien entre l’instauration du royaume et la venue de l’Esprit promis par Jésus.

 

7  Il leur répondit : Ce n’est pas à vous de connaître les temps ou les moments que le Père a fixés de sa propre autorité.

Ce v. montre que l’attitude des apôtres  leur attente d’un royaume terrestre au sens littéral du terme - était parfaitement conforme à l’enseignement de Christ et aux prédictions de l’A.T. Dans le cas contraire, il n’aurait pas manqué de corriger une erreur concernant un aspect aussi crucial de son enseignement.

les temps ou les moments. Ces deux noms renvoient aux caractéristiques, aux époques et aux événements qui composeront le règne de Christ dans son royaume, lequel débutera au moment de sa seconde venue (#Mt 25:21-34). Cependant, le moment exact de ce retour n’est pas révélé (#Mr 13:32 ; cf. #De 29:29).

 

8  Mais vous recevrez une puissance, le Saint-Esprit survenant sur vous, et vous serez mes témoins à Jérusalem, dans toute la Judée, dans la Samarie, et jusqu’aux extrémités de la terre.

La raison principale pour laquelle les apôtres reçurent la puissance du Saint-Esprit résidait dans leur mission d’annoncer l’Evangile. Cet événement a bouleversé le cours de l’histoire du monde et le message de l’Evangile a fini par atteindre toutes les régions de la terre (#Mt 28:19-20).

recevrez une puissance. Les apôtres avaient déjà connu la puissance du Saint-Esprit dans son ministère consistant à sauver, guider, enseigner et accomplir des miracles. Ils allaient bientôt accueillir sa présence en eux et bénéficieraient d’une dimension nouvelle de sa puissance en vue du témoignage.

témoins. Désigne tous ceux qui annoncent la vérité concernant Jésus-Christ (cf. #Jn 14:26 ; #1Pi 3:15). Le terme grec a donné le mot français « martyr », car les chrétiens ont souvent dû payer le prix fort pour avoir témoigné de leur appartenance à Christ.

Judée. La région où se trouvait Jérusalem.

Samarie. La région voisine de la Judée, au nord.

 

9  Après avoir dit cela, il fut élevé pendant qu’ils le regardaient, et une nuée le déroba à leurs yeux.

élevé. Dieu le Père a enlevé Jésus de cette terre, dans son corps ressuscité, et l’a conduit à sa place légitime, à sa droite (#Lu 24:51 ; cf. #Ac 2:33 ; #Jn 17:1-6).

une nuée. Un signe visible de la présence de la gloire de Dieu alors que les apôtres assistaient à l’ascension de Jésus. Certains d’entre eux avaient déjà été témoins d’une telle manifestation de la gloire divine (#Mr 9:26); des nuées accompagneront encore Jésus, plus tard (#Mr 13:26 ; #Mr 14:62 ; ).

 

10  Et comme ils avaient les regards fixés vers le ciel pendant qu’il s’en allait, voici, deux hommes vêtus de blanc leur apparurent,

deux hommes vêtus de blanc. Deux anges sous forme humaine (cf. #Ge 18:2 ; #Jos 5:13-15 ; #Mr 16:5).

 

11  et dirent : Hommes Galiléens, pourquoi vous arrêtez-vous à regarder au ciel ? Ce Jésus, qui a été enlevé au ciel du milieu de vous, viendra de la même manière que vous l’avez vu allant au ciel.

Hommes Galiléens. Tous les apôtres étaient originaires de Galilée, excepté Judas, qui s’était déjà donné la mort (cf. v. #Ac 1:18).

de la même manière. Christ reviendra un jour sur la terre (sur le mont des Oliviers), de la même manière qu’il est monté au ciel (entouré de nuées), afin d’établir son royaume (cf. #Da 7:13 ; #Za 14:4 ; #Mt 24:30 ; #Mt 26:64 ; #Ap 1:7 ; #Ap 14:14).

 

12 ¶  Alors ils retournèrent à Jérusalem, de la montagne appelée des oliviers, qui est près de Jérusalem, à la distance d’un chemin de sabbat.

la montagne …  des Oliviers. Colline située par-delà la vallée du Cédron, à l’est de Jérusalem. C’est depuis cette colline imposante, qui s’élève à plus de 600 m au-dessus de la ville, que Jésus monta au ciel (#Lu 24:50-51).

un chemin de sabbat. Environ 1 km (2000 coudées). Il correspondait à la distance maximale qu’un Juif pieux pouvait parcourir le jour du sabbat tout en respectant le commandement d’#Ex 16:29. Cette longueur avait été fixée par la tradition sur la base des campements d’Israël dans le désert. Les tentes les plus éloignées, situées sur le périmètre du camp, se trouvaient à 2000 coudées du centre, occupé par la tente d’assignation. Ainsi, le jour du sabbat, personne n’avait à marcher sur une distance plus longue pour se rendre au tabernacle (#Jos 3:4 ; cf. #No 35:5).

 

Luc 24 : 50 ¶  Il les conduisit jusque vers Béthanie, et, ayant levé les mains, il les bénit.

51  Pendant qu’il les bénissait, il se sépara d’eux, et fut enlevé au ciel.

De manière visible. En d’autres occasions avant ce départ, le Christ ressuscité disparaissait simplement de devant leurs yeux (v. #Lu 24:31). Cette fois-là, ils le virent monter au ciel. Cf. #Ac 1:9-11.

 

52  Pour eux, après l’avoir adoré, ils retournèrent à Jérusalem avec une grande joie ;

après l’avoir adoré. C’est-à-dire dans un acte formel d’adoration. Maintenant qu’il avait ouvert leur entendement, ils pouvaient appréhender la pleine vérité de sa divinité, sans qu’elle soit obscurcie à leurs yeux par le doute ou la confusion. Cf. #Mt 28:9 ; #Jn 20:28 ; contraster avec  #Mt 28:17.

 

53  et ils étaient continuellement dans le temple, louant et bénissant Dieu.

L'Ascension de Jésus

Quelques éléments de réflexion pour mieux comprendre et interpréter l'événement de l'Ascension de Jésus...

 Luc est le seul auteur du Nouveau Testament à nous raconter l'Ascension de Jésus Christ. L'évangile selon Matthieu s'achève abruptement en Galilée où Jésus envoie ses disciples baptiser par toute la terre, en leur promettant d'être avec eux jusqu'à la fin des siècles (Mt 28,16-20). Jean termine également son évangile sur les bords du Lac de Galilée après que Jésus eut notamment annoncé à Pierre la tâche pastorale qui l’attendait (Jn 21,15-23). Ni l'un ni l'autre ne parlent d'ascension. Seule la finale de Marc le fait, mais très succinctement : « Le Seigneur Jésus fut enlevé au ciel et s'assit à la droite de Dieu » (Mc 16,19).

 

Luc, quant à lui, nous a laissé deux récits de l'Ascension : l'un, assez bref, à la fin de son évangile, en conclusion à la journée pascale (Lc 24, 50-53), l'autre, un peu plus développé, au début des Actes (Ac 1,1-11), ce second récit étant en lien étroit avec celui nous rapportant l’événement de la Pentecôte que Luc est d’ailleurs aussi le seul à nous restituer dans le détail (Ac 2,1-13), les évangélistes n’y faisant que de très brèves allusions.

On voit donc facilement que ces deux événements, l’Ascension et la Pentecôte n’occupent, dans le Nouveau Testament, que peu de place par rapport, par exemple, aux récits de la passion et de la résurrection. Mais leur importance n’en est pas moins considérable.

Dans les Actes, Luc nous présente l'Ascension sous forme d’un récit dans lequel il utilise un langage à la fois symbolique et théologique.

Un langage symbolique tout d’abord : dans un univers que l'on imagine alors à trois étages (le ciel, la terre et les enfers), entrer dans le monde de Dieu ne peut se dire qu'en termes d'élévation. C'est là un langage imagé que nous employons encore spontanément quand nous disons, par exemple, que quelqu'un « s'élève » dans l'échelle sociale lorsqu'il reçoit de nouvelles responsabilités. Il s'agit donc d'une façon symbolique de s'exprimer qu'il ne faut pas prendre forcément le récit au pied de la lettre.

Mais ce langage utilisé par Luc symbolique possède aussi une coloration théologique : c'est dans ce monde « d'en-haut », c'est-à-dire de Dieu, que Jésus s’élève lors de l’Ascension. Et l'on comprend alors pourquoi, dans un tel contexte, on parle d’exaltation dans la gloire de Dieu ou de résurrection.

La « nuée » dont il est question dans le récit des Actes (Ac 1,9), ne fait que renforcer ce thème car, dans la Bible, la nuée est le signe visible de la présence de Dieu – ainsi, par exemple, avec Moïse lors du passage de la mer, au Sinaï (Ex 13,21). Si la Nuée dérobe Jésus au regard des hommes, c'est dire qu'il est entré dans le monde de Dieu, qu'il cesse avec nous un certain mode de présence, charnelle, visible, pour en inaugurer un autre, spirituelle.

Langage symbolique et langage théologique se rejoignent pour exprimer une même réalité, mais en insistant sur des aspects différents en même temps que complémentaires.

 

Une tradition littéraire

Pour bien comprendre ce récit de l’Ascension, il faut par ailleurs tenir compte du fait que tout auteur écrit dans une tradition littéraire par rapport à laquelle il se situe. Or, l'Ancien Testament mentionne deux ascensions : celle d'Hénoch (Gn 5,24) et celle d'Élie enlevé sur un char de feu (2 R 2,1-11). Peut-être pouvons-nous penser aussi au Serviteur de Dieu qui doit « s'élever » après avoir été retranché de la terre (Is 52,13 – 53,8).

Ce thème est repris abondamment dans la littérature juive contemporaine du Nouveau Testament, dans les Apocalypses ou Révélations où l’on précise qu’après Hénoch, Moïse, Baruch, et Esdras, sont enlevés au ciel en étant qualifiés de « porte-paroles de Dieu ».

Les évangélistes ont toujours aimé comparer Jésus aux grandes figures du judaïsme, mais Luc, ici, est allé un peu plus loin que les autres : il nous décrit le départ de Jésus sans se contenter, comme les autres évangélistes, d'affirmer succinctement l'exaltation du Christ dans la gloire divine.

 

Ascension et enseignement

Le récit de Luc est assez étonnant. Au début, d’un repas Jésus recommande à ses apôtres de ne pas quitter Jérusalem et d’y attendre le baptême dans l’Esprit Saint (Ac 1,4-5.8). Puis, brutalement, après avoir donné ses dernières instructions à ses apôtres, Jésus disparaît « dans la nuée » (Ac 1,9). Jésus et les apôtres sont donc dehors à ce moment. Et l'on apprend enfin que cela s’est passé au mont des Oliviers (Ac 1,12).

On voit bien que Luc a surtout voulu mettre en lumière la continuité qu’on peut facilement observer entre l'enseignement de Jésus, la mission qu'il donne aux siens et son Ascension finale. Tout cela avant le don de l’Esprit Saint lors de la Pentecôte.

Dans les Actes, Luc a préféré étaler dans le temps sur quarante jours (Ac 1,3) ces événements de la résurrection de Jésus puis de son Ascension. Mais lui-même n'était pas dupe de son procédé pédagogique puisqu'il peut, sans problème, situer le même événement le soir de Paques, dans son évangile (Lc 24,50-53).

Remarquons que cette notation de 40 jours porte surtout sur la durée de l'enseignement de Jésus à ses apôtres. Dans la Bible et la tradition juive, ce nombre – 40 – désigne souvent le temps d'une révélation comme l’indique clairement, par exemple, les 40 jours de Moïse au Sinaï (Ex 24,18) ou d'Élie à l’Horeb (1 R 19,8). « Quarante », c'est le temps de la vision et de la préparation par le jeûne. On peut penser que Luc a également voulu établir un parallèle entre Jésus et son Église : comme lui-même s'était préparé à sa mission par les 40 jours dans le désert lors de ses tentations (Lc 4,1-2), de même à son tour il prépare son Église par ces 40 jours où il les entretient du Royaume de Dieu.

 

L’achèvement du mystère pascal

L'Ascension est également, dans les Actes, l’achèvement du mystère pascal : par deux fois les anges reprennent le verbe qui scande l'évangile de Luc, celui de « monter ». Tout au long de l’évangile de Luc, Jésus « monte » vers Jérusalem, vers son « enlèvement » (Lc 9,51), c'est-à-dire vers sa mort et son exaltation. Les anges sont ainsi chargés d'attester que Jésus est bien arrivé au terme de sa montée : il est dans la gloire du Père.

Le récit des Actes est donc résolument tourné vers l'avenir : si Jésus cesse avec ses disciples un certain type de présence, ce n'est pas pour les laisser orphelins, mais pour être présent avec eux d'une façon plus spirituelle. Par son Esprit, il continuera désormais à les animer pour qu'ils achèvent sa mission qu'il lisait lui-même dans les Écritures : « Qu'on prêche en son nom la conversion et le pardon des péchés à toutes les nations, à commencer par Jérusalem » (Lc 24, 45-47).

 

Quand vas-tu rétablir le Royaume d’Israël ?

Un autre point est à souligner dans ce récit. Il s’agit de cette question posée par les Apôtres : « Seigneur, est-ce maintenant le temps où tu vas rétablir le royaume pour Israël ? » (Ac 1,6). Cette question montre que les apôtres n'ont pas encore compris à ce moment le sens de la mission de Jésus, de sa mort et de sa résurrection. Ils en sont encore à l'espérance messianique juive d'une restauration nationale, d'un royaume terrestre.

Or, étonnamment, Jésus n'a l'air ni déçu ni fâché. Il ne leur reproche pas cet aveuglement car il sait en réalité que tout s’éclairera pour eux lorsqu’ils auront reçu l'Esprit Saint lors de la Pentecôte, et, dans cette même confiance, Jésus voit très loin, jusqu'aux confins de la terre.

 

Mission des disciples et venue du Christ

C'est dans cette perspective qu'il faut comprendre ce récit de l’Ascension dans les Actes des Apôtres : « Jésus viendra de la même manière que vous l'avez vu s'élever vers le ciel ». Les apôtres l'ont vu s'élever en prononçant des paroles de mission, mettant le point final à son enseignement en les invitant à témoigner à leur tour : « Pourquoi restez-vous à regarder vers le ciel ? ». L'erreur des disciples serait de rester passivement à observer le ciel maintenant vide. Ils sont explicitement invités à aller par toute la terre pour être les témoins de Jésus-Christ et les porteurs de sa Parole. Exigence missionnaire qui leur sera encore rappelée lors de la Pentecôte.

L’enseignement fondamental de l'événement de l’Ascension est donc certes, d’une part, que Jésus est exalté dans la gloire de Dieu et établi comme Seigneur à ses côtés, et cet aspect essentiel comporte une constatation « visible » : c'est que désormais Jésus est invisible : Jésus a cessé le mode de présence vécu pendant une trentaine d'années pour en inaugurer un autre. Mais, d’autre part, ce récit indique clairement aussi que c'est maintenant le temps de la mission animée par l'Esprit de Jésus, exigence à laquelle nul de ses disciples ne peut se soustraire.

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