L`ÉPÎTRE DE PAUL AUX ROMAINS

29/12/2013 18:29
L`ÉPÎTRE DE PAUL AUX ROMAINS

 

56 après Jésus-Christ
 
 
      L’épître porte le nom de ses premiers destinataires: les membres de l’Eglise de Rome, capitale de l’Empire romain (#Ro 1:7). 
 
Auteur et date 
 
       Personne ne conteste le fait que l’apôtre Paul écrivit l’épître aux Romains. Comme son homonyme, le premier roi d’Israël (Saul est le prénom hébreu de Paul; Paul est un prénom grec), Paul était de la tribu de Benjamin (#Ph 3:5). Il était aussi un citoyen romain (#Ac 16: 37 ; #Ac 22: 25). Né à peu près à la même époque que Jésus à Tarse (#Ac 9:11), une ville importante (#Ac 21: 39) de la province romaine de Cilicie située en Asie Mineure (la Turquie d’aujourd’hui), il passa la majeure partie de sa jeunesse à Jérusalem, étudiant auprès du célèbre rabbin Gamaliel (#Ac 22: 3). Comme son père avant lui, Paul faisait partie des pharisiens (#Ac 23: 6), le parti juif le plus strict de l’époque (cf. #Ph 3:5). 
 
       Dès sa conversion miraculeuse, survenue alors qu’il faisait route vers Damas pour arrêter les chrétiens de cette ville (environ 33-34 apr. J.-C.), Paul se mit à proclamer le message de l’Evangile (#Ac 9:20). Après avoir échappé de justesse à un guet-apens à Damas (#Ac 9:23-25 ; #2Co 11:32-33), il partit trois ans en Arabie, au sud et à l’est de la mer Morte (#Ga 1:17-18). C’est pendant cette période qu’il reçut l’essentiel de sa doctrine sous la forme d’une révélation directe du Seigneur (#Ga 1:11-12). 
      Plus que tout autre individu, Paul fut l’artisan de l’expansion du christianisme au sein de l’Empire romain. Il entreprit trois voyages missionnaires autour du bassin méditerranéen, prêchant inlassablement l’Evangile qu’il avait autrefois tenté de réduire à néant (#Ac 26:9). De retour à Jérusalem pour confier à l’Eglise une offrande destinée aux pauvres, il fut faussement accusé par certains Juifs (#Ac 21:27-29), sauvagement brutalisé par une foule en colère (#Ac 21:30-31) et arrêté par les Romains. Ni Hérode Agrippa ni deux gouverneurs romains, Félix et Festus, ne jugèrent Paul coupable de crime, mais, sous la pression des autorités juives, ils le maintinrent sous les verrous. Au terme de deux ans d’emprisonnement, l’apôtre usa de son droit de citoyen romain et fit appel auprès de l’empereur. Après un voyage éprouvant au cours duquel se déchaîna quinze jours durant une violente tempête qui provoqua le naufrage du navire sur lequel il se trouvait, l’apôtre atteignit finalement Rome (#Ac 27:1-28:2). Relâché pour une brève période au cours de laquelle il continua d’exercer son ministère, Paul fut ensuite de nouveau arrêté, et il subit le martyre à Rome vers 65-67 apr. J.-C. (cf. #2Ti 4:6). 
 
       L’apparence physique de Paul n’était pas particulièrement impressionnante (cf. #2Co 10:10 ; #Ga 4:14), mais il possédait la force intérieure que le Saint-Esprit accorde (#Ph 4:13). La grâce de Dieu suffisait pour tous ses besoins (#2Co 12:9-10), rendant ce noble serviteur de Christ capable d’achever avec succès sa course spirituelle (#2Ti 4:7). 
 
       Paul écrivit aux Romains depuis Corinthe, comme l’indiquent les allusions à Phœbé (#Ro 16: 1, Cenchrées était le port de Corinthe), à Gaïus (#Ro 16: 23) et à Eraste (#Ro 16: 23), tous associés à cette ville. L’apôtre rédigea cette lettre vers la fin de son troisième voyage missionnaire (probablement en 56 apr. J.-C.) alors qu’il se préparait à apporter un don aux croyants de l’Eglise de Jérusalem dans le besoin. Phœbé se vit confier la grande responsabilité d’amener l’épître aux chrétiens de Rome (#Ro 16:1-2). 
 
Contexte et arrière-plan 
 
       Rome était la capitale et la ville la plus importante de l’Empire romain. Fondée en 753 av. J.-C., elle n’est pas mentionnée dans l’Ecriture avant la période du N.T. Rome se situe le long du Tibre, à un peu plus d’une vingtaine de kilomètres de la Méditerranée. Avant que ne soit construit un port artificiel près d’Ostie, le port principal de Rome, Pouzzoles, se situait à près de 240 kilomètres de la ville. Du temps de Paul, la ville comptait plus d’un million d’individus, y compris de nombreux esclaves. Rome était fière de ses bâtiments magnifiques: le palais de l’empereur, le cirque Maxime et le forum. Mais sa beauté était ternie par ses nombreux bidonvilles. La tradition veut que Paul ait connu le martyre à l’extérieur de Rome, sur le chemin d’Ostie, pendant le règne de Néron (apr. J.-C.). 
 
       C’étaient probablement des Juifs convertis lors de la Pentecôte qui avaient fondé l’Eglise de Rome (cf. #Ac 2:10). Paul avait longtemps souhaité leur rendre visite mais en avait été empêché (#Ro 1:13). C’est grâce à cet empêchement providentiel que le monde possède un chef-d’œuvre de la doctrine chrétienne. 
 
       Paul avait pour objectif principal d’enseigner les grandes vérités de l’Evangile de la grâce aux croyants qui n’avaient jamais reçu d’enseignement apostolique. Cette lettre lui donnait l’occasion de se présenter à l’Eglise, qui ne le connaissait pas. Or il souhaitait lui rendre visite pour différentes raisons: pour édifier les croyants (#Ro 1:11), pour prêcher l’Evangile (#Ro 1:15) et pour faire la connaissance de chrétiens romains afin qu’ils puissent l’encourager (#Ro 1:12 ; #Ro 15: 32), mieux prier pour lui (#Ro 15: 30) et l’aider pour le ministère qu’il désirait accomplir en Espagne (#Ro 15: 28). 
 
       Contrairement à plusieurs autres de ses épîtres (p. ex. 1 et 2 Corinthiens, Galates), Paul n’avait pas à corriger des conceptions théologiques aberrantes ni à réprimander les croyants pour leur comportement impie. L’Eglise de Rome était doctrinalement saine, mais comme toute Eglise, elle avait besoin de la richesse doctrinale et morale dont cette lettre était porteuse. 
            
 
Thèmes historiques et théologiques 
 
      Etant principalement un exposé doctrinal, l’épître aux Romains contient peu d’éléments historiques. Paul illustre ses propos avec des personnages familiers de l’A.T. comme Abraham (ch. #Ro 4), David (#Ro 4:6-8), Adam (#Ro 5:12-21), Sara (#Ro 9:9) Rebecca (#Ro 9:10), Jacob et Esaü (#Ro 9:10-13) ainsi que Pharaon (#Ro 9:17). Il rappelle aussi certains événements de l’histoire d’Israël (ch. #Ro 9:1-11:2). Le chapitre 16 nous laisse entrevoir la nature et le caractère de l’Eglise du Ier siècle et de ses membres. 
 
       Le thème général de Romains est la justice qui vient de Dieu, la vérité glorieuse qui affirme que Dieu justifie par la grâce seule, au moyen de la foi en Christ seul, les pécheurs coupables et condamnés. Les chapitres 1 à 11 présentent les vérités centrales de cette doctrine alors que les chapitres 12 à 16 en détaillent les applications concrètes dans la vie des croyants et celle de l’Eglise. On y trouve des sujets théologiques particuliers, comme les principes du comportement spirituel (#Ro 1:8-15), la colère de Dieu contre l’humanité déchue (#Ro 1:18-32), les principes du jugement divin (#Ro 2:1-16), l’universalité du péché (#Ro 3:9-20), une présentation et une défense de la justification par la foi seule (#Ro 3:21-4:25), l’assurance du salut (#Ro 5:1-11), la conséquence universelle du péché d’Adam (#Ro 5:12-21), la sanctification (ch. #Ro 6-8), la souveraineté de l’élection (ch. #Ro 9), le plan de Dieu pour Israël (ch. #Ro 11), les dons spirituels et les instructions concrètes de piété (ch. #Ro 12), la responsabilité du croyant devant le gouvernement des hommes (ch. #Ro 13) et les principes de la liberté chrétienne (#Ro 14:1-15:12). 
 
Questions d’interprétation 
 
      En tant qu’exposé doctrinal central du N.T., l’épître aux Romains contient naturellement un certain nombre de passages difficiles. Le développement de Paul sur la perpétuation du péché d’Adam (#Ro 5:12-21) est l’un des textes théologiques les plus profonds de toute l’Ecriture. La nature de l’union de l’humanité en Adam et la manière dont son péché s’est reporté sur la race humaine ont toujours été le sujet de débats intenses. Les commentateurs de l’Ecriture ne sont pas unanimes sur le passage de 7:7-25. S’agit-il de l’expérience de Paul en tant que croyant, en tant que non-croyant, ou bien est-ce une rhétorique littéraire qui n’a aucune prétention autobiographique? Les doctrines de l’élection (#Ro 8:28-30) et de la souveraineté de Dieu (#Ro 9:6-29), très proches l’une de l’autre, ont troublé de nombreux chrétiens. Certains se demandent si les chapitres 9-11 enseignent que Dieu a un plan futur pour la nation d’Israël. Plusieurs ont rejeté la soumission du croyant à l’autorité civile (#Ro 13:1-7) au nom de l’activisme chrétien, alors que d’autres l’ont utilisée pour défendre une obéissance aveugle à un régime totalitaire. Toutes ces questions sont abordées dans les notes des passages concernés. 
 
Plan 
 
I. Salutations et introduction (1:1-15)
II. Thème (1:16-17)
III. Condamnation: notre besoin de la justice de Dieu (1:18-3:20)
 
A. La culpabilité des non-Juifs (1:18-32)
B. La culpabilité des Juifs (2:1-3:8)
C. La culpabilité de l’humanité (3:9-20)
 
IV. Justification: les ressources de la justice de Dieu (3:21-5:21)
 
A. La source de la justice (3:21-31)
B. Des exemples de justice (4:1-25)
C. Les bénédictions de la justice (5:1-11)
D. L’imputation de la justice (5:12-21)
 
V. Sanctification: la démonstration de la justice de Dieu (6:1-8:39)
VI. Restauration: l’accueil d’Israël à la justice de Dieu (9:1-11:36)
VII. Application: le comportement conforme à la justice de Dieu (12:1-15:13)
VIII. Conclusion, salutations et bénédiction (15:14-16:27)
 
 

 

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