LA PREMIÈRE ÉPÎTRE DE PAUL AUX CORINTHIENS 55 après Jésus-Christ

29/12/2013 18:23
LA PREMIÈRE ÉPÎTRE DE PAUL AUX CORINTHIENS

 

55 après Jésus-Christ
 
 

 

      A l’exception des épîtres pastorales  Timothée, Tite et Philémon - toutes les lettres de Paul portent le nom de la ville où se trouvait l’Eglise destinataire. C’est le cas de celle-ci, envoyée à Corinthe. 
 
Auteur et date 
 
       Comme le premier verset l’indique, l’apôtre Paul est l’auteur de cette lettre, et sa paternité ne peut être sérieusement remise en question. Elle a été universellement acceptée par l’Eglise dès le Ier siècle, époque de la rédaction. Les indices internes et externes plaident du reste dans ce sens: l’apôtre lui-même affirme avoir écrit cette épître (#1Co 1:1, #1Co 1:13 ; #1Co 3:4-6 ; #1Co 4:15 ; #1Co 16:21), et Clément de Rome la reconnaît comme authentique dès l’an 95 apr. J.-C., lorsqu’il écrit lui-même aux Corinthiens. D’autres Pères de l’Eglise ont cité Paul comme étant l’auteur, notamment Ignace (environ 110 apr. J.-C.), Polycarpe (environ 135 apr. J.-C.) et Tertullien (environ 200 apr. J.-C.). 
 
       Cette épître a très probablement été écrite dans la première moitié de l’an 55 apr. J.-C., de la ville d’Ephèse (#1Co 16:8, #1Co 16:9, #1Co 16:19), alors que Paul en était à son troisième voyage missionnaire. L’apôtre prévoyait de prolonger son séjour de trois ans à Ephèse (#Ac 20:31) jusqu’à la Pentecôte, en mai/juin 55 apr. J.-C. (#1Co 16:8). Il espérait passer ensuite l’hiver (apr. J.-C.) à Corinthe (#1Co 16:6 ; #Ac 20:2), et il anticipait son départ pour cette ville alors même qu’il composait sa lettre (#1Co 4:19 ; #1Co 11:34 ; #1Co 16:8). 
 
Contexte et arrière-plan 
 
La ville de Corinthe se situe au sud de la Grèce, dans la province romaine d’Achaïe, à plus de 80 km à l’ouest d’Athènes. Cette partie basse, le Péloponnèse, est reliée au reste de la Grèce par un isthme de plus de 6 km de large, bordé à l’est par le golfe de Saronique et à l’ouest par le golfe de Corinthe. La ville se situe vers le centre de cet isthme et occupe une position dominante, sur un plateau. De nombreux siècles durant, elle a vu circuler tout le trafic terrestre nord-sud de cette région. Les bateaux devaient contourner le Péloponnèse sur un parcours de près de 400 km qui était long et dangereux. Nombreux étaient donc les capitaines qui faisaient transiter leurs bateaux au-dessus de cet isthme, sur des rouleaux de bois, juste derrière Corinthe. La ville a grandement profité de cet important commerce, non seulement avec l’ensemble de la Grèce mais encore avec bien des régions de la Méditerranée, y compris l’Afrique du Nord, l’Italie et l’Asie Mineure. Au Ier siècle apr. J.-C., l’empereur Néron entreprit la percée d’un canal pour faciliter la traversée de l’isthme, mais il ne fut terminé qu’à la fin du XIXe siècle. 
 
       La ville de Corinthe avait la charge des jeux isthmiques, l’une des deux célèbres compétitions d’athlétisme de l’Antiquité (l’autre étant les jeux olympiques). C’était l’occasion d’une grande affluence. Même du point de vue de la moralité païenne de son temps, Corinthe était si corrompue que son propre nom était devenu synonyme de débauche et de dépravation morale. « Corinthiser », c’était faire preuve d’une immoralité particulièrement dégradante associée à la débauche et à l’ivrognerie. En #1Co 6:9-10, Paul dresse la liste de péchés spécifiques que l’on trouvait dans la ville et qui avaient caractérisé bon nombre des membres de cette Eglise. Il est tragique de constater que certains de ces péchés étaient toujours présents dans la vie des croyants. L’un d’eux, l’inceste, était condamné par la plupart des païens (#1Co 5:1). 
 
       Comme la plupart des villes grecques de l’Antiquité, Corinthe avait son acropole (« ville haute ») dressée à plus de 600 mètres et qui servait à la fois de citadelle militaire et de lieu de culte. Son édifice principal était le temple dédié à Aphrodite, déesse grecque de l’amour. Près de mille prêtresses (prostituées « religieuses ») vivaient et travaillaient sur le site, descendant en ville le soir pour offrir leurs services aux citoyens et visiteurs étrangers. 
 
       C’était Paul qui avait fondé l’Eglise de Corinthe lors de son deuxième voyage missionnaire (#Ac 18:1ss). Fidèle à son habitude, il avait prêché dans la synagogue, aidé de deux croyants d’origine juive, Priscille et Aquilas, chez qui il avait logé quelque temps et qui exerçaient le même métier que lui. Peu après, Silas et Timothée les avaient rejoints, et il s’était alors pleinement consacré à la prédication dans la synagogue. Lorsque la plupart des Juifs manifestèrent leur résistance à l’Evangile, il quitta la synagogue, mais pas avant que son responsable, Crispus, sa famille et bien d’autres Corinthiens ne se soient convertis (#Ac 18:5-8). 
 
     Après un ministère de plus d’un an et demi (#Ac 18:11), Paul eut à comparaître devant le tribunal romain, à l’instigation de quelques responsables juifs. Mais puisque les accusations étaient strictement religieuses et ne relevaient pas de l’ordre civil, le proconsul Gallion mit fin aux poursuites. Peu après, Paul partit pour Ephèse, accompagné de Priscille et Aquilas, avant de rejoindre Israël (vv. #1Co 1:18-22). 
 
       Incapable de rompre complètement avec sa culture d’origine, l’Eglise de Corinthe était extrêmement divisée, ce qui montrait son immaturité et son caractère charnel. Après qu’Apollos, un homme compétent, eut exercé quelque temps son ministère, certains de ses partisans formèrent un groupe à part, aux contacts limités avec le reste de l’Eglise. Un autre groupe loyal à Paul se mit en place, pendant qu’un autre affichait une allégeance particulière envers Pierre (Céphas). D’autres encore s’en référaient uniquement à Christ (voir #1Co 1:10-13 ; #1Co 3:1-9). 
 
       Le problème le plus important de l’Eglise de Corinthe était son attachement au monde, son refus de se distinguer de la société environnante. La plupart des croyants ne parvenaient pas à renoncer vraiment à leur ancienne manière de vivre, immorale, égoïste et païenne. C’était au point que Paul dut leur écrire afin de corriger cette tendance et d’encourager les chrétiens fidèles, non seulement à rompre leur communion avec les membres désobéissants qui refusaient de se repentir, mais encore à les renvoyer de l’Eglise (#1Co 5:9-13). 
 
       Avant d’écrire cette lettre sous l’inspiration de l’Esprit, Paul avait envoyé un courrier (voir #1Co 5:9) qui cherchait aussi à corriger ces problèmes. Jamais découverte, cette lettre a été nommée « l’épître perdue ». L’apôtre a encore écrit un autre courrier, non canonique, après 1 Corinthiens; on l’appelle habituellement la « lettre sévère » (cf. #2Co 2:4). 
 
Thèmes historiques et théologiques 
 
     Si cette correspondance vise avant tout un changement de comportement des Corinthiens, elle n’en demeure pas moins riche en matériau doctrinal. Paul y délivre des enseignements fondamentaux sur de nombreuses vérités liées au péché et à la justice. D’une manière ou d’une autre, une façon erronée de vivre naît toujours d’une croyance erronée. Les péchés d’ordre sexuel, y compris le divorce, sont inévitablement liés à un écart par rapport au plan de Dieu pour le mariage et la famille (#1Co 7:1-40). Il faut comprendre la sainteté de Dieu (#1Co 3:17), l’identité spirituelle de l’Eglise (#1Co 12:12-27) et la nécessité d’une cène prise dans la pureté (#1Co 11:17-34) pour pouvoir adorer de façon appropriée. Pour s’édifier fidèlement et de façon efficace, l’Eglise a besoin que les croyants comprennent et exercent leurs dons spirituels (#1Co 12:1-14:40). La doctrine de la résurrection ne saurait être sous-estimée, car s’il n’y a pas de résurrection des morts, alors Christ n’est pas ressuscité, et si Christ n’est pas ressuscité, alors la prédication de l’Evangile est vide, tout comme la foi chrétienne (#1Co 15:13-14). 
 
       Outre ces thèmes, Paul traite brièvement du jugement des croyants, dont une juste compréhension motive le croyant à vivre pieusement (voir #1Co 3:13-15). Une conception correcte des idoles et des faux dieux devait aider les chrétiens immatures à mûrir leur perspective sur les viandes sacrifiées aux idoles (#1Co 8:1-11:1). Il était nécessaire de bien comprendre et exprimer un amour authentique pour utiliser les dons spirituels, ainsi que pour avoir une connaissance adéquate des choses de Dieu (#1Co 13:1-13). 
 
       Ainsi Paul traite de la croix, de la sagesse divine et de la sagesse humaine, de l’œuvre de l’Esprit dans l’illumination, de la vie charnelle, des récompenses éternelles, de la transformation liée au salut, de la sanctification, de la nature de Christ, de notre union avec lui, du rôle des femmes, du mariage et du divorce, du baptême, de la présence et des dons de l’Esprit, de l’unité de l’Eglise, de la théologie de l’amour et de la doctrine de la résurrection. Toutes ces vérités établissent le fondement nécessaire à un comportement chrétien. 
 
Questions d’interprétation 
 
    La question la plus controversée est de loin celle des dons spirituels, traités aux chapitres 12 et 14, en particulier le don des miracles et celui du parler en langues. Beaucoup croient en la permanence de tous les dons. Ainsi, pour eux, le parler en langues cessera en même temps que la prophétie et la connaissance (#1Co 13:8), c’est-à-dire à l’avènement du « parfait » (v. #1Co 1:10). Ils estiment par ailleurs devoir exercer ces dons extraordinaires avec la même puissance que les apôtres. D’autres pensent que les dons miraculeux ont cessé. Cette controverse sera traitée dans les notes des chapitres 12 à 14. 
 
       La question du divorce trouble plusieurs. Le chapitre 7 s’attaque à ce sujet, mais il faut beaucoup de soin dans l’interprétation pour aboutir à une doctrine biblique cohérente là-dessus. 
 
       Les défenseurs de l’universalisme (l’idée que tous les hommes seront sauvés) utilisent 15:22 pour soutenir leur perspective: comme tout être humain est mort spirituellement à cause du péché d’Adam, tous seront sauvés par la justice de Christ. Une note sur ce verset répondra à cette affirmation. 
 
       Dans le même chapitre, l’expression obscure « baptiser pour les morts » (v. #1Co 1:29) est parfois utilisée pour soutenir qu’un mort peut être sauvé si un chrétien en vie est baptisé à sa place. Il existe plus de quarante explications à ce baptême pour les morts. Comme les notes le montreront, indépendamment de la façon dont on interprète ce verset, de nombreux textes bibliques clairs montrent sans aucun doute possible qu’on ne peut recevoir le salut après la mort. 
 
       Une question moins importante concerne la signification de 6:4, qui traite des plaintes portées les uns contre les autres par les chrétiens devant des magistrats non croyants. Mais ce verset ne comporte aucune ambiguïté, et c’est par l’obéissance du disciple que le problème se résout. 
 
Plan 
 
I. Introduction: l’appel à la sainteté et ses effets (1:1-9)
II. Les divisions dans l’Eglise (1:10-4:21)
 
A. L’importance de l’unité (1:10-3:23)
B. L’importance des serviteurs de Dieu (4:1-21)
 
III. L’immoralité dans l’Eglise (5:1-6:20)
IV. Le mariage dans l’Eglise (7:1-40)
V. La liberté dans l’Eglise (8:1-11:1)
VI. Le culte de l’Eglise (11:2-14:40)
 
A. Le rôle des hommes et des femmes (11:2-16)
B. Le repas du Seigneur (11:17-34)
C. Les dons spirituels (12:1-14:40)
 
VII. L’espérance de l’Eglise: la résurrection (15:1-58)
VIII. Des responsabilités pour l’Eglise (16:1-24)
 
A. Questions économiques (16:1-4)
B. Projets personnels et salutations (16:5-24)
 
 
 

 

https://cms.dieu-avant-tout-com.webnode.fr/