3 Les sept prophétesses ( Esther la reine )

15/09/2018 09:54

Les sept prophétesses

-Sarah la princesse,

-Myriam la sœur de Moïse,

-Déborah du livre des Juges,

-Hannah,

-Abigayil,

-Houldah,

-Esther la reine.

 

Esther la reine

 

Son histoire est racontée dans le Livre d'Esther.

 

La rédaction du livre d'Esther est traditionnellement attribuée à Esdras, auteur présumé des textes de loi qui donnèrent à la communauté juive de Jérusalem sa cohésion religieuse et nationale. Flavius Josèphe et Clément d'AlexandrieEsdras, auteur présumé des textes de loi qui donnèrent à la communauté juive de Jérusalem sa cohésion religieuse et nationale. Flavius Josèphe et Clément d'Alexandrie soutiennent cette attribution, et le personnage ayant vécu en Perse. Cependant, l'œuvre reste anonyme et la date de sa rédaction est discutée.soutiennent cette attribution, le personnage ayant vécu en Perse. Cependant, l'œuvre reste anonyme et la date de sa rédaction est discutée.La rédaction du livre d'Esther est traditionnellement attribuée à

 

Résumé:

Les chapitres 1 et 2 racontent comment Esther, cousine et fille adoptive d'un Judéen appelé Mardochée, fut choisie comme reine de Perse à cause de sa beauté.

 

Le chapitre 3 expose comment Haman, fonctionnaire principal à la cour du roi, offensé par le comportement de Mardochée, obtint un décret pour mettre à mort la diaspora judéenne de l'empire.

 

Les chapitres 4 à 10 racontent comment Esther révéla son appartenance ethnique au roi et, avec son cousin, obtint les pleins pouvoirs contre leurs ennemis et leur extermination.

 

  ce qu'en dit le rabbin Jacques Kohn

 

Esther : L’accession d’Esther au rang de prophétesse se déduit du verset : “Ce fut le troisième jour, Esther revêtit la royauté” ( Esther 5, 1), à propos duquel la Guemara ( Meguila 14b) fait observer qu’il aurait dû être écrit : “Esther revêtit ‘des habits’ de royauté”, et non simplement “la royauté”. Cela signifie, enseigne-t-elle, que c’est l’esprit saint ( roua‘h haqodech ) qui l’a habillée.
Un autre indice des certitudes prophétiques d’Esther est fourni par le Séder ‘olam, cité par rabbi Baroukh Epstein ( Tora Temima sous Esther 5, 1). Il est écrit :“Esther, la reine, fille de Avi‘hayil écrivit…” ( Esther 9, 29). Or, ce qu’elle a écrit, c’est le livre qui porte son nom et qui a été enregistré dans le canon biblique. Il faut par conséquent qu’elle ait été investie de l’esprit saint, puisque seuls des auteurs porteurs de cette inspiration prophétique ont eu l’honneur de figurer dans ce canon.

A noter également le titre de “prophétesse” ( nevia ) conféré par Isaïe à son épouse (Isaïe 8, 3). Faut-il le prendre au pied de la lettre, ou n’était-ce qu’un terme d’affection dans la bouche de son mari ? Les commentateurs sont en désaccord à ce sujet ( Rachi ad Isaïe 7, 14 ; en sens contraire : Radaq ad 8, 3).

 


Bibliographie:

Les sept prophétesses, de Marie Vidal. Éd. Cosmogone, 

https://www.alliancefr.com/judaisme/cyberthora/duvshani/femme.html

Wikipedia.org

https://www.laprocure.com/livres/marie-vidal/les-sept-prophetesses_9782914238687.html

https://www.pointkt.org/index.php?option=com_content&view=article&id=565:des-femmes-messageres&catid=18:articles&Itemid=35

https://jasmina31.over-blog.com/article-les-7-prophetesses-de-la-bible-46518410.html

 

Le traité de Meguila est consacré à la fête de Pourim et aux événements qui lui sont liés ; c’est sans doute la raison pour laquelle la preuve apportée à la qualité prophétique de l’héroïne, Esther, est exposée en si peu de mots : « Esther se revêtit de royauté [73][73] Esther 5, 1. », avant de se présenter chez le roi sans y avoir été invitée, donc au péril de sa vie, après trois jours de jeûne qu’elle s’est imposés ainsi qu’à l’ensemble du peuple juif menacé de mort par l’édit d’Haman. Un parallèle est fait de cette expression étrange – on aurait attendu : de vêtements royaux – avec Chroniques (I) 12, 18 : « L’esprit revêtit Amassaï » qui se mit à prophétiser un message de paix à l’égard de David. Les paroles d’Esther, lors de cette entrevue, n’ont rien de prophétique : elles consistent à inviter Assuérus, dont l’accueil lui a été favorable, et son ministre Haman à un premier festin. Il s’agit ici d’une action inspirée. Car qui, sinon une prophétesse, allait se mesurer avec la menace de la « solution finale » projetée à l’encontre du peuple juif ! ? Aussi la tradition juive interprète-t-elle d’une façon mystique les détails prosaïques de ce verset du Livre d’Esther. « Elle se tint dans la cour du palais royal, face au palais royal » : elle priait, face au Temple céleste [74][74] Zohar 3, 109.. Au cours dudit festin, elle ne fera rien d’autre que d’inviter les mêmes à un deuxième festin. Cependant, entre les deux festins, la situation aura commencé à changer. Le roi, saisi de jalousie devant l’insistance de la reine à faire partager leurs agapes intimes avec Haman, est pris d’insomnie et se fait lire les annales du royaume. Il y découvre qu’un homme lui a sauvé la vie et n’en a pas été récompensé ; lorsque surgit Haman pour demander l’autorisation de pendre précisément cet homme qui n’est autre que Mardochée le Juif, le persécuteur, victime d’un quiproquo, se voit confier la tâche de prodiguer à son ennemi les honneurs qu’il ambitionnait pour lui-même. Lorsqu’au second festin, Esther enfin se décide à agir, elle trouvera un allié en ce roi versatile et impulsif. Quatorze sages talmudiques – Tanaïm et Amoraïm[75][75] Respectivement les Sages de la Michna et de la Guemara... – ont proposé diverses hypothèses concernant la stratégie d’Esther, qui finalement s’est révélée payante, dont celle-ci : si elle a agi ainsi, c’est afin que les Juifs ne disent pas : nous avons une sœur au palais, inutile donc de continuer à prier et nous repentir ! « Qui sait si ce n’est pas pour un temps comme celui-ci que tu es arrivée au trône », lui avait suggéré Mardochée [76][76] Esther 4, 14..

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Mais Esther est aussi, avec son cousin et tuteur Mardochée, l’auteur du Livre d’Esther[77][77] Voir chap. 9, v. 20, 29 et 32. : celui-ci rend compte du « dernier de tous les miracles qui ont été livrés à l’Écriture » et Esther est la seule prophétesse à avoir ajouté un commandement (mitsva) à la Tora [78][78] Meguila 14 a du T.B.. Il s’agit, bien entendu, de la fête de Pourim, avec ses prescriptions énumérées dans Esther 9, 22 : festin, envoi de vivres à un ami, dons aux pauvres – à quoi s’ajoute l’obligation de lire le Livre d’Esther. Le Maharcha [79][79] Rav Samuel Eliézer Edels, Pologne, 1555-1631. remarque, dans son commentaire sur le passage cité au début de cet article concernant les quarante-huit prophètes et les sept prophétesses, qu’Esther est la seule des sept qui ait une connexion avec un traité talmudique ; si notre agada figure en cet endroit, c’est parce que la Lecture de la Meguila a été instituée précisément par un prophète (Mardochée) et une prophétesse (Esther) – l’un des quarante-huit et l’une des sept !

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C’est le livre du « miracle caché » où la Providence se dissimule derrière ce que l’agnostique appelle « hasard » et laisse apparemment l’initiative des événements aux êtres humains. Dieu est absent du texte. Il y est caché, comme Esther a caché son origine juive (la racine de son nom est celle du mystère). C’est le livre d’Israël dans la diaspora, lorsque Dieu se cache. « Où trouve-t-on une allusion à Esther dans la Tora ? » demande le Talmud [80][80] Traité Houlin 139 a.. Réponse : « Et Moi, Je cacherai Ma face – en hébreu : hasther Asthir – de vous [81][81] Deutéronome 31, 18.. » Dans ce passage, Dieu prédit à Moïse, qui va bientôt mourir, qu’un temps viendra où son peuple sera infidèle à l’alliance divine qu’il a contribué à conclure, en s’attachant au culte des idoles dans le pays où il va s’installer. C’est tout le mystère de la survie d’Israël à travers les siècles, malgré les persécutions, les expulsions, les massacres dont il a fait l’objet.

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« Écrivez-moi (c’est-à-dire mon histoire) pour les générations futures », demande Esther aux Sages de la Kenessèt haguedola, « la Grande Assemblée ». « Tu vas éveiller la haine des nations ! » objectent-ils [82][82] Meguila 7 du T.B.. « Mon histoire est déjà inscrite dans les livres de Perse et de Médie », leur répond-elle et elle ajoute : « Seules ont été écrites les prophéties ayant valeur pour toutes les générations [83][83] Meguila 14 a du T.B.… »

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Esther est donc une prophétesse d’un type particulier, dont le caractère prophétique est caché, non explicité, et qui exploite les ressources de sa beauté pour le salut de son peuple.

Conclusion

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Dans l’analyse de ce passage talmudique sur les sept prophétesses, un certain nombre de remarques se sont imposées à nous. Tout d’abord, le caractère spécifiquement féminin de leur vocation prophétique, liée aux particularités de leur sexe et souvent à leurs attaches familiales – maternelles, conjugales, fraternelles. Elles voient généralement leur influence déborder sur leurs contemporains Sarah, Myriam, Deborah, Abigaïl, Houldah, Esther s’expriment dans une perspective historique et messianique. Leur intervention se présente en général comme un facteur primordial du salut d’Israël dont elles sont les agents privilégiés.

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Quant à l’ordre de leur apparition, il suit la chronologie et correspond aux grandes périodes du récit biblique :

  • celle des patriarches avec Sarah ;

  • de l’esclavage et la libération d’Égypte avec Myriam ;

  • de l’installation dans le Pays avec Deborah ;

  • de la fin de l’époque des Juges avec Hannah ;

  • du début de la royauté avec Abigaïl ;

  • du déclin de la royauté avec Houldah ;

  • de l’exil, de la diaspora avec Esther.

Disséminées dans l’histoire biblique, ces figures de femmes-prophètes se dressent pour assumer, à côté des prophètes masculins leurs contemporains (Sarah, Myriam, Abigaïl, Houldah et Esther) ou même, à leur place, quand il n’y en a pas (Déborah et ‘Hannah), l’existence et la persistance du Peuple de l’Alliance et pour annoncer l’espérance messianique et celle du Monde futur, et enfin l’efficacité du repentir.

 

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