4 Les sept prophétesses ( Hannah )

11/10/2018 09:49

Les sept prophétesses

-Sarah la princesse,

-Myriam la sœur de Moïse,

-Déborah du livre des Juges,

-Hannah,

-Abigayil,

-Houldah,

-Esther la reine.

 

Hannah

 

Hannah est Anne la femme stérile ,qui sera la mère du prophète Samuel grâce à la volonté de Dieu

Voir ici l'article sur Anne

 

Hannah est aussi la femme qui verra ses enfants se sacrifié pour la liberté d'Isaraël au temps des Maccabées.

 

Ce qu'en dit le rabbin Jacques Kohn

 

Hanna : ‘Hanna présente la particularité unique d’avoir été à la fois femme et mère de prophètes. Son mari, Elqana, était en effet lui-même prophète (Rachi ad ‘Erouvin 18b, s.v. Elqana ) et c’est lui qui, en tant qu’“homme deHachem ” (I Samuel 2, 27) est venu annoncer au Grand prêtre ‘Eli la destitution de sa famille de ses fonctions sacerdotales ( Radaq ad loc. ). Quant à son fils Samuel, il fait partie des quarante-huit prophètes répertoriéspar la tradition ( Rachi ad Meguila 14a). La prophétie de ‘Hanna s’exprime, avec une émotion touchante, dans la prière qu’elle a adressée à Hachem après la naissance de son fils tant désiré (I Samuel 2, 1 à 10 – voir aussi Berakhoth 31b et suivants).

 

Après de longues années de stérilité, Hannah avait eu la joie de devenir mère. Elle avait accompagné son mari au Sanctuaire de Chilo et y avait prié et fait le vœu, si sa demande était exaucée, de « donner à Dieu pour tous les jours de sa vie » (Samuel (I) 1, 11) l’enfant qu’elle mettrait au monde. Ainsi, lorsqu’il fut sevré, elle amena son fils, qui deviendra le prophète Samuel, au grand prêtre Eli et exprima sa reconnaissance à Dieu en dix versets que le texte biblique nous restitue (Samuel (I) 2, 1-10). « Hannah pria et dit : Mon cœur se délecte en Dieu, ma corne (ou ma force – autre sens du mot hébreu kéren, la corne étant pour l’animal qui en est pourvu son atout principal) s’élève par Dieu [47][47] Samuel (I) 2, 1.. » La même page du traité Meguila 14a remarque :

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« Elle a dit : ma corne, et non ma fiole » : c’est une allusion prophétique au fait que les rois qui seront oints au moyen d’une corne d’huile – tels David et Salomon, auront une dynastie durable, alors que ceux, comme Saül et Jéhu, qui seront oints avec une fiole, récipient d’argile donc fragile, n’auront pas de dynastie. Inutile de souligner la portée historique, messianique, de cette prophétie dans la bouche de la mère du prophète qui sacrera Saül et David. D’ailleurs, selon le Targoum Yonathan (aux environs du ier siècle) sur ce passage, c’est toute la prière de Hannah qui a ce caractère prophétique, puisque ce commentaire montre comment un événement futur correspond à chacun des versets. Ainsi le v. 1, « ma corne/force s’élève en Dieu » renvoie aux victoires sur les Philistins au temps de son fils Samuel, le v. 2 « Nul n’est saint comme Dieu » au roi assyrien Sénachérib [48][48] Rois (II) 18-19, en particulier v. 35 avec l’intervention.... Au v. 4, « l’arc des forts est brisé » fait allusion à la défaite d’Antiochus Épiphane par les Hasmonéens et au v. 10 se profilent les guerres de Gog et Magog suivies de l’avènement messianique : « ses agresseurs sont foudroyés… Dieu juge les confins de la terre, Il donnera la puissance à Son roi et élèvera la corne de Son oint »… La guemara, ici, s’est contentée de citer le premier verset qui, de David, conduit au Messie.

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Cette prière d’action de grâces, comme celle du chapitre précédent suscitée par le désir de maternité [49][49] Samuel (I) 1, 10, 12, 13. est apparue aux sages comme un modèle et une source d’enseignements, au point qu’ils s’en sont inspirés dans la formulation et la ritualisation de la principale des prières institutionnalisées : la ‘Amida[50][50] Voir le traité Berachot du T.B..

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« Deux femmes ont dit des louanges de Dieu avec des paroles qu’aucun homme au monde n’a su dire, ce sont Deborah et Hannah » énonce le Zohar[51][51] Zoha sur Lévitique 19b..

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Le texte du traité Meguila en apporte pour preuve cette interprétation de cet autre verset de la prière de Hannah :

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« Nul n’est saint comme l’Éternel, car il n’y en a pas d’autre que Toi (bilthekha) [52][52] Samuel (I) 2, 2. ! »

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Rav Yehouda fils de Menachi a dit : « ne ponctue pas bilthekha (d’autre que Toi) mais levalotekha (pour Te survivre) » Cette lecture est possible si l’on ne tient compte que des consonnes et qu’on y place d’autres voyelles. Il faut rappeler que, jusqu’au vie siècle environ, le texte biblique n’était pas vocalisé.

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Qu’est-ce à dire ? Et le traité Meguila de poursuivre :

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« À la différence des hommes dont l’œuvre de leurs mains leur survit, Dieu survit à l’œuvre de Ses mains. » Et le verset continue : « Il n’est point de rocher (tsour) comme notre Dieu [53][53] Samuel (I) 2, 2. » ; la guemara lit : Il n’est point d’artiste (tsayar) [54][54] Les lettres vav et yod dans TS-OU-R et TS-Y-R étant...comme notre Dieu car l’homme « trace une forme », un dessin (tsar, tsoura) sur un mur mais est incapable d’y insuffler une âme […] alors que Dieu trace une forme à l’intérieur d’une forme et y insuffle une âme […] ».

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Comme le fait remarquer un commentateur : « Dieu survit aux parents auxquels Il s’est associé pour créer l’enfant et c’est Lui qui donne au fœtus le souffle de vie et l’âme [55][55] Ben Yehoyada sur Berakhot 10 a du T.B, de R. Yossef.... »

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Il existe d’autres interprétations traditionnelles de la prière de Hannah qui soulignent la spécificité de la prière féminine, en particulier par rapport à l’expérience de la maternité. C’est ce vécu, après l’épreuve d’une très longue stérilité (plus de dix-neuf ans, d’après le Midrach Tana debei Eliahou) qui ouvre les yeux à la prophétesse sur l’œuvre divine, Son action dans l’Histoire et dans l’existence de l’individu. « Nul n’est saint comme Dieu » exprime « une pensée théologique élevée » – qui évoque pour le lecteur de la Bible ce verset que, des siècles plus tard, Isaïe met dans la bouche des Séraphins, lors de la vision de sa vocation prophétique au chapitre 6 : « Saint, saint, saint est Hachem Tsevaot (Dieu des armées) [56][56] Dieu des armées, il s’agit bien entendu des « armées...… D’ailleurs, ce nom divin, précisément, d’après le Talmud [57][57] Berakhot 31a du T.B., Hannah est la première, dans la Bible, à le citer : c’est cette appellation qu’elle utilise au début de la prière et du vœu formulés par elle pour avoir un fils [58][58] Samuel (I) 1, 11.. Maïmonide [59][59] Hilkhot Yessodé ha-Tora 6,2, énumérant les sept noms divins, mentionne celui-là en dernier lieu

 

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