6 Les sept prophétesses ( Myriam la soeur de Moïse )

12/12/2018 00:37

Les sept prophétesses

-Sarah la princesse,

-Myriam la sœur de Moïse,

-Déborah du livre des Juges,

-Hannah,

-Abigayil,

-Houldah,

-Esther la reine.

 

Myriam la soeur de Moîse

 

 

Ce que dit le rabbin Jacques Kohn

 

Miryam : Le titre de “prophétesse” conféré à Miryam résulte du texte même de la Tora ( Chemoth 15, 20) : “Miryam, “la prophétesse”, sœur de Aaron, prit en main un tambourin…” En quoi a consisté son don prophétique ? se demande-t-on dans Meguila 14a. En ce qu’elle avait prédit la naissance d’un frère qui sauverait Israël. D’où sa désignation comme “sœur de Aaron”, et non comme “sœur de Moïse” : Lorsqu’elle a prophétisé, elle n’avait qu’un frère, Aaron.
La Guemara ajoute : Miryam, qui était une prophétesse, a annoncé : “Ma mère donnera le jour à un fils qui sera le sauveur d’Israël !” A la naissance de Moïse, toute la maison s’est emplie de lumière. Son père lui a alors dit : “Ma fille, ta prédiction s’est réalisée !” Mais lorsque Moïse a été jeté dans le fleuve, il lui a demandé : “Ma fille, qu’est devenue ta prophétie ?” C’est ce que signifient les mots : “Sa sœur se tint à distance, pour savoir ce qui s’accomplirait” ( ChemothSota 13a). 

 

Sa qualité de prophétesse est homologuée en toutes lettres dans Exode 15, 20 : « Myriam la prophétesse (hanevia), sœur d’Aaron, prit en main un tambourin » pour faire écho au Cantique de la Mer entonné par Moïse et les Enfants d’Israël. Et pourtant le Talmud s’attache à un autre détail, s’étonnant que le verset la nomme en référence à l’aîné de ses frères plutôt qu’à son illustre puîné ! Il explique cette particularité comme une allusion au fait que Myriam a déjà prophétisé quand elle n’avait encore qu’un seul frère, Aaron, pour annoncer que sa mère « allait donner naissance à un fils qui sauverait Israël de l’esclavage [18][18] Rachi sur Exode 15, 20 et Sota 13a du T.B. ». En effet, comme ses parents s’étaient séparés de crainte de mettre au monde un fils condamné à mort dès sa naissance par le décret de Pharaon, enseigne-t-on dans le traité Sota, elle les a convaincus de reprendre la vie commune, les accusant de faire pire que le tyran en se privant de faire naître des filles !

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Quand l’enfant vient au monde, rapporte la page de Meguila 14a, toute la maison est remplie de lumière [19][19] Rachi sur Exode 2, 2. et son père embrasse Myriam sur la tête pour attester la vérité de sa prophétie. Mais lorsqu’il faut se résoudre à exposer l’enfant sur le Nil, son père la frappe à la tête, qu’il considère apparemment comme la source d’une fausse prophétie. Alors c’est elle qui veille de loin sur la corbeille, pour savoir ce qu’il adviendrait de l’enfant et finalement de sa prophétie à laquelle elle continuait à croire. Ainsi elle peut intervenir au moment opportun. Et si elle est qualifiée de nevia par la Tora justement lorsqu’elle entonne à son tour le Cantique de la Mer, c’est parce que cette traversée miraculeuse, ultime étape de la Délivrance dont Moïse a été l’agent, est le résultat et la confirmation d’une prophétie (nevoua) très antérieure [20][20] D’après R. Samuel Eliézer Edels, le Maharcha. (1555-1631),....

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Son influence sur ses proches est soulignée par divers midrachim. Ainsi, Caleb, le seul des douze explorateurs, avec Josué, à ne pas avoir « médit du pays » de Canaan était son époux. Le verset explique son attitude par le fait que « rouah’ah’érèt’ – “un autre esprit” – était avec lui [21][21] Nombres 14, 24. », un autre esprit, que l’on peut aussi comprendre : l’esprit d’une autre, à savoir l’esprit de Myriam. Hour, leur fils, lors du combat contre Amalek, soutient avec Aaron, son oncle, les mains de Moïse tendues vers le ciel dans un geste de prière [22][22] Exode 17, 12. et, rapporte le Midrach[23][23] Exode Rabba 41, 7., il sacrifie sa vie en s’opposant à la révolte du peuple, angoissé par l’absence de Moïse et qui s’apprêtait à la pallier par l’adoration du Veau d’or.

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Le rôle que joue Myriam après la traversée miraculeuse de la Mer des Joncs, entraînant les femmes – et d’après certains exégètes même les hommes – à reprendre en chœur le refrain du Cantique et à danser en reconnaissance de l’intervention divine, ce rôle éducatif, elle l’a joué, selon la lecture midrachique, tout au long des quarante années du désert, auprès des femmes. En effet, ces dernières n’ont pas participé aux deux grands mouvements de révolte, en refusant leurs bijoux pour la confection du Veau d’or et en refusant de se laisser persuader, comme les hommes, par le récit pessimiste des Explorateurs, car elles aspiraient à connaître la Terre Promise : ainsi, elles ont mérité d’entrer en Canaan [24][24] Rachi sur Nombres 26, 64.. Certes elle-même, comme ses deux frères cadets, est morte, « par un baiser divin » [25][25] Moed Katan 28 a du T.B., dans le désert, la première d’entre eux, le 10 nissan de la 40eannée. La tradition relève l’importance de cette « trinité » dans l’histoire biblique. Le prophète Michée (10,4) écrit : « J’enverrai devant toi Moïse, Aaron et Myriam. » « Trois bons parnassim c’est-à-dire des chefs soucieux des conditions de vie de leurs administrés se sont levés pour Israël : Moïse, Aaron et Myriam [26][26] Taanit 9 a du T.B.. » On trouve même une halakha (règle rituelle) énonçant que, lors de la lecture de la Tora à la synagogue, il ne faut pas lire moins de trois versets, « ce qui correspond à Moïse, Aaron et Myriam » [27][27] Deutéronome Rabba 87..

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La qualité inférieure des dons prophétiques de Myriam et Aaron par rapport à ceux exceptionnels de Moïse est soulignée dans l’épisode de la médisance des premiers à propos de leur cadet [28][28] Nombres 12..

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Par ailleurs, trois manifestations miraculeuses ont accompagné le peuple dans sa traversée du désert, jusqu’aux portes de la Terre Promise : la manne pour le nourrir, le puits pour le désaltérer, les nuées pour le guider. La première a été obtenue par le mérite de Moïse, le second par celui de Myriam et les troisièmes par celui d’Aaron.

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Le puits de Myriam suit mystérieusement la marche des Enfants d’Israël, selon le Midrach[29][29] Taanit 9a du T.B., et le verset qui annonce sa mort [30][30] Nombres 20, 1. est suivi immédiatement par la mention du manque d’eau qui afflige le peuple. Dans la symbolique juive, l’eau, élément vital, représente la Tora : le puits apparaît donc comme la participation de la sœur à l’œuvre éducative sacrée des frères !

 

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