MICHÉE

02/01/2014 13:25
 

 

MICHÉE

 

735-710 AVANT J.C. MICHÉE

 

Le livre du prophète

       Le titre du livre correspond au nom du prophète à qui Dieu avait communiqué sa parole en le chargeant de la proclamer. Nom assez répandu dans l’A.T. (#Jug 17: 1 ; #2Ch 13: 2 ; #Jér 36:11), l’hébreu Micah est la forme abrégée de Micaiah et signifie: « Qui est comme l’Éternel? » en #Mi 7:18, Michée joue sur la signification de son nom lorsqu’il demande: « Quel Dieu est semblable à toi? »

Auteur et date

       Le premier verset du livre en attribue la paternité à Michée, mais nous disposons de peu d’informations au sujet de ce prophète. Ses parents ne sont pas mentionnés. Toutefois, la signification de son nom suggère qu’il venait d’une famille attachée à l’Éternel. Lui-même se présente comme originaire de Moréscheth (#Mi 1:1, #Mi 1:14), une ville située dans les collines de Juda, à une quarantaine de kilomètres au sud-ouest de Jérusalem, sur la frontière entre Juda et la Philistie, près de Gath. Comme Amos, il habitait une région rurale fertile, bien loin des considérations politiques et religieuses de la nation. Cependant, Dieu l’avait choisi (#Mi 3:8) pour transmettre un message de jugement aux chefs et à la population de Jérusalem.

       Michée exerça son activité prophétique pendant les règnes de Jotham (av. J.-C.), d’Achaz (av. J.-C.) et d’Ézéchias (av. J.-C.). Par sa condamnation des injustices sociales et de la corruption religieuse, il reprit les thèmes traités par Amos (au milieu du VIIIe siècle av. J.-C.) et par ses contemporains Osée au nord (vers 755-710 av. J.-C.) et Esaïe au sud (vers 739-690 av. J.-C.). Cela correspondait bien à ce que nous savons d’Achaz (#2R 16:10-18) et de son fils Ézéchias avant ses réformes spirituelles majeures (#2Ch 29 ; #2Ch 31:1). Ses allusions à la chute prochaine de Samarie (#Mi 1:6) situent clairement une partie de la prophétie de Michée avant 722 av. J.-C. Il dut exercer son ministère entre 735 et 710 av. J.-C.

Contexte et arrière-plan

       Étant donné la chute du royaume du nord face à l’Assyrie au cours de son ministère, en 722 av. J.-C., Michée data son message en mentionnant uniquement des rois de Juda. Si Israël fut parfois visé par son message (cf. #Mi 1:5-7), il consacra l’essentiel de son activité au royaume du sud dont il était citoyen. La prospérité économique et l’absence de crises internationales avaient caractérisé le règne de Jéroboam II (av. J.-C.), qui avait vu aussi l’expansion du territoire de Juda et d’Israël: leurs frontières correspondaient presque à celles de l’époque de David et de Salomon (cf. #2R 14:23-27). Mais cette embellie prenait fin. La Syrie et Israël envahirent Juda et firent temporairement prisonnier Achaz, son roi impie (cf. #2Ch 28:5-16 ; #Esa 7:1, #Esa 7:2). Après la défaite de ces deux nations face à l’Assyrie, le bon roi Ézéchias mit fin à son allégeance envers cette dernière, ce qui conduisit Sanchérib à assiéger Jérusalem en 701 av. J.-C. (cf. #2R 18 ; #2R 19 ; #2Ch 32). Le Seigneur envoya alors son ange pour délivrer Juda (#2Ch 32:21). Dieu se servit d’Ézéchias pour ramener Juda à un culte authentique.

       Après le règne prospère d’Ozias, mort en 739 av. J.-C., son fils Jotham mena une politique identique, mais sans parvenir à détruire les lieux consacrés à l’idolâtrie. La prospérité n’était qu’une façade extérieure: elle masquait la corruption sociale et le syncrétisme religieux rampants. Le culte de Baal, dieu cananéen de la fertilité, était de plus en plus intégré au système sacrificiel mosaïque, et ce mélange atteignit des proportions alarmantes sous le règne d’Achaz (cf. #2Ch 28:1-4). Avec la chute de Samarie, des milliers d’Israélites se réfugièrent en Juda, amenant avec eux leurs coutumes religieuses. Si Michée (comme Osée) interpella ses contemporains sur ces questions, ses mises en garde et ses exhortations les plus sévères (p. ex. 7:5-6) visèrent surtout la désintégration des valeurs personnelles et sociales. L’Assyrie était la puissance dominatrice du moment et représentait une menace permanente. Dès lors, la prédiction de Michée annonçant que ce serait Babylone qui conquerrait Juda (#Mi 4:10) semblait peu probable, d’autant que cette dernière était encore sous tutelle assyrienne. Ainsi, Michée joua dans le royaume du sud le rôle joué par le prophète Amos dans celui du nord.

Thèmes historiques et théologiques

       Michée fut principalement porteur d’un message de jugement auprès d’un peuple qui persévérait dans le mal. Comme d’autres prophètes (cf. #Os 4:1 ; #Am 3:1), il recourut à la terminologie judiciaire (#Mi 1:2 ; #Mi 6:1-2). Sa prophétie est répartie en trois oracles ou cycles d’oracles, tous introduits par le même impératif: « Écoutez! » (#Mi 1:2 ; #Mi 3:1 ; #Mi 6:1). Dans chacun, il passe de la dévastation à l’espérance: la dévastation due à la désobéissance des Judéens à la loi donnée au Sinaï; l’espérance grâce à l’alliance immuable conclue par Dieu avec leurs ancêtres (#Mi 7:20). Un tiers du livre dénonce les péchés du peuple, un autre tiers évoque la future punition de Dieu, et le dernier tiers annonce un avenir d’espérance pour les fidèles, après le jugement. Ainsi, deux thèmes sont associés: le caractère inévitable du jugement divin contre le péché et l’engagement divin de respecter les promesses faites dans le cadre de l’alliance. Les deux aspects de Dieu évoqués  sa cohérence dans la manière de traiter le péché et sa fidélité à l’alliance conclue avec son peuple à travers la présence d’un reste - offraient aux contemporains de Michée une révélation claire du caractère du Dieu souverain de l’univers: il interviendra pour juger les pécheurs et bénir ceux qui se repentent.

Questions d’interprétation

       L’étroite similitude verbale entre #Mi 4:1-3 et #Esa 2:2-4 soulève la question de savoir qui cite qui. Les commentateurs sont divisés et ne présentent pas d’argument décisif en faveur de l’une ou l’autre hypothèse. Étant donné la proximité à la fois géographique et temporelle des deux prophètes, la similitude peut s’expliquer par le fait que Dieu a confié le même message aux deux prédicateurs. Quoi qu’il en soit, l’expression introductive « dans la suite des temps » (#Mi 4:1) empêche de considérer ce passage comme accompli après l’exil: il a une portée eschatologique et renvoie aux événements entourant la seconde venue de Christ et le début du millénium.

       Hormis 4:1-3, trois autres passages de Michée sont cités ailleurs dans l’Écriture: la prédiction de 3:12 est citée en #Jér 26:18 et contribue à délivrer Jérémie de la sentence de mort prononcée par le roi Jojakim. En #Mt 2:6, les sacrificateurs et les scribes répondent à la question d’Hérode sur le lieu de naissance du Messie en citant la prophétie de 5:1. Jésus mentionne le constat de 7:6 en #Mt 10:35-36 lorsqu’il envoie ses disciples en mission.

Plan

I. Titre (1:1)

II. Convocation divine pour le jugement et la délivrance (1:2-2:13)

A. Châtiment de Samarie et de Juda (1:2-16)

B. Jugement des oppresseurs (2:1-5)

C. Désaveu des faux prophètes (2:6-11)

D. Promesse de délivrance (2:12-13)

III. Jugement divin contre les responsables et annonce de la délivrance (3:1-5:14)

A. Culpabilité des responsables contemporains (3:1-12)

B. Annonce de la venue d’un responsable qui délivrera et restaurera (4:1-5:14)

IV. Réquisitoires divins et délivrance ultime (6:1-7:20)

A. Messages de blâme et de lamentation (6:1-7:6)

 

B. Messages de confiance et de victoire (7:7-20)

https://cms.dieu-avant-tout-com.webnode.fr/