Michel de L'Hospital

10/02/2017 13:53

Michel de L'Hospital

 
Portrait du chancelier Michel de L'Hospital (deuxième moitié duxvie siècle)
— Voltaire, Éssai sur les mœurs et l'esprit des nations ch. 172 p. 522ᵉ Michel de l'Hospital, né vers 1506 au château de la Roche à Aigueperse dans le Puy-de-Dôme, et mort le 13 mars 1573 au château de Belesbat à ... Wikipédia
 
Décès : 13 mars 1573, Étampes, France

Michel de l'Hospital, né vers 1506 au château de la Roche à Aigueperse1 dans le Puy-de-Dôme, et mort le 

au château de Belesbat à Boutigny-sur-Essonne2, est conseiller au parlement de Paris (1537), ambassadeur au concile de Trentemaître des requêtessurintendant des finances (1554), chancelier de France (1560) et poète latin. Son nom reste associé aux tentatives royales de pacification civile durant les guerres de religion.

 

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MICHEL DE L’HOSPITAL 
 
 
 
Michel de l’Hospital naquit, en 1505, dans les environs d’Aigue-Perse, dans la Basse Auvergne. Son père, Jean l’Hospital, qui avait suivi la fortune du connétable de Bourbon et partagé ses revers, fut proscrit par François Ier. Son fils, Michel, qui étudiait le droit à Toulouse, fut jeté en prison et relâché, peu de temps après, par ordre du roi, rien ne prouvant qu’il fut coupable. Redevenu libre, il se rendit, à la faveur d’un déguisement, à Milan, auprès de son père, qui l’envoya achever ses études à la célèbre université de Padoue. Après six ans de séjour dans cette ville, il rejoignit son père à Bologne ; de là il alla à Rome, où on lui donna une place d’auditeur de Rote. 
 
    L’Hospital, éloigné de la France, l’avait toujours en pensée ; ses regards étaient sans cesse tournés vers elle, et quelque brillant et splendide que soit le ciel de l’Italie, il ne remplaçait pas, pour lui, celui de sa patrie. Aussi, quand le cardinal de Grammont, lui promettant sa protection, lui dit : « Quittez Rome et venez à Paris », le savant auditeur de Rote quitta la ville éternelle, et le cœur palpitant d’une joie indicible, il reprit le chemin de sa terre natale ; mais, à peine arrivé, ses rêves s’évanouirent. Le cardinal de Grammont, son protecteur, mourut, et il ne fut plus à Paris qu’un pauvre inconnu, sans fortune et sans appui ; il chercha, dans sa profession d’avocat, le moyen de gagner sa vie ; ses débuts furent difficiles, et cependant, après trois ans, il était assez connu pour que le lieutenant Morin, l’ennemi acharné des protestants, veuille lui donner sa fille, avec la dot de laquelle il acheta, en 1547, une place de conseiller au parlement. Il exerça sa charge pendant neuf ans et sa vie s’écoula presque dans l’obscurité. Aussi modeste que savant, l’Hospital ne cherchait ni l’éclat ni le bruit ; sa seule ambition consistait à remplir fidèlement ses devoirs de conseiller, et à élever sa jeune famille dans la crainte de Dieu et l’amour du devoir. Son mérite néanmoins ne pouvait rester caché. Le chancelier Olivier le distingua des autres membres du parlement et l’envoya à Bologne, en qualité d’ambassadeur, pour y représenter la France au concile qui avait été convoqué (1545) dans cette ville pour travailler à une réformation de l’Église. Le pape souleva tant de difficultés et intrigua si bien que l’Hospital attendit vainement, pendant seize mois, les évêques qui devaient composer le concile. À son retour en France, notre ambassadeur s’attendait naturellement à une récompense si non de ses services, au moins de sa patience ; on l’oublia. Marguerite, la sœur de Henri II, le prit alors sous sa protection, le nomma son chancelier et le surintendant de sa maison ; mais l’Hospital ne trouva pas là encore la fortune dont il avait rêvée quand il quitta Rome. Après cinq ans de services rendus à la princesse, il était si pauvre qu’il fut réduit à la nécessité de demander à sa protectrice des aliments pour lui et une dot pour sa fille. 
 
   Quand Marguerite se maria avec Philibert de Savoie, l’Hospital l’accompagna à Nice. Là il trouva un sort plus doux sous le beau ciel de cette ville ; mais au moment où il ne songeait peut-être pas à revenir à Paris, il y fut appelé tout à coup pour remplacer le chancelier Olivier. Il dut cette haute position à sa science de jurisconsulte et à l’honorabilité de son caractère, et surtout, chose remarquable ! à la femme la plus perverse de France, Catherine de Médicis. Le nouveau chancelier arriva à Paris dans les circonstances les plus difficiles ; la cour était un foyer permanent d’intrigues ; la mère de Charles IX et les Guises, unis en apparence, se détestaient, et les protestants réclamaient énergiquement leurs droits religieux, civils et politiques, pendant que le clergé faisait des efforts inouïs pour les leur faire refuser. 
 
      La position du chancelier était des plus embarrassantes. Le cardinal de Lorraine, alors tout-puissant, le regardait comme son client, à cause de quelques services qu’il lui avait rendus, et Catherine, qui l’avait fait nommer, ne voyait en lui que le serviteur de ses volontés ; mais l’honnête ministre, en arrivant au pouvoir, n’avait en vue que le bien du royaume, compromis, dans ses intérêts matériels, par les prodigalités de la cour, et, dans sa dignité, par une politique sans grandeur. Il fallut à l’Hospital user de beaucoup d’adresse pour ne pas se faire des ennemis de ceux qu’il était résolu de combattre, en les empêchant de donner suite à des projets qui auraient été la ruine de l’État. Il ne put pas, sans doute, atteindre toujours son but ; il dut laisser faire souvent une chose mauvaise pour empêcher une pire. « Quand on lui montrait, dit Régnier de la Planche, une plaie, il avait toujours ce mot à la bouche : « Patience, tout ira bien. » 
 
     Jusqu’à présent, nous n’avons rien dit de la foi religieuse du chancelier. Catholique de naissance, il professait extérieurement son culte ; mais, en réalité, il était protestant. La cour le sentait si bien qu’elle disait avec ironie : « Dieu nous garde de la messe du chancelier. » Le pape Pie IV, qui, du fond de son Vatican, veillait sur la France, suivant, d’un œil inquiet les progrès de la Réforme, avait fait demander, par son légat, la tête du chancelier, ou tout au moins son emprisonnement ; il ne l’aurait certes pas fait, si l’Hospital, par ses actes, n’avait donné de soupçons à la cour romaine. Dans une lettre au pape, il ne lui dit pas qu’il est huguenot, mais il lui parle avec la liberté d’un huguenot ; il ne se courbe pas pour baiser dévotement sa mule  {1}, mais relevant fièrement la tête, il lui dit : « Je le déclare hautement, mes accusateurs sont tous ceux qui repoussent le culte du vrai Dieu et la piété sincère, qui violent les saints devoirs du sacerdoce, qui ne s’occupent que de leurs intérêts personnels, qui ne cherchent qu’argent et profit ; entre eux et moi, c’est une guerre éternelle. » 
 
      Ce qui établit incontestablement que l’Hospital avait abandonné la foi romaine, c’est sa famille, qui allait ouvertement au prêche, et sa conduite depuis le jour où Catherine de Médicis lui confia les sceaux de l’État. Nous préférerions sans doute pour sa gloire, qu’à l’exemple d’Anne Du Bourg, il ait dit à haute voix devant le Conseil : « Je suis protestant », mais quand cet homme de bien garde le silence, il ne le fait que pour empêcher les catholiques d’exterminer les huguenots, et la cour de se couvrir de honte et d’infamie. Pourrions-nous voir du jésuitisme là où respire l’amour de l’honneur de la France et une grande compassion pour des opprimés, et surtout quand ce grand homme, devançant son siècle, s’efforce d’inaugurer en France le règne de la liberté religieuse. ? 
 
     Quelques historiens, croyant que l’Hospital dont la messe était suspecte, et qui n’allait pas au prêche, ont prétendu qu’il n’avait pas de religion. « Je souscris, dit le jésuite Maimbourg, à toutes les grandes louanges que lui ont données pour toutes ces perfections (dont il vient de faire l’énumération), le sieur de Brantôme, le président de Thou, et Scévole de Sainte-Marthe, dans les beaux éloges qu’ils en ont faits. Mais, après tout, l’on ne peut, ni l’on ne doit dissimuler ce qui a bien terni l’éclat de tant de belles qualités, c’est qu’il favorisait ouvertement le calvinisme en toutes rencontres, et qu’il était en cela de très bonne intelligence avec l’amiral, son grand confident. Ainsi l’on disait tout communément qu’il était huguenot dans l’âme, quoiqu’il fasse semblant d’être catholique, à cause de sa dignité …  Cela même fit croire à quelques-uns qu’avec sa mine austère, son visage de saint Jérôme, comme on l’appelait à la cour, et sa morale extrêmement sévère, il n’était, à proprement parler, ni huguenot, ni catholique, et n’avait nulle religion. » 
 
      Si le chancelier n’avait été que ce que le croyait Maimbourg, quel intérêt avait-il de prendre le parti des huguenots ? Un homme qui n’a pas de religion positive, a toujours celle de son intérêt, et celle-là conseillait impérieusement à l’Hospital de faire ce qu’il ne fit pas. « On ne croit guère, dit le philosophe Bayle, que les gens sans religion s’amusent à feindre qu’ils sont du parti disgracié ; ils seraient bien fous, n’ayant pas de religion, de choisir, pour le dehors, celle qui conduit à la potence, préférablement à celle qui a les biens et les honneurs de son côté. » Nous dirons donc, avec Brantôme, que « catholique ou protestant, l’Hospital a droit au respect de tous » ; « c’était, dit cet historien, un très grand personnage en tout et un homme de bien et d’honneur. » 
 
    Le chancelier, pressentant les dangers que l’ambition des Guises faisait courir à la France, proposa au Conseil de convoquer les notables du royaume, afin d’aviser aux moyens d’apporter un remède prompt et efficace aux maux du royaume. Sa proposition ayant été acceptée, l’assemblée se réunit à Fontainebleau, le 21 avril 1560. Dans cette assemblée célèbre, on entendit Montluc, évêque de Valence, et Marillac, archevêque de Vienne, qui défendirent, avec autant d’énergie que d’éloquence, les protestants, et prouvèrent que la grande séparation religieuse de cette époque n’avait d’autre cause que l’ignorance et les vices du clergé. Les Guises, et les prélats dévoués à leur cause, frémissaient de colère en les entendant ; mais ils furent obligés de consentir à la convocation des États généraux, en attendant qu’un concile, qui devait être bientôt convoqué, travaille à réformer les abus criants qui s’étaient glissés dans l’Église. 
 
      L’Hospital avait remporté une grande victoire, et plein de confiance dans l’avenir, il défendit éloquemment, devant les États assemblés à Orléans, la grande cause de la liberté religieuse. 
 
      Un premier pas était fait dans la bonne voie ; on en fit un second, et bientôt après, l’Hospital eut la joie de voir les États de Pontoise réclamer la liberté religieuse. 
 
     La mort de François II, arrivée pendant la tenue des États à Orléans, ôta aux Guises le pouvoir et le fit passer aux mains de Catherine de Médicis, qui, de plus en plus, se rapprochait des protestants. Jamais ces derniers, après s’être vus si près du naufrage, ne s’étaient vus plus près du port. Les Guises, qui avaient failli les exterminer, après la conjuration d’Amboise, de maîtres impérieux, violents, s’étaient faits les humbles valets de la reine ; mais cette reine, à laquelle une ambition insatiable ôtait tout tact moral, ne sut pas comprendre que son intérêt et celui du jeune Charles IX devaient l’éloigner des Guises et la rapprocher des Bourbons. Une fatalité pesa sur elle, et, malgré les conseils de son sage chancelier, elle finit par se jeter entre les bras des princes lorrains, et ouvrit ainsi cette honteuse et sanglante ère des guerres civiles, qui dépeuplèrent le royaume et le ruinèrent matériellement et moralement. L’Hospital ne déserta pas son poste à l’heure du danger ; il neutralisa, autant qu’il le put, l’influence funeste des Guises et de ceux qui, comme le vieux connétable de Montmorency, poussaient à la guerre. Un jour, dans une séance du Conseil, le connétable lui dit avec mépris : « Il ne sied pas aux gens de robe d’opiner sur la guerre. » 
 
      — « S’ils ne savent pas manier les armes, lui répondit fièrement le chancelier, ils savent au moins quand il faut les prendre. » 
 
     Un autre, moins ferme et moins ami du bien public, se serait retiré de la cour avilie de Catherine de Médicis, en secouant contre elle, en signe de malédiction, la poussière de ses souliers ; il demeura à son poste, dévorant en silence, les humiliations qu’on lui faisait subir journellement ; il voyait qu’on voulait se débarrasser de sa présence importune ; mais il y avait un peu de bien à faire et beaucoup de mal à empêcher ; il restait. Un jour, on le congédia comme un valet ; il remit les sceaux à la reine, sans regret pour lui, mais plein d’appréhensions pour sa patrie ; l’avenir lui apparaissait si sombre, si nuageux, et il ne dut pas cette fois, selon son habitude, dire : « Patience, tout ira bien ! » Le ministre destitué se retira dans sa terre de Vignay, près d’Étampes, où il avait fait bâtir un modeste manoir. Il y demeura pendant la sinistre année 1562, et en 1563, après l’édit d’Amboise, qui donna quelques heures de repos à la France, le ministre disgracié fut rappelé à la cour et conseilla à Catherine de faire déclarer la majorité de son fils Charles IX. Celui-ci, sous l’inspiration de son chancelier, résista énergiquement à Pie IV. Ce pape avait fulminé une bulle terrible contre Jeanne d’Albret, reine de Navarre, et l’avait citée à comparaître, dans le délai de six mois, devant le tribunal de l’inquisition, en lui déclarant que, « faute par elle d’obéir, ses biens seraient séquestrés et sa personne soumise à toutes les rigueurs. » 
 
      Jeanne d’Albret protesta contre le despotisme du pape et en appela de sa bulle à tous les souverains pour les intéresser à sa cause qui était la leur. L’Hospital fit ressortir aux yeux de son jeune souverain tout ce qu’il y avait d’inique dans les prétentions de ce pontife, qui posait insolemment son pied sur les têtes couronnées, et Charles IX écrivit au pape en vrai roi de France. 
 
      Le pontife fut profondément irrité des remontrances du jeune Charles IX ; mais fidèle à la politique romaine, qui est de céder devant la force, il révoqua sa bulle. Trop heureux le jeune monarque, s’il avait toujours eu la sagesse d’écouter des hommes qui, comme son chancelier, ne voulaient que le triomphe de la vérité chrétienne et la grandeur du royaume. 
 
    L’Hospital, convaincu qu’un roi de France ne doit pas, comme les monarques de l’Orient, se dérober aux yeux de ses sujets, lui conseilla de visiter son royaume, et il ne laissa échapper aucune occasion de l’instruire dans ses devoirs de roi, et de lui en faire sentir la haute importance. Pendant que le jeune monarque parcourait la France, reçu partout avec l’amour que les Français avaient pour leurs souverains, le chancelier s’occupait activement à opérer des réformes dans la justice. Le célèbre édit de Moulins demeurera un de ses plus beaux titres de gloire devant la postérité ; il a servi de base à toutes les réformes judiciaires subséquentes qui ont abouti au Code civil, la gloire la plus pure et la plus durable de Napoléon. Ce fut sa grande bataille contre l’ancien régime qui confirma à la France le bénéfice du grand mouvement social de 1789, qui la délivra à tout jamais de la tyrannie déshonorante du pouvoir féodal. 
 
      L’Hospital avait une âme trop noble et un cœur trop droit pour pouvoir conserver bien longtemps le pouvoir sous un jeune roi menacé par les Guises et maîtrisé par sa mère, qui lui avait donné la plus détestable des éducations. Cependant, avant de tomber, le chancelier rendit à sa patrie un immense service, en faisant rejeter les décrets du concile de Trente, dont l’acceptation aurait mis le roi et son royaume sous le vasselage humiliant de la cour romaine. 
 
      Ce fut le dernier acte de sa vie publique ; il ne voulut pas attendre qu’on le chasse du pouvoir, il s’en retira avec dignité, prévoyant les maux qui allaient fondre sur sa patrie. 
 
      En perdant son chancelier, le jeune Charles IX perdit le guide sage et éclairé, qui aurait épargné, à son nom, une tache indélébile, et à la France, un grand crime national. Tour à tour le jouet de sa mère et des Guises, Charles IX ne vit pas l’abîme dans lequel allait s’engloutir sa mémoire pour lui donner un nom maudit parmi les maudits. Il consentit au massacre des protestants, qui furent assassinés la nuit de la Saint-Barthélémy, quand, abrités sous la paix signée de sa propre main, ils avaient le droit de compter sur sa parole royale. Pendant plusieurs jours, à Paris et dans plusieurs villes de la province, le sang coula par torrents, et les fleuves roulaient, dans leurs flots ensanglantés, de nombreux cadavres, qui allaient, en descendant leurs cours, apprendre aux riverains la justice du jeune Charles IX. 
 
    Quand la sinistre nouvelle du massacre parvint à l’Hospital, son cœur fut navré de douleur ; il plaignait moins encore les victimes que la patrie, plus humiliée et plus abaissée par le crime de son roi que par vingt défaites. Les assassins de Paris ne pouvaient oublier un homme dont la famille fréquentait le prêche et qui avait toujours défendu les protestants. Il leur fallait sa noble tête. Le vieillard les attendit plusieurs jours, dans son manoir de Vignay, comme Coligny, prêt à mourir. Un jour, ses gens accourent pour lui annoncer qu’un gros de cavaliers s’approche et qu’il faut fermer les portes du château. « Non, leur répondit leur maître ; si la petite n’est ouverte, qu’on leur ouvre la grande. » Ce n’était qu’une fausse alerte. Catherine de Médicis, au milieu des massacres, se rappela son vieux serviteur, et lui envoya quelques troupes pour le protéger. 
 
      Charles IX fit savoir à l’Hospital « qu’il lui pardonnait. » 
 
      — « Je n’ai, répondit le vieillard au roi-bourreau, mérité ni la mort ni votre pardon. » 
 
      L’Hospital ne fut pas une victime de la Saint-Barthélémy, mais il mourut de la Saint-Barthélémy. Témoin de tant de sang innocent versé, et navré du crime impardonnable de son ancien maître, il ne fit que dépérir, et vit de loin arriver la mort, à la rencontre de laquelle il se prépara en sage et en chrétien. Il n’estimait plus la vie ; tout ce qu’il voyait autour de lui l’en dégoûtait, et il dut désespérer de sa patrie en voyant à sa tête une femme qui personnifiait tous les vices de son sexe, et un jeune roi qui s’était fait l’assassin de ses propres sujets. Si, par moment il se rattachait à la vie, c’était à cause de ses enfants qu’il chérissait. La mort vint et elle fut la bienvenue. Le vieillard avait trop vécu pour lui, mais non pour sa patrie. Son nom, qui a survécu à tant de noms aujourd’hui oubliés, est devenu l’une des gloires les plus pures de la France ; et si elle rougit d’avoir eu pour monarque un Charles IX, elle est fière de posséder un l’Hospital. 
 
Notes 
 
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{1} Nom donné à la pantoufle du pape. 
 

 

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