Nil ; Sihor ; Shikhor

17/02/2020 15:39

Nil (SEGOND, SYNODALE, DARBY, Français Courant, JÉRUSALEM, T.O.B.) ; Sihor (SYNODALE) ; Shikhor (DARBY). Fleuve d’Égypte (#Esa 23:3 ; #Jér 2:18) ; en hébreu, chiHor, et yeor (fleuve). Le Nil couvrait de si vastes étendues, surtout durant l’inondation, qu’il prenait parfois le nom de mer (#Na 3:8). D’ailleurs le nom arabe du Nil, « el Bahr » veut dire « la mer ». Les cours d’eau alimentant le lac Victoria-Nyanza constituent les sources ultimes du Nil, qui a 6500 km de long. La partie la plus célèbre du fleuve provient de la jonction du Nil Blanc et du Nil Bleu, à Khartoum. De là jusqu’au delta, le Nil serpente sur plus de 2600 km à travers le désert. Il ne reçoit alors qu’un seul affluent, l’Atbara, sur la rive gauche, à environ 300 km. en aval de Khartoum. Immédiatement au-dessous de Khartoum, le Nil pénètre dans le plateau nubien et décrit un immense S, qui comprend 6 cataractes. Un peu en amont d’Assouan (la Syène de l’antiquité), un banc de granit couvrant presque 290 km de l’est à l’ouest, barre le lit du fleuve qui se fraye un passage et dévale les rocs en formant la dernière cataracte. Toutefois on l’appelle la première cataracte, car les 6 cataractes ont été nommées par des explorateurs qui remontaient le cours du Nil (voir la carte). L’Éthiopie de l’antiquité s’étendait de cette cataracte jusqu’à la 6e. Le granit des roches transversales a fourni la fameuse pierre brun clair, au poli luisant, dont sont faites tant de statues de pharaons. En aval du Caire, à environ 160 km de la mer, le fleuve se divise en plusieurs branches et rejoint la mer par de grands canaux. On appelle delta cette partie de son cours, d’après la forme triangulaire de la lettre D en grec. Les 2 principales embouchures sont à Damiette et à Rosette. Dans l’antiquité il y en avait 7 : les plus importantes étaient la Pélusiaque à l’est, la Canopique à l’ouest, et la Sébennytique au centre (Hérodote 2.17). Pendant que le fleuve poursuit son cours sinueux à travers les terres desséchées, une grande quantité de ses eaux s’élimine par évaporation, par infiltration et surtout par un vaste système de canaux d’irrigation, indispensables à l’agriculture.

      La célèbre crue annuelle du Nil, fertilisant la contrée privée de pluie, demeura un mystère pour les anciens (Hérodote 2.19-25). La région du lac Victoria-Nyanza est arrosée de pluies presque quotidiennes, dont l’apport régulier donne au Nil un débit constant. Le Nil Bleu a sa source dans les montagnes de l’Éthiopie ; il n’est qu’un ruisseau pendant la saison sèche. Durant la saison des pluies il devient un torrent impétueux, chargé de limon d’Abyssinie. L’Atbara, formé par les pluies, est un torrent analogue. De vastes étendues désertiques flanquent l’Égypte. Sans la crue annuelle, ce pays serait dénué de végétation. Selon la célèbre expression d’Hérodote, « l’Égypte est un don du Nil ». La montée du Nil Bleu et de l’Atbara sont la cause de la crue ; le fleuve grossit d’abord lentement, depuis le début de juin, puis beaucoup plus vite, à partir du 15 ou 20 juillet. À la fin de septembre, l’eau cesse de monter et reste de 20 à 30 jours au même niveau. En octobre, la crue reprend et atteint son maximum (100 000 m3 par seconde). Dès lors le niveau baisse : à la fin de décembre le fleuve est de nouveau dans son lit. En janvier, février, mars, les champs s’assèchent graduellement. L’inondation a ameubli et fertilisé le sol. Une bonne crue atteint jusqu’à 12 m à Assouan, et 7 à 8 m au Caire. L’inondation peut cependant faire défaut. Un certain Amenemhat (Ameni) de la XIIe dynastie sous Sesostris I, dit qu’il n’a pas perçu les arriérés de produits du sol, à cause d’années de famine. À l’époque de Joseph, il y eut 7 années sans inondation (#Ge 41:54). La même calamité sévit 7 ans aussi sous le Calife el-Mustansir : la famine atteignit alors son paroxysme en 1070 après Jésus-Christ. Les anciens Égyptiens inscrivaient régulièrement quel avait été le niveau de la crue en différents endroits.

 

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