Pain quotidien

12/04/2019 15:32

Pain quotidien. Le pain constituait en Palestine le plat de résistance et représentait toute la nourriture. Pain et eau étaient symboles des aliments et de la boisson (#Ex 23:25 ; #No 21:5 ; #De 23:4 ; #1S 30:11 ; #Esd 10:6 ; #Esa 30:20; 33:16 ; #Am 8:11). Demander le pain quotidien c’est donc prier pour la nourriture de chaque jour. Cette expression « pain quotidien » du Notre Père (#Mt 6:11 ; #Lu 11:3) a constitué un casse-tête pour les traducteurs, car le mot epiousios ne se trouve qu’ici dans le Nouveau Testament et n’a pas de parallèle dans la littérature grecque. Aussi les traductions proposées sont-elles très variées : pain de ce jour, de demain, nécessaire, permanent, spirituel. Certains traducteurs ont vu dans epiousios un composé de epi et eimi et ont pensé à une abréviation de l’expression courante hê epiousa hêmera : le jour qui commence, que l’on trouve dans la Septante de #Pr 27:1 et dans #Ac 16:11; 20:15; 21:18 ainsi que dans les œuvres de Platon, Aristophane, Xénophon …  Dans cette perspective, on a parfois traduit par : « le pain de demain » (à quoi semble s’opposer #Mt 6:34) ou « de l’avenir », de « l’éon futur ». Mais étant donné que le jour des Juifs commence le soir, le « jour qui commence » se prolonge de toute manière le lendemain. La découverte d’un ostracon et d’un fragment de papyrus égyptien contenant ce mot a fait pencher pour : ration, dépense de la journée. Une deuxième ligne exégétique rattache le mot epiousia à l’ousia, c’est-à-dire la subsistance de l’homme ; d’où : le pain nécessaire à notre subsistance, le minimum indispensable dont on a besoin pour vivre, ce qu’il faut (pour cette journée), la ration journalière, essentielle (comme la manne quotidienne au désert), le pain de notre nécessité : « un araméisme désignant la nourriture, la boisson et le reste des choses nécessaires à la vie et à la mort des chrétiens » (G. Gander), « le soutien indispensable de notre vie matérielle » (P. Benoit). Les anciennes versions syriaques ont rendu ce mot par « nécessaire » ou « permanent », la vieille version latine Itala par quotidien, Jérôme par « supersubstantiel ». La variante de Luc : jour après jour a appuyé la traduction : quotidien. Le jour dont il est question serait aussi, d’après certains commentateurs, le Jour du jugement. Il s’agirait alors « soit d’une prière demandant la force physique de subsister dans les épreuves dernières qui attendent les disciples, soit du pain nécessaire au repas messianique dans le Règne » (P. Bonnard, Mt. page 86). Voir Oraison dominicale.

 

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