Parabole.

09/02/2019 09:57

Parabole. L’une des méthodes de l’art oratoire illustrant une vérité morale ou religieuse par une comparaison tirée de la vie courante. Il n’y a pas de limites strictes entre la parabole, la similitude, et la métaphore. Ces dernières sont plus brèves que la parabole. Métaphore : « Vous êtes la lumière du monde. » Similitude : « Semblable à une brebis muette devant ceux qui la tondent. » Parabole : « Le Royaume des Cieux est semblable à du levain qu’une femme a pris et mis dans 3 mesures de farine, jusqu’à ce que la pâte soit toute levée » (#Mt 13:33). La parabole a certains avantages. La vérité ainsi présentée se grave mieux dans la mémoire qu’un simple exposé didactique : aucun enseignement sur la miséricorde du Seigneur envers les pécheurs repentants n’aurait produit l’effet de la parabole du fils prodigue (#Lu 15:11-32). En outre, lorsqu’un prophète ou un prédicateur doit tancer un personnage important, qui ne veut pas se reconnaître coupable, une parabole habile peut le captiver et éclairer sa conscience. Le prophète Nathan se servit d’une parabole pour reprocher à David le meurtre d’Urie, le Hittite (#2S 12:1-14).

 

      Principales paraboles de l’Ancien Testament : les arbres demandent un roi (#Jug 9:8-20) ; la brebis du pauvre (#2S 12:1-14) ; la veuve dont l’un des 2 fils a tué l’autre (#2S 14:4-20) ; le soldat qui laisse échapper son prisonnier (#1R 20:35-42) ; le chardon demandant pour son fils la main de la fille du cèdre (#2R 14:9-11) ; la vigne (#Esa 5:1-7) ; 2 aigles et une vigne (#Ez 17:1-10) ; les lionceaux (#Ez 19:1-9) ; Ohola et Oholiba (#Ez 23:1-49) ; la chaudière (#Ez 24:1-14).

 

      Dans le Nouveau Testament, Jésus donna une grande partie de son enseignement en paraboles. Quand il est question des paraboles bibliques, il s’agit, en général, de celles du Christ. Il avait employé cette méthode dès le début de son ministère (#Mr 3:23 ; #Lu 6:39; 7:40-50) ; mais à partir d’une certaine date, la parabole prit une place beaucoup plus considérable dans ses discours publics (#Mt 13:3 ; #Mr 4:2). Matthieu allègue l’une des raisons pour lesquelles le Maître agit ainsi : l’emploi de paraboles avait été prédit (#Mt 13:34,35 ; cf. #Ps 49:5; 78:2,3). Quant à Jésus, il révèle lui-même une autre raison, qui explique la première : c’est qu’à certains auditeurs il n’avait pas été donné de comprendre les mystères du royaume des cieux, puisqu’en voyant, ils ne voyaient pas, en entendant ils n’entendaient pas (#Mt 13:10-16). Certains exégètes ont pensé que le Maître s’est servi d’images, seulement afin de rendre les vérités du royaume plus intelligibles et pour aider les gens à s’en souvenir. Cette interprétation ne vaut que pour une catégorie d’auditeurs, dont plusieurs même ne saisirent le sens profond des paraboles que lorsque Jésus le leur eut dévoilé. Le Seigneur savait que le reste de la foule n’était pas disposé à écouter et encore moins à croire vraiment les vérités concernant le Royaume. Si d’une part le moment était venu d’enseigner ces doctrines aux disciples, qui devraient les propager après son départ (#Mr 4:33,34), d’autre part la vérité était désormais cachée à ceux qui l’écoutaient sans repentir. Devant les ennemis irréductibles, l’épiant pour le trahir, et devant la foule versatile, Jésus mesurait ses paroles (#Mr 4:11,12).

 

      En exceptant #Mt 18:23-35 (le serviteur impitoyable), on distingue 3 groupes de paraboles parmi celles qui nous sont parvenues et que Jésus prononça dans la période où il donnait le plus de place à cette forme d’enseignement :

 

a) 8 paraboles révèlent la nature du royaume des cieux (#Mt 13:1-50 ; #Mr 4:26-29). Jésus y ajoute une parabole appliquée à ses disciples (#Mt 13:51,52). C’est au bord du lac de Génésareth que le Maître a dit tout cela, le même jour (#Mt 13:1,53). Ces similitudes contiennent 6 vérités fondamentales :

 

1. Semeur et semence : diverses catégories d’auditeurs accueillent l’Évangile de façons différentes.

2. L’ivraie et le froment, le levain et la fleur de farine : le mal se glisse au milieu du bien semé par l’Évangile.

3. La semence qui croît secrètement, la graine de moutarde, le levain : extension des forces à l’œuvre à la fois visibles et invisibles.

4. Le trésor caché ; la perle de grand prix : valeur du royaume où l’on n’entre que par le sacrifice.

5. Le filet qui rassemble toutes sortes de poissons : mélange subsistant dans le monde religieux jusqu’à la fin.

6. Tout cela finira, non par la conversion de tous, mais par le jugement et la séparation des bons et des méchants (#Mt 13:30,39,43,49-50).

 

b) 19 paraboles environ illustrent l’emprise de l’Évangile sur la vie de l’individu (#Lu 10:25-19:48, excepté #Lu 13:18-21). Jésus prononça la plupart de ces paraboles, sinon toutes, après avoir quitté la Galilée, durant les 6 mois qui s’écoulèrent entre la fête des Tabernacles et sa dernière Pâque : paraboles du bon Samaritain, de l’ami importun, du riche insensé, des serviteurs attendant le retour de leur maître, de la porte étroite, de la première place à table, du festin, de la brebis perdue, de la drachme perdue, du fils prodigue, de l’économe infidèle, du riche et de Lazare, des serviteurs inutiles, du juge inique, du pharisien et du péager, des mines.

c) 5 paraboles (6 en comptant #Mt 24:32-35) sur le jugement et sur la parousie ; elles furent données au cours de la dernière semaine que Christ passait à Jérusalem. La disposition d’esprit des premiers « appelés » apparaît dans la parabole des 2 fils et celle des méchants vignerons (#Mt 21:28-46). Les noces du fils du roi, les 10 vierges, les talents mettent en évidence la nécessité de l’habit de noces, de la vigilance, de la fidélité (#Mt 22:1-14; 25:1-30). L’interprétation des paraboles exige un examen attentif des circonstances qui ont entouré chaque discours, et du but visé par Jésus. Après avoir procédé à cet examen, on constate que leur enseignement est universel et valable pour toutes les circonstances analogues.

 

Troupeau de moutons en Judée. Jésus utilisait souvent des images tirées de la vie quotidienne pour illustrer des vérités spirituelles comme par exemple dans la parabole de la brebis perdue (#Mt 18:12-14).

 

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