Paraclet

09/02/2019 09:56

Paraclet. Du grec paraklêtos (Nouveau Testament 5 fois) : participe passif du verbe kaleô = appeler, composé avec la préposition para = auprès de, à côté de. Le sens littéral = celui qui est « appelé auprès de ».

1. Les emplois en dehors du Nouveau Testament. Comme son équivalent latin advocatus, le substantif fut utilisé occasionnellement comme un terme légal pour indiquer le conseiller appelé à la défense, l’avocat ou l’assistant légal. En grec hellénistique et chez Philon, le mot est employé dans le sens de « défenseur d’une cause ». Chez les rabbins, le mot, dans une transcription hébraïsée  —  paraqlit  —  prend le sens plus précis d’« intercesseur » : la Loi personnifiée, les bonnes œuvres des hommes, les anges, sont qualifiés d’intercesseurs puissants en faveur des hommes devant le tribunal de Dieu.

2. Le sens johannique. Le mot n’est employé que dans les écrits johanniques : 4 fois par rapport au Saint-Esprit et à son ministère sur la terre (#Jn 14:16,26; 15:26; 16:7), et une fois par rapport au Christ et son ministère au ciel (#1Jn 2:1). Si, primitivement, il semble avoir eu un sens passif (celui qui est appelé auprès de quelqu’un pour l’aider), dans les textes cités, le mot prend un sens actif, dont il faut chercher la signification dans le contexte biblique immédiat, notamment dans l’enseignement donné à son sujet par le Seigneur. Il apparaît qu’aucun mot français ne suffit à lui seul pour cerner la richesse de ce titre, tel qu’il est attribué au Saint-Esprit.

      Dans #1Jn 2:1, l’aspect légal du terme apparaît clairement, si bien qu’il convient de le traduire par avocat. Un des ministères du Christ au ciel est de plaider la cause de son peuple devant le Père.

      Dans l’évangile, le mot, appliqué à celui qui est aussi appelé le Saint-Esprit, l’Esprit de la vérité, semble indiquer un ministère plus multiforme, dont la plaidoirie est un aspect parmi d’autres. D’abord, l’expression un autre paraclet (#Jn 14:16) rapproche l’Esprit du Christ : il lui ressemble, et sera envoyé pour continuer l’œuvre que le Seigneur avait commencée en faveur de ses disciples. Cependant, envoyé pour suppléer aux besoins des disciples, il doit rester constamment avec eux, voire être en eux (#Jn 14:16 et suivants), fonctionner comme leur enseignant, et leur rappeler tout ce que Jésus leur avait dit (#Jn 14:26). Il rendra témoignage au Christ (#Jn 15:26). De plus, il travaillera dans le monde, c’est-à-dire auprès des incrédules, pour les convaincre de péché, de justice et de jugement (#Jn 16:8).

      Jésus, qui avait été le pasteur du troupeau, ne peut et ne veut l’abandonner comme des orphelins au milieu d’un monde hostile. C’est pourquoi son « successeur » le remplace auprès des disciples, pour leur faire comprendre la révélation du Père dans le Fils, leur rappeler à quel prix ils ont été rachetés et à qui ils appartiennent, les conseiller, les diriger, les soutenir, les relever, et les rendre capables de témoigner à leur tour pour le Seigneur et contre le monde. Ainsi, Consolateur (dérivé du participe actif ho parakalôn) ne semble pas la meilleure traduction  —  n’en déplaise à certains Pères de l’Église  —  mieux vaut retenir plusieurs autres traductions qui se complètent : représentant, avocat, soutien, défenseur, conseiller.

 

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