Paul (3 de 6 )

06/11/2018 08:01

Paul (3).

9. Second voyage missionnaire. Peu après la conférence de Jérusalem, Paul proposa à Barnabas un 2e voyage (#Ac 15:36). Paul ayant refusé d’accepter que Jean-Marc les accompagnât de nouveau, Barnabas ne suivit pas l’apôtre, qui emmena Silas (voir ce nom). Les missionnaires visitèrent d’abord les Églises de Syrie et de Cilicie, puis franchirent les défilés du Taurus afin d’atteindre les communautés que Paul avait fondées lors de son premier voyage. Ils gagnèrent Derbe, puis Lystre, où l’apôtre circoncit Timothée, pour éviter d’offusquer les Juifs, car Timothée, qu’il voulait emmener, était de père grec. Paul faisait ainsi preuve d’esprit de conciliation, bien qu’il ne cédât rien sur la question de principe. Timothée étant d’ascendance juive par sa mère, le problème n’était pas le même que s’il se fût agi d’un chrétien d’origine entièrement païenne. De Lystre, ils gagnèrent semble-t-il, Icone et Antioche de Pisidie.

      La suite de leur itinéraire, fort discutée par les commentateurs, a suscité 2 interprétations :

1. Ramsay et d’autres exégètes pensent que les Églises du 1er voyage sont ces « Églises de Galatie » auxquelles l’épître aux Galates fut plus tard adressée ; voir Galatie, Galates (Épître aux). Ces commentateurs soutiennent que Paul alla directement d’Antioche de Pisidie au nord et traversa la province romaine d’Asie, mais sans y prêcher, puisque « le Saint-Esprit ne lui permit pas d’annoncer la Parole en Asie » (#Ac 16:6). Arrivés « aux confins de la Mysie » (#Ac 16:7), les missionnaires essayèrent d’entrer en Bithynie, mais en furent de nouveau empêchés. Laissant alors de côté (l’original peut aussi signifier « négligeant »), la Mysie, ils allèrent à l’ouest, en traversant ou longeant la Mysie, pour atteindre Troas.

2. L’interprétation la plus répandue est que d’Antioche de Pisidie, les voyageurs se dirigèrent au nord-est et pénétrèrent en Galatie proprement dite. Paul tomba malade, mais profita de cet arrêt chez les Galates pour leur annoncer l’Évangile et fonder les Églises de Galatie (#Ga 4:13-15). L’ordre de ne pas prêcher dans la province d’Asie détermina cet itinéraire d’Antioche de Pisidie vers le nord-est. Quand Paul eut fini de prêcher en Galatie proprement dite il essaya d’entrer en Bithynie, mais le Saint-Esprit s’opposa de nouveau à ses projets. L’apôtre s’avança alors à l’ouest (la 2e interprétation rejoint ici la 1re) en traversant la Mysie ou en la longeant pour gagner Troas. Luc ne parle que très brièvement de cette période. Le Saint-Esprit pousse les missionnaires en avant vers l’Europe, et le récit de Luc est aussi précipité que leur élan.

      À Troas, Paul eut la vision d’un Macédonien implorant son secours (#Ac 16:9). En réponse à cet appel, les missionnaires, auxquels se joignit Luc, firent voile pour l’Europe, débarquèrent à Neapolis, et atteignirent la ville importante de Philippes, après avoir suivi la grande voie romaine. C’est à Philippes que Paul fonda l’Église (#Ac 16:11-40) qui restera particulièrement chère à son cœur (#Ph 1:4-7; 4:1,15). C’est aussi dans cette ville qu’il se heurta pour la première fois à la magistrature romaine et découvrit que sa qualité de citoyen romain pouvait parfois sauvegarder son œuvre (#Ac 16:20-24,37-39). Laissant Luc à Philippes, Paul se rendit à Thessalonique, avec Silas et Timothée. La brève relation d’#Ac 17:1-9 sur l’Église de Thessalonique est complétée par les renseignements des 2 épîtres aux Thessaloniciens. Dans cette ville, l’apôtre gagna beaucoup de Grecs, posa avec grand soin les bases de l’Église, et donna l’exemple du travail, de la frugalité, faisant des tentes pour n’être à charge à personne (#1Th 2, etc.). Mais les Juifs de Thessalonique déchaînèrent la persécution contre Paul ; les frères le firent alors partir avec Silas, pour Bérée, où la prédication suscita de nombreuses conversions, même chez les Juifs. De là, Paul gagna Athènes. Cette ville le déçut ; #Ac 17:22-31 résume le discours qu’il prononça devant les philosophes, sur la colline de Mars (Aréopage). Paul expose les vérités communes au stoïcisme et à l’Évangile, ajoutant fidèlement devant un auditoire très critique que ces hommes devaient se tourner vers le vrai Dieu, se repentir et croire en Christ, en vue du jugement à venir et de la résurrection.

  L’apôtre alla ensuite à Corinthe, y resta 18 mois et gagna de nombreuses âmes à la foi. Il y fit la connaissance d’Aquilas et de Priscille et partagea leur maison (#Ac 18:1-3). La prédication de Paul provoqua la colère des Juifs ; il cessa de fréquenter la synagogue et annonça dès lors l’Évangile chez un nommé Justus, dont la maison était contiguë à la synagogue (#Ac 18:5-7). #Ac 18:9,10 et #1Co 2:1-5 font allusion aux souffrances morales de Paul à Corinthe, à sa résolution d’annoncer en Grèce, comme ailleurs, l’Évangile du Crucifié ; 1 Corinthiens révèle son succès aussi bien que les tentations des chrétiens de Corinthe, objets de la sollicitude de l’apôtre. La situation des autres Églises l’inquiétait aussi. C’est à Corinthe qu’il rédigea les 2 épîtres aux Thessaloniciens, contenant des directions pratiques et une mise en garde contre certaines erreurs doctrinales. L’hostilité des Juifs ne cessait pas. Ils firent comparaître Paul devant Gallion, nouveau proconsul de Corinthe. La découverte en 1905 de la « Pierre de Delphes » permet de situer le proconsulat de Gallion probablement entre mai 51 et 52, et de préciser ainsi la date de ce séjour de Paul à Corinthe. Gallion déclara que la synagogue devait trancher elle-même le différend, l’apôtre n’ayant pas violé la loi romaine. Ainsi donc, à cette époque, Rome protégeait les chrétiens en les assimilant aux Juifs. Paul put rester à Corinthe sans être molesté. De toutes les missions de Paul, celle de Corinthe fut l’une des plus fructueuses. Il se rendit ensuite à Éphèse ; il ne s’y attarda pas, promit d’y revenir, et fit voile pour Césarée, d’où il se hâta sans doute de gagner Jérusalem. Il y salua l’Église, puis retourna à Antioche de Syrie, point de départ de ce second voyage (#Ac 18:22) pendant lequel il avait porté le christianisme en Europe, en évangélisant la Macédoine et l’Achaïe. L’Évangile venait de faire un grand pas dans la conquête de l’empire romain.

10. Troisième voyage missionnaire. Après un court séjour à Antioche, Paul entreprit son 3e voyage, probablement en 53 après Jésus-Christ Il parcourut « la Galatie, la Phrygie, affermissant tous les disciples » (#Ac 18:23) puis gagna Éphèse. Le Saint-Esprit permettait donc à Paul d’annoncer la Parole dans la province d’Asie, tandis que lors du 2e voyage, il le lui avait interdit. L’apôtre fit d’Éphèse, capitale de l’Asie Mineure, sa base d’opérations pendant 3 ans (#Ac 19:8,9; 20:31). Il enseigna 3 mois dans la synagogue (#Ac 19:8), puis 2 ans dans l’école, ou salle de conférences, d’un nommé Tyrannus (#Ac 19:9). Caractéristiques de l’apostolat à Éphèse : étendue et profondeur de l’enseignement (#Ac 20:18-31) ; miracles extraordinaires (#Ac 19:11,12) ; réussite telle que tous les habitants de la contrée entendirent la Parole du Seigneur (#Ac 19:10) ; attitude amicale de quelques-uns des principaux fonctionnaires de la province d’Asie à l’égard de Paul (#Ac 19:31) ; opposition perpétuelle, furieuse même (#Ac 19:23-40 ; #1Co 4:9-13; 15:32) ; sollicitude de l’apôtre envers toutes les Églises (#2Co 11:28). De nombreux épisodes de la vie de Paul durant cette période ne figurent pas dans les Actes. Apprenant que des judaïsants attaquaient sa doctrine et le discréditaient en Galatie, Paul rédigea l’épître aux Galates, dans laquelle il défend son apostolat. C’est la première épître définissant et exposant la doctrine de la Grâce. L’Église de Corinthe écrivit à Paul pour lui soumettre de graves questions. Il lui répondit par une lettre, qui ne nous est point parvenue, traitant des relations des nouveaux convertis avec le milieu païen ; #1Co 5:9 y fait allusion. Des rapports ultérieurs révélèrent d’autres désordres dans l’Église de Corinthe, à laquelle l’apôtre envoya alors l’épître que nous appelons 1 Corinthiens. Les chrétiens de Corinthe reçurent par cet écrit des directives pratiques et des conseils disciplinaires qui prouvent la sagesse de Paul. Les éléments séditieux poursuivirent cependant leur œuvre de sape. De nombreux exégètes pensent que le père spirituel de cette jeune Église lui fit une brève visite pour y rétablir l’ordre, après l’envoi de 1 Corinthiens (cf. #2Co 12:14; 13:1). Avant de quitter Éphèse, l’apôtre envoya Tite à Corinthe, probablement avec une lettre disciplinaire visant l’un des réfractaires. Tite devait ensuite rejoindre Paul à Troas (#2Co 2:12), ce qu’il ne fit pas. L’apôtre, inquiet, se rendit en Macédoine (#Ac 20:1), où il retrouva Timothée et Éraste, qu’il y avait dépêchés (#Ac 19:22). Tite arriva enfin (#2Co 2:12-14; 7:5-16), portant la nouvelle que les Corinthiens se conformaient loyalement aux instructions de Paul. Celui-ci leur écrivit alors 2 Corinthiens, celle des épîtres où il donne le plus de détails autobiographiques. Il se réjouit de l’obéissance des Corinthiens, leur recommande la collecte pour les chrétiens de Jérusalem, et défend encore son apostolat. De Macédoine, Paul se rendit à Corinthe, y passa l’hiver 56-57, acheva de discipliner et d’organiser l’Église de cette ville. C’est alors qu’il écrivit son exposé le plus complet de la doctrine du salut, l’épître aux Romains. L’apôtre désirait vivement exercer son ministère à Rome (#Ac 19:21 ; #Ro 1:11,15; 15:23-28), mais ne pouvait y aller tout de suite, car il devait porter à Jérusalem les dons des païens convertis. C’étaient surtout des amis et des disciples de Paul qui avaient introduit l’Évangile à Rome (cf. #Ro 16). Par son épître aux Romains, Paul les instruisit parfaitement de la doctrine qu’il proclamait.

     L’étape suivante devait l’amener pour la dernière fois à Jérusalem. Ses compagnons représentaient diverses Églises de païens convertis (#Ac 20:4). Les Juifs s’étaient farouchement opposés à l’évangélisation des gentils. Quant aux chrétiens issus du judaïsme, ils se méfiaient de Paul et de son œuvre. C’est pourquoi l’apôtre demanda aux Églises de la gentilité de prouver leur loyauté par l’envoi d’une offrande généreuse aux chrétiens pauvres de la Judée. Paul et ses amis quittèrent Corinthe afin de porter ces dons à Jérusalem. Apprenant que les Juifs préparaient un guet-apens, ils renoncèrent à s’embarquer et à se rendre directement en Syrie. Ils firent un détour par la Macédoine (#Ac 20:3). Paul resta à Philippes, tandis que ses compagnons gagnaient Troas (#Ac 20:5). Luc le rejoignit à Philippes. Après la Pâque, Paul et Luc, s’embarquèrent à Néapolis, port de Philippes, pour retrouver leurs amis à Troas, où ils passèrent 7 jours (#Ac 20:6). Une Église s’y était formée. Luc dépeint les événements qui se déroulèrent immédiatement avant le départ de l’apôtre (#Ac 20:7-12). Paul alla de Troas à Assos par voie de terre, une distance d’environ 32 km. Il rejoignit à Assos ses compagnons de voyage, qui l’avaient précédé par voie maritime (#Ac 20:13). Leur vaisseau atteignit Mitylène, sur la côte orientale de l’île de Lesbos, passa au sud entre l’île de Chios et la côte d’Asie Mineure, toucha l’île de Samos le lendemain, arriva à Milet le surlendemain (#Ac 20:14,15). Certains manuscrits indiquent que le groupe « fit escale à Trogylle » après avoir quitté Samos (voir Trogylle). Milet était à 58 km au sud-ouest d’Éphèse. Paul, qui avait hâte d’atteindre Jérusalem, ne voulut pas aller à Éphèse, mais envoya chercher les anciens de cette Église. Ils accoururent à Milet, où l’apôtre leur adressa ses dernières exhortations, révélatrices de sa consécration, de son amour pour ces convertis, de son intuition prophétique (#Ac 20:18-35). Quittant Milet, le navire fit voile vers l’île de Cos (#Ac 21:1), à 64 km au sud. Le lendemain, il atteignit Rhodes, capitale de l’île de ce nom, à environ 80 km au sud-est de Cos. De Rhodes, le vaisseau gagna, à l’est, Patara sur la côte de Lycie (#Ac 21:1), où le petit groupe monta sur un autre bateau en partance pour la Phénicie (Syrie) (#Ac 21:2). Le navire passa en vue de Chypre, qu’il laissa à gauche, puis atteignit Tyr (#Ac 21:3). L’apôtre et ses amis y restèrent 7 jours ; les chrétiens de Tyr supplièrent Paul en vain de ne pas se rendre à Jérusalem (#Ac 21:4). Après avoir prié avec eux (#Ac 21:5,6), l’apôtre et ses compagnons montèrent sur un bateau allant à Ptolemaïs (aujourd’hui St-Jean-d’Acre). Ils demeurèrent un jour auprès des frères de cette localité, puis arrivèrent à Césarée par la route (#Ac 21:7,8). Ils logèrent chez Philippe l’évangéliste. Agabus, le prophète qui avait prédit une famine lors du 1er séjour de Paul à Antioche de Syrie (#Ac 11:28), se lia les pieds, les mains, et annonça que les Juifs lieraient Paul et le livreraient aux païens. Malgré ces avertissements et les larmes de la communauté, Paul et quelques disciples montèrent à Jérusalem (#Ac 21:11-14). Ainsi prit fin le 3e voyage missionnaire (voir l’article suivant pour la suite).

 

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