Péché

06/11/2018 07:52

Péché.

1. Définition. « Le péché est la transgression de la loi » (#1Jn 3:4). « Là où il n’y a point de loi, il n’y a point non plus de transgression …  Le péché n’est pas imputé, quand il n’y a point de loi » (#Ro 4:15; 5:13). Le péché est donc toute désobéissance à la volonté révélée de Dieu, notre grand Législateur. Qu’il s’agisse d’une faute d’omission (négligence de faire ce que la Loi ordonne) ou de commission (action interdite par la Loi) (#Ja 4:17) ne change rien à l’affaire. Le plus grand commandement est celui de l’amour pour Dieu (#Mr 12:28-31 ; #Ro 13:8-10) ; celui donc qui n’aime pas a commis le plus grand péché, la faute par excellence, qui consiste à se mettre soi-même et sa volonté propre à la place de Dieu.

2. Terminologie. Pris dans son sens strict, le mot péché est une traduction de l’hébreu Hatta’t (ou Het’, Hatta’ah) et du grec hamartia = un manquement de but ou une déviation d’une cible (#Ge 20:9 ; #Jug 20:16 ; #Ro 3:23). Cependant péché est souvent utilisé comme un terme générique, couvrant tout ce qui, dans la disposition, les desseins et le comportement des créatures rationnelles de Dieu est contraire à la volonté révélée du Seigneur (#Ro 3:20; 7:7 ; #Ja 4:17 ; etc.). Voici quelques mots qui font ressortir divers aspects du péché :

-hébreu : ’avel, ‘avlah,’avon ; grec : adikia ; sens : injustice, manque de droiture, tort (#Ge 44:16 ; #Ro 9:14)

-hébreu : pecha’ ; grec : parabasis ; sens : transgression délibérée, crime (#1R 8:50 ; #Esa 1:28 ; #Ro 4:15)

-hébreu : pecha’ ; grec : paraptôma ; sens : faute, erreur (délibérée) (#Mt 6:14 et suivant ; #Ep 2:1)

-hébreu : recha’ ; grec : anomia ; sens : contravention, éloignement de la Loi, iniquité (#2S 22:22 ; #Mt 7:23)

-hébreu : recha’ ; grec : paranomia ; sens : illégalité (proche d’anomia  —  #2P 2:16)

- hébreu : ma’al ; grec : apistia ; sens : incrédulité, infidélité, trahison (#Mt 13:58 ; #Ro 3:3; 4:20).

      D’autres termes grecs évoquent d’autres aspects du péché : kakia et ponêria = le mal moral et spirituel ; opheilêma = dette ; et enochos = coupable devant la Loi. En général, le péché dans tous ses aspects, formes et expression, est une révolte contre Dieu de la part de l’homme qui, par une décision intelligente et volontaire, refuse de se conformer à la nature de Dieu et d’obéir à sa Loi. En sa qualité d’être moral, créé à l’image de Dieu, il en porte la responsabilité, d’où l’extrême gravité du péché dans la révélation biblique.

3. Origine du péché. Le péché était présent dans l’univers avant la chute d’Adam et d’Ève (#Ge 3:1 ; #Jn 8:44 ; etc.). Son origine fait partie du « mystère de l’iniquité » (#2Th 2:7) : peut-être une explication rationnelle aurait-elle eu pour résultat de nous distraire par rapport à la préoccupation biblique première, savoir l’origine et les conséquences du péché dans la vie humaine (#1Ti 2:14 ; #Ja 1:13). Ainsi, le premier homme, créé bon, doté d’une nature morale et de la capacité d’obéir ou non, ne résiste pas au Tentateur (#Ge 3). Le but atteint de ce dernier est de semer le doute quant à la véracité et l’amour fidèle de Dieu, d’inspirer chez Ève et Adam une « déclaration d’indépendance » par rapport à Dieu, et de les pousser dans une rébellion blasphématoire en cherchant l’égalité avec Dieu. De cette manière, le péché d’Adam a une dimension à la fois intellectuelle, volontaire et affective (voir Chute).

      On appelle péché originel ce péché d’Adam, qui a entraîné toute sa race dans la chute et la mort (#Ro 5:12). Dans l’article Chute, nous montrons cependant le caractère non biblique de la doctrine romaine sur ce point : d’après elle, le baptême « ôte le péché originel » de l’enfant nouveau-né, faute de quoi si ce dernier meurt, il ne peut être sauvé. L’enfant a évidemment hérité une nature pécheresse (#Ep 2:3), mais il n’est pas coupable de transgression de la Loi divine tant qu’il ne l’a pas perçue. Paul décrit l’état d’innocence dans lequel il vivait jusqu’à ce que l’éveil de sa conscience lui fasse connaître le commandement, la convoitise, la chute personnelle et la mort (#Ro 7:7-11).

4. Conséquences du péché.

a) Relations rompues : l’homme, créé pour vivre dans la présence de Dieu et en communion avec lui, fuit sa rencontre #Ge 3:8 la colère de Dieu s’exprime au travers d’une condamnation, d’une malédiction et de l’expulsion du jardin : il ne saurait en être autrement si Dieu veut rester fidèle à lui-même et à ses attributs de justice et de sainteté.

b) Race humaine déchue : La chute marque, non seulement Adam et Ève, mais aussi toute leur postérité : la race humaine tout entière est solidaire de ses premiers parents dans le mal, l’histoire d’iniquité et de violence tout au long des siècles en est un témoignage éloquent. Cette solidarité comprend les dimensions suivantes :

a) Imputation : par la transgression d’un seul homme, le péché, la condamnation et la mort sont passés sur tous les hommes, parce que tous ont péché dans le péché d’Adam (#Ro 5:12,14-19 ; #1Co 15:22). Cette imputation est la conséquence du rôle d’Adam par rapport à sa postérité : celui de chef représentatif (l’accomplissement du salut en Christ est fondé sur le même principe de solidarité, dans l’union des croyants avec leur Sauveur) (voir Imputation) ;

b) Corruption : la postérité d’Adam a hérité de sa nature pécheresse, c’est-à-dire d’une perversité de pensée, de disposition, de volonté, de conscience et d’affectivité (#Mr 7:20-23 ; #Ro 3:10-18 ; etc.). La pensée de l’homme naturel est conditionnée, gouvernée par son inimitié contre Dieu. C’est ici qu’intervient l’expression théologique de « dépravation totale » : tous les hommes ne sont pas entièrement « pourris », et peuvent avoir des vertus naturelles, promouvoir la justice civique et laisser parler leur conscience parce que l’œuvre de la Loi est écrite dans leur cœur (#Ro 2:14). Cette expression signifie que la corruption du péché a pénétré dans toutes les parties constituantes de l’être humain ; par conséquent, les œuvres qu’il accomplirait dans la conformité à la Loi ne suffisent pas pour plaire à Dieu et satisfaire à ses exigences absolues en vue du salut (#Ro 8:7 ; #1Co 2:14 ; etc.) ;

c) L’universalité du péché n’est que trop évidente. D’abord, l’homme a une hérédité qui le porte au péché (#Ps 51:7; 58:4 ; #Job 14:4). Puis notre être tout entier est contaminé par le mal : nos pensées, nos actions, nos paroles, nos sentiments, notre volonté (#Ge 6:5; 8:21 ; #Mt 15:19 ; #Ga 5:19-21 ; #Ro 7:14-23) ; aussi n’existe-t-il aucun être humain qui soit juste devant Dieu (#1R 8:46 ; #Ec 7:20 ; #Ro 3:9-12,23 ; etc.) ;

d) Incapacité : l’homme déchu ne peut changer son caractère ni agir indépendamment de lui. Il ne peut connaître les choses de l’Esprit de Dieu parce que celles-ci sont spirituellement discernées (#1Co 2:14). Non seulement l’homme n’est-il pas assujetti à la Loi de Dieu-il ne peut même pas s’y soumettre (#Ro 8:7,8). Même la foi lui est impossible en dehors d’une intervention de grâce divine (#Jn 6:44,65). La condition désespérée de l’homme déchu et son esclavage au péché mettent en relief la gloire de l’Évangile, en ce que celui-ci a le pouvoir de lui procurer ce qu’il est absolument incapable d’acquérir par lui-même ;

e) Culpabilité et condamnation : la colère de Dieu est la réponse inévitable et nécessaire de sa justice à la révolte de l’homme, et de nombreux textes dans l’Ancien Testament et le Nouveau Testament affirment sa réalité. Le langage de l’Écriture a pour but de souligner la sévérité de cette colère sainte et juste (#Jn 3:36 ; #Ro 1:18; 2:5,8; 3:5; 5:9 ; #Ep 2:3; 5:6 ; etc.) ;

f) Rétribution. Le jugement du péché est une conséquence inévitable de ce qui précède et prend des expressions actuelles et futures (#Ro 1:18 et suivants). Il maintient la réputation de Dieu, le Législateur et Magistrat juste et saint. Son action dans le temps présent peut atteindre plusieurs buts : but rédempteur : amener le pécheur à la repentance et la foi ; but pédagogique : discipliner le croyant ; but préventif : empêcher le péché et en limiter les ravages.

c) La création soumise à la vanité. Expressioon mystérieuse, cette affirmation (#Ro 8:19-22) nous rappelle que la création dans son ensemble a subi les conséquences de la chute : dur labeur, dérèglement de la nature, maladies et souffrance, mort de la flore et de la faune. Situation provisoire qui attend la création de nouveaux cieux et d’une nouvelle terre dans lesquels régnera la justice.

5. Victoire sur le péché. Au cœur de la Bible est son témoignage à l’intervention puissante de Dieu contre le péché, essentiellement par la Rédemption accomplie en son Fils, Jésus-Christ, le second Adam. Grâce à l’œuvre du Christ  —  sa naissance miraculeuse, sa vie d’obéissance parfaite, sa mort à la croix, sa résurrection d’entre les morts, son ascension à la droite du Père, son règne dans l’histoire et son retour glorieux  —  le péché a été vaincu.

  Jésus a été « fait péché » pour nous (#2Co 5:21). Une telle expression nous dépasse ; elle signifie que Christ a non seulement pris sur lui à la croix tous les péchés du monde, comme notre bouc émissaire (#Lé 16:21 ; #Esa 53:5-6,8,10 ; #1Jn 2:1), mais qu’il est devenu comme l’expression même du péché devant Dieu, qui l’a maudit au lieu de nous maudire (#Ga 3:13).

a) La conviction du péché, c’est-à-dire la conviction d’être pécheur est une des plus grandes grâces que le Seigneur puisse nous accorder. En fait, elle est la clé qui donne accès à toutes les autres. Seul, son Esprit peut la produire (#Jn 16:8). Pour être justifié, l’homme doit s’écrier, tout d’abord : « Sois apaisé envers moi, qui suis un pécheur » (#Lu 18:38). Si nous prétendons n’avoir pas de péché, nous mentons (#1Jn 1:8,10).

b) Le pardon des péchés est désormais acquis à quiconque croit de tout son cœur au sacrifice du Calvaire. L’Agneau de Dieu a ôté le péché du monde (#Jn 1:29) ; il a aboli le péché par son sacrifice unique (#Hé 9:26) ; son sang nous purifie de tout péché (#1Jn 1:7). Ayant ainsi donné son Fils pour nous, Dieu ne nous traite plus selon nos péchés (#Ps 103:10,12).

      La cène est le signe du sang de l’alliance répandu pour la rémission des péchés (#Mt 26:28). Quiconque croit en Christ reçoit par son nom le pardon des péchés (#Ac 10:43). Ces péchés, rouges comme le cramoisi, sont devenus blancs comme la neige (#Esa 1:18) ; il les a jetés derrière lui, et les a effacés comme une nuée (#Esa 44:22) ; il les a précipités au fond de la mer (#Mi 7:19). Il va même jusqu’à les oublier (#Mi 7:18) ! Ils n’existent plus devant lui (#Jér 50:20). Alléluia ! Pour le péché irrémissible, voir Saint-Esprit et Pardon.

      Tous les effets de la chute en Adam ont été annulés : l’honneur de Dieu est maintenu, sa sainteté satisfaite et sa gloire manifestée. À la culpabilité de l’homme, Dieu répond par la Justification (voir ce terme), à sa corruption par la Sanctification (voir ce terme), à sa souffrance et sa mort par la Glorification (voir Glorifier). Voir Pardon.

 

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