Pentateuque (2).

07/08/2018 14:35

Pentateuque (2).

 

      La haute critique a contesté que Moïse soit l’auteur du Pentateuque. Pour étayer cette hypothèse, on cite quelques versets, dont on prétend qu’ils font allusion à une époque postérieure à Moïse :

 

1. #Ge 12:6 : « Les Cananéens étaient alors dans le pays » (cf. #Ge 13:7). On a voulu faire dire à ce verset que les Cananéens n’étaient plus dans le pays du vivant de l’auteur de la Genèse ; or la phrase signifie simplement que les Cananéens se trouvaient en même temps qu’Abraham dans le pays qui lui était promis.

2. #Ge 14:14 déclare qu’Abraham poursuivit les coalisés jusqu’à Dan. On objecte qu’au temps des patriarches, l’endroit s’appelait Laïch, que le nom de Dan ne lui fut donné qu’à l’époque des Juges (#Jug 18:29). Réfutation : Il n’est pas certain que le Dan de la Genèse désigne le même lieu que le Dan des Juges. Si cependant c’était le cas, les copistes ultérieurs ont pu écrire Dan au lieu de Laïch, pour plus de clarté. Le texte hébreu présente quelquefois de légères altérations.

3. #Ge 36:31 dit : « Voici les rois qui régnèrent au pays d’Édom, avant qu’un roi régnât sur les enfants d’Israël. » On prétend que Saül régnait déjà sur Israël quand ce verset fut écrit. Mais les rois d’Édom (#Ge 36:32-43) ont régné avant Moïse lui-même ; ce dernier note la chose au moment où les Israélites, auxquels des rois avaient été promis, n’en avaient pas encore (#Ge 17:6,16; 35:11).

4. On allègue que les mots « de l’autre côté du Jourdain » (à l’est du fleuve) indiquent que l’écrivain était en Canaan (#De 1:1), ce que cette expression n’implique pas nécessairement. Canaan avait été habité par Abraham, Isaac et Jacob, et les Israélites le considéraient comme la Terre promise. Toute la contrée de l’est était pour eux « de l’autre côté du Jourdain » (cf. #Ge 13:10-11; 50:10-11), et c’est là que se trouvait encore Moïse. Quelle que fût la rive du fleuve sur laquelle habitaient les Israélites, ils nommaient Abarim (« qui sont de l’autre côté ») les montagnes s’élevant à l’est de la mer Morte. Beaucoup plus tard, ils appelèrent Pérée (région au-delà) le territoire situé entre le Yabboq et l’Arnon.

5. Chacun admet que #De 34:5-12 (relatant la mort de Moïse et le comparant aux prophètes subséquents) n’a pu être écrit par lui ; mais la présence de cet appendice n’est pas un argument contre la mosaïcité du Pentateuque.

 

 

      En 1707, un théologien nommé Vitringa, convaincu de l’authenticité de la Genèse, émit l’opinion que Moïse avait dû se servir en partie de documents transmis par les patriarches et conservés par les Israélites. En 1753, le Français Jean Astruc, médecin habile, fils, paraît-il, d’un pasteur qui aurait abjuré, attribua la Genèse à plusieurs auteurs principaux, nommés par lui A, B, C, D, etc. et de qui Moïse aurait employé les écrits. Astruc prétendit distinguer 2 auteurs par l’usage qu’ils font des termes Elohim et Yahvé pour nommer Dieu. En outre, il déclara discerner 10 documents secondaires, ne contenant pas le nom de Dieu et relatifs à des peuples païens. Eichhorn (1783) adopta cette hypothèse et s’ingénia à la développer, affirmant que la Genèse est une compilation opérée par Moïse, auquel il attribuait pourtant le reste du Pentateuque. Mais on s’avisa bientôt que les principes qui avaient abouti au démembrement de la Genèse permettaient de traiter de même le Pentateuque entier. Ayant admis cela, on déclara que les documents relatifs à l’époque de Moïse provenaient aussi de ces sources plus anciennes, et n’avaient pu être rassemblés par lui pour composer le Pentateuque tel que nous l’avons. Voici les principaux arguments à l’appui de cette hypothèse qui porte le nom de Wellhausen, savant allemand de la 2e moitié du XIXe siècle.

 

1. Alternance des noms Elohim et Yahvé pour désigner Dieu dans les sections successives.

2. Continuité de chaque prétendu document examiné isolément.

3. Diversité de style, de vocabulaire, d’idées dans les différents documents.

4. Doublets, ou récits prétendus contradictoires, indices de documents distincts. L’hypothèse en question, née d’une simple supposition a subi, de la part des critiques, de nombreuses modifications visant à résoudre les problèmes qu’elle soulevait elle-même.

 

 

      On prétend maintenant discerner les documents principaux suivants, qui auraient servi à composer le Pentateuque (quoique tous les critiques soient loin d’être d’accord entre eux sur bien des points).

 

  1. L’auteur appelé J (Jahviste, parce qu’il nomme Dieu Jahvé) aurait vécu en Juda environ en 950-850 avant Jésus-Christ. Certains critiques divisent encore cette « source » en J1 et J2.
  2. b) L’auteur E (Elohiste, appelant Dieu Elohim, l’Éternel dans nos versions françaises), se situerait vers 750 avant Jésus-Christ
  3. c) Après la chute de Samarie, un « rédacteur » JE aurait combiné J et E en y ajoutant de son cru.
  4. d) Le document D comprendrait la plus grande partie du Deutéronome. Ce serait le livre de la Loi « retrouvé » dans le Temple sous Josias en 621 (#2R 22; 23).
  5. e) H (Holiness) serait le « Code de Sainteté » (#Lé 17:1-26:@) traitant de la pureté cérémonielle ; les critiques discutent pour savoir s’ils le placent avant ou après Ézéchiel.
  6. f) P (de Prêtre), dit Code sacerdotal ; rédigé par les prêtres pendant l’exil, il aurait été lu à la foule (sous le nom de Moïse) par Esdras vers 398 avant Jésus-Christ.
  7. g) Enfin, un ou plusieurs compilateurs auraient amalgamé tous ces éléments hétérogènes pour en faire le Pentateuque actuel. Ainsi, « au début du IIe siècle avant Jésus-Christ la Loi formait un tout complet, dont on ne soupçonnait vraisemblablement pas le caractère composite. Nous ne risquons guère de nous tromper en fixant la date de son achèvement aux environ de l’an 300 avant Jésus-Christ » (Œsterley et Robinson, Introduction to the Books of the Old Testament, page 63 ; cf. également L. Gautier, Introduction à l’Ancien Testament).

 

 

Réfutation. Les arguments ne manquent pas pour montrer la fragilité et l’invraisemblance de cette succession d’hypothèses compliquées et non appuyées par les faits.

 

1. Cette théorie implique la négation de la vérité historique de l’Ancien Testament presque tout entier. Elle n’affecte pas seulement des détails occasionnels ou d’infimes inexactitudes, Wellhausen lui-même le reconnaissait.

2. On prétend que la Loi n’a formé un tout complet qu’au début du IIe siècle avant Jésus-Christ ; or les Septante ont traduit en grec l’Ancien Testament dès le milieu du IIIe siècle, en commençant certainement par le Pentateuque. Comment peut-on prétendre que la rédaction de ce dernier était à peine achevée, et que ces illustres traducteurs ne s’en sont même pas rendu compte ?

3. La découverte par les critiques de tant de « sources » de notre texte actuel remonte à 100 ou 200 ans tout au plus. Comment expliquer que les Juifs, si farouchement conservateurs et si attachés à la personne comme à l’œuvre de Moïse, ne se soient jamais aperçus qu’on lui attribuait la paternité de tant de faux documents forgés après coup ? Et comment auraient-ils accepté sans protester avec véhémence tous ces différents corps de lois avec toutes leurs exigences nouvelles, qu’on leur imposait successivement au nom de Moïse ? Nous avons déjà vu que tous les auteurs de l’Ancien Testament et du Nouveau Testament, ainsi que Jésus lui-même, reconnaissent la mosaïcité des premiers livres de la Bible. Se seraient-ils donc tous trompés ?

4. Le Pentateuque Samaritain (voir ce mot) représente, croit-on, un texte qui fut apporté à Samarie après la déportation des 10 tribus (722 avant Jésus-Christ), à l’époque de la construction du temple du mont Garizim (#2R 17:28). Une autre tradition ancienne prétend même qu’il serait une copie d’un texte conservé dans le royaume du nord depuis le règne de Roboam. Or le Pentateuque Samaritain (à part des différences de lecture) est le même que celui des Septante et des Massorètes ; il a été rédigé beaucoup plus tôt que ne le disent les critiques, dont toute la théorie des dates s’effondre. Il est aussi très peu vraisemblable que les Samaritains, violemment hostiles aux Juifs, aient accepté plus tard dans leur histoire tout ce code de lois de la main de leurs ennemis déclarés.

5. Un autre problème que ne résout pas la thèse de Wellhausen est celui du livre de Josué. Les critiques prétendent y trouver, comme dans le Pentateuque, les « sources » J, E, D, P, et pensent qu’il a dû faire partie du même ensemble. Dans ce cas, pourquoi les Samaritains ne l’auraient-ils pas adopté avec le Pentateuque ? D’ailleurs, les allusions de Josué au livre de la Loi (#Jos 1:8; 8:31-32; 23:6) montrent clairement qu’il en a toujours été séparé. C’est ainsi que les Juifs l’ont constamment considéré et lui ont donné dans leur canon une place bien distincte de la « Loi ». Le mot Pentateuque est la traduction de l’expression par laquelle les Juifs désignaient les « cinq cinquièmes de la Loi ».

6. De solides arguments linguistiques en faveur de la mosaïcité du Pentateuque ont été rassemblés par le professeur R. Dick Wilson (La haute critique est-elle scientifique ? et Scientific Investigation of the Old Testament). Alors que des mots d’origine perse se trouvent dans les Chroniques, Esdras, Néhémie, Esther, Daniel, aucun ne se rencontre dans le Pentateuque (quoique le prétendu « Code Sacerdotal » soit attribué à l’école d’Esdras). Le professeur A. S. Yahuda a noté d’autre part de nombreuses preuves d’influence égyptienne dans la langue et la pensée du Pentateuque, qui s’expliquent seulement si Moïse en est l’auteur. Il est clair qu’il y a dans ces 5 livres des différences de style et d’expression ; elles sont facilement explicables par les sujets traités et les documents utilisés. « Il n’est pas scientifique de glaner des passages spéciaux, tels que des généalogies, des contrats solennels, ou des ordonnances rituelles, et de les grouper en postulant un auteur différent, sous prétexte que leur vocabulaire est particulier ! » (Manley, Nouveau Manuel de la Bible, page 131).

7. Au travers de la Bible, la révélation est progressive. Il est certain que les psalmistes et les prophètes ont reçu des lumières toujours plus précises sur le salut, le Messie, l’avenir et l’au-delà. Les notions données à ce propos dans le Pentateuque sont encore élémentaires et correspondent au stade dans lequel se trouvait alors le peuple de Dieu. Ce fait évident du développement de la doctrine interdit d’attribuer une date si tardive à tous les prétendus « documents ».

8. L’existence, à une époque reculée, des lois et des institutions du Pentateuque est attestée par les nombreuses traces qu’on en trouve dans les écrits des plus anciens prophètes. Pour ne pas être obligé d’admettre que ces lois et cette organisation existaient déjà bien avant le VIIIe siècle avant Jésus-Christ, on allègue que ces passages ont été introduits tardivement, par interpolation, dans les œuvres prophétiques authentiques ; mais l’on n’avance aucune preuve à l’appui de cette assertion. D’ailleurs, l’examen des livres des prophètes montre que ces allusions au Pentateuque sont liées de façon indissoluble au contexte, et forment une partie essentielle des discours de ces serviteurs de Dieu.

9. L’hypothèse de l’origine tardive des institutions juives est partie d’une fausse conception de la civilisation ancienne à l’époque de Moïse. La théorie de l’évolution, aujourd’hui très combattue, était en vogue il y a 100 ans et influençait une grande partie de la théologie. On croyait que Moïse ignorait l’écriture, et n’avait donc rien pu rédiger lui-même ; or, la preuve est faite que l’écriture date de milliers d’années avant lui. On pensait aussi qu’il était impossible à des tribus à demi sauvages de mettre sur pied un code de lois et un rituel aussi élaborés que ceux du Pentateuque ; donc, tout ce qui était développé au point de vue social, légal, religieux et spirituel devait forcément dater d’une époque tardive. Maintenant, les recherches historiques et archéologiques modernes ont démontré que par exemple les Babyloniens et les Égyptiens avaient eux-mêmes une civilisation, une législation et un cérémonial rituel extrêment développés bien avant l’apparition de Moïse. Les Israélites au Sinaï ne partaient donc pas de zéro, comme on l’avait faussement imaginé. Moïse homme d’État et chef spirituel aux écoutes de Dieu, fut manifestement inspiré dans le choix qu’il fit parmi les notions, les dispositions, les coutumes et son époque ; il reçut en même temps la révélation du Dieu Esprit, saint, miséricordieux, unique, qui dominait cette économie. Il résuma et exposa de façon intelligible les grandes vérités dont Israël devint le dépositaire et le témoin pour toute l’humanité. Voir Moïse, Hammourabi, Autel, Sacrificateur, Tabernacle, Théocratie.

 

 

Du point de vue littéraire, ajoutons encore quelques objections à la théorie des « documents ».

 

1. Il est impossible de différencier les documents en se basant strictement sur le principe que certains mots caractéristiques décèleraient divers rédacteurs. Considérons, par exemple, l’emploi des diffèrents noms de Dieu (idée qui engendra l’hypothèse en question). Le mot Yahvé (traduit par l’Éternel) dénoterait le document J. D’après la théorie, ce nom, dans la Genèse, ne devrait pas figurer dans les documents attribués à E. et P. Or, il s’y trouve (#Ge 5:29; 7:16; 14:22; 15:1,2; 17:1 ; #Ge 20:18; 21:1,33; 22:11,14,15,16). En outre, le nom d’Elohim (Dieu) ne devrait pas être dans le prétendu document J ; cependant il s’y rencontre (#Ge 3:1-5; 4:25; 6:2,4; 7:9; 9:26,27; 33:5,11; 43:14, etc.). Sans parler du fréquent usage des 2 noms réunis : l’Éternel Dieu (#Ge 2:5, en tout 11 fois dans ce seul chapitre). Ces exemples-là tirés uniquement de la Genèse, et ne concernant que 2 mots caractéristiques, suffisent déjà à annuler ce prétendu critère. On tente de justifier la présence de ces cas gênants en supposant que le compilateur les a introduits de son plein gré dans le texte, ou les a empruntés à un autre document. On avance parfois que le rédacteur de J a employé « avec discernement » le terme Elohim (Dieu), allégation qui anéantit la théorie des documents. En effet, si le rédacteur s’est parfois servi à dessein d’une telle expression, il peut l’avoir employée volontairement chaque fois. C’est ce qu’affirment les défenseurs de la mosaïcité du Pentateuque. Ils déclarent que ces expressions viennent à leur place et qu’en général on voit pourquoi l’auteur les a voulues telles. Elohim désigne Dieu comme Créateur et soutien de l’univers, chef de toutes les créatures. Yahvé évoque le Dieu de la grâce, lequel se révèle à l’homme ; voir Dieu (Noms de).

2. L’argument de la continuité que présenterait chaque document séparé ne résiste pas à l’examen. Document J : on prétend que le récit se terminant à #Ge 4:25,26 reprendrait à #Ge 5:28,29; 6:1-4,5-8 ; de là, il passerait à #Ge 7:1-5. J ne donnerait donc pas une relation suivie, mais des fragments séparés, et l’on ignorerait tout de l’origine de l’arche. On accorde ensuite à J : #Ge 10:21-25-30; 11:1-9,28-30; 12:1-4a. Mais alors qui étaient Térah, Harân, Abram ? Le récit n’a plus rien de suivi. Voyons P : ce rédacteur P expose censément la création (#Ge 1:1-2:4a) ; il dit donc au #Ge 1:31 : « Dieu vit tout ce qu’il avait fait ; et voici cela était très bon. » Puis, après avoir établi la généalogie d’Adam (#Ge 5:1-28a) P déclare soudain : « La terre était corrompue devant Dieu » (#Ge 6:11). Comment s’est-elle corrompue si P ne sait rien de la chute ? Le récit du début de la vie d’Abram est aussi coupé en morceaux. Dans un texte que l’on prétend de J, on attribue à P (pour quelles raisons ?) les versets suivants : #Ge 11:27,31,32; 12:4,5; 13:6,11,12; 16:1,3,15,16. Ceux qui croient à la mosaïcité du texte peuvent au contraire facilement démontrer l’unité du sujet, la suite logique de la pensée, l’équilibre des parties, la gradation du récit. Ce qu’ils disent est bien plus admissible que l’invraisemblable découpage auquel aboutit « l’exercice d’ingéniosité mal placée » des critiques (selon une expression du professeur Orr, Problem of the Old Testament, page 237). Pour citer encore un exemple à ce propos, #Ge 37 devient un puzzle de 26 fragments dont 3 ne sont qu’une partie de verset ! Tout autre commentaire est superflu. Voir Genèse.

3. La théorie des récits parallèles, de styles et donc d’auteurs différents se montre fausse, précisément dans le seul cas où elle peut être contrôlée par des preuves externes. On prétend que, dans le récit du déluge, la description du catalysme figure 2 fois, en 3 versets successifs : « … en ce jour-là toutes les sources du grand abîme jaillirent, et les écluses des cieux s’ouvrirent » (#Ge 7:11, document P) ; et : « Sept jours après, les eaux du déluge furent sur la terre …  La pluie tomba sur la terre quarante jours et quarante nuits » (#Ge 7:10,12, document J). En outre, il y aurait ici 2 styles différents : l’un plein de vie, de poésie, et l’autre, qui se borne à constater prosaïquement les faits. Mais les Babyloniens et les Assyriens nous ont transmis un récit du déluge ; comparé à celui de la Genèse, il présente les mêmes répétitions, qu’on a voulu appeler « récits parallèles » quand il s’agissait de la Genèse ; les mêmes variations de style se rencontrent dans les passages correspondants de la relation assyro-babylonienne (voir ce récit dans l’article Déluge). Les différences de style ne constituent pas une difficulté pour les partisans de la mosaïcité du Pentateuque : la variété des sujets comporte forcément diverses manières de les traiter.

4. Les preuves externes annulent aussi l’argument des prétendues contradictions des « parallèles ». Selon P, Dieu avertirait Noé de l’imminence d’un déluge d’eaux (#Ge 6:17), mais ne lui révélerait pas sa cause : fonte des neiges, pluie, ou raz-de-marée. P contredirait donc J, qui (paraît-il) affirme que le Seigneur ordonna à Noé d’entrer dans l’arche, parce que, 7 jours plus tard, il allait faire pleuvoir sur la terre pendant 40 jours et 40 nuits (#Ge 7:4). Or, le récit assyrien rejoint de nouveau la narration hébraïque : il ne s’agit pas de 2 récits divergents, mais d’événements successifs. En effet, dans la relation assyrienne, comme dans la Genèse, l’homme est d’abord exhorté à construire un bateau pour échapper à la mort par l’eau ; plus tard, dans les 2 cas, il est précisé que la catastrophe sera produite par la pluie. Le récit de la Genèse, sous sa forme inspirée, reproduit une tradition ancestrale des Hébreux. Se baser sur des différences de style et de prétendues contradictions, afin d’attribuer le texte à divers auteurs, est une théorie qui ne soutient pas l’examen. Pour une discussion complète de toute cette question, voir Henry Green : The Higher Criticism of the Pentateuch, et The Unity of the Book of Genesis ; W. H. Guiton, l’Ancien Testament et la critique, 1926 ; O. T. Allis, The Five Books of Moses, 1943 ; Aalders, A Short Introduction to the Pentateuch, 1949 ; Gl. Archer, Introduction à l’Ancien Testament, 1984, pages 82 et suivantes ; Nouveau Commentaire biblique, 1978, pages 36-46. A. L. et R. P.

 

 

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