Persévérance, Persévérer.

09/07/2018 13:04

Persévérance, Persévérer. Ténacité face au découragement ou à l’opposition. Dans l’Ancien Testament, le peuple d’Israël a attendu pendant des générations l’accomplissement de promesses que beaucoup de croyants n’ont jamais pu voir, car ils n’ont pas vécu assez longtemps (#Hé 11:1,13,21,22,39). La promesse de Dieu à Abraham a nourri l’espoir des Hébreux des siècles avant l’entrée en Canaan. La leçon apprise au désert, alors que l’amour initial du peuple (pour Dieu) s’affaiblissait, ne fut pas oubliée (#Hé 3:16-19) ; les prophètes regardèrent toujours, au-delà des échecs et des drames, vers un avenir glorieux (#Jér 32:1-15 ; #Os 3:4-5 ; #Joe 2:26-27 ; #Da 7; 12:11-13).

      Dans le Nouveau Testament, le nom grec proskarterêsis n’apparaît que dans #Ep 6:18, où il désigne la prière persévérante des chrétiens. Le verbe proskartereô souligne la constance de la vie chrétienne (cf. #Ac 2:42; 6:4), en particulier dans la vie de prière (#Ac 1:14 ; #Ro 12:12 ; #Col 4:2). Dans plusieurs autres passages, les croyants sont exhortés à persévérer dans la prière (#Lu 18:1-8 ; #Ph 4:6 ; #1Th 5:17).

      Dans l’épître aux Hébreux, l’auteur utilise l’image de la course (cf. #1Co 9:24) pour appeler les chrétiens à endurer (hupomoneô) la persécution, afin de remporter le prix qui est la vie éternelle (#Hé 12:1 et suivant). Voir Patience.

      Dans #Ja 1:25, le verbe paramenô s’applique aux chrétiens qui observent la loi de Jésus-Christ avec constance, ce qui leur procure joie et bonheur. Dans ce domaine, les échecs de Judas, Demas et Hyménée sont notoires. Ils nous rappellent le risque de négliger le salut (#Hé 2:3), d’être disqualifiés (#1Co 9:27), de tomber, alors que nous pensons être debout (#1Co 10:12), de devenir rétrogrades (#Hé 6:1-8). Mais Jésus-Christ a dit « celui qui persévérera jusqu’à la fin sera sauvé » (#Mt 10:22; 24:13).

      Une telle insistance sur le danger d’être rétrograde ne saurait être accidentelle. Les pressions de la société païenne, le danger de la persécution, les réactions émotionnelles après une première expérience magnifique, etc. représentaient des menaces réelles pour la foi des croyants. Mais #Lu 21:19 affirme que la persévérance permettra de sauvegarder son âme (cf. #Ro 5:3 ; #Col 1:11).

      Heureusement, la persévérance n’est jamais seulement l’affaire de l’homme. Dans l’Ancien Testament, Dieu n’a pas modifié son dessein de salut pour l’humanité. Il a maintenu son alliance avec elle, même si elle a dû être renouvelée (#Jér 31:31-34). De plus, l’amour divin (hébreu Hesed) signifie une loyauté constante.

      Le Nouveau Testament nous donne l’assurance que Jésus-Christ élévera les siens au dernier jour. Personne ne peut les arracher de ses mains ou de celles du Père. Jésus-Christ nous empêchera de tomber. Dieu est fidèle, lui qui opère en nous le vouloir et le faire selon son dessein bienveillant. Il ne permettra pas que nous soyons tentés au-delà de nos forces. Rien, dans le ciel ou sur la terre, ne nous séparera de l’amour de Dieu. Nous avons déjà été scellés du Saint-Esprit, ce qui nous garantit le salut éternel, et nous sommes gardés par Dieu pour le jour de la rédemption.

      Dans l’Écriture, la tension entre les différentes exhortations et l’assurance du salut a donné lieu à des discussions entre les partisans d’un salut éternel et inaltérable offert à tous les croyants et ceux qui pensent que bien que le salut vienne entièrement de Dieu, il n’exclut pas la participation de la liberté humaine donnée par Dieu (mal exprimé). Le paradoxe intellectuel ne trouve de solution que dans l’expérience de la dépendance profonde de l’homme envers Dieu, l’homme qui se sait pleinement responsable de chercher et d’accepter l’assistance divine.

 

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