Pharaon

14/06/2018 00:49

Pharaon. Le terme pharaon, en égyptien, dérive de pr (= grand palais). Titre du roi d’Égypte, il est parfois employé dans la Bible avec le nom du souverain, mais le plus souvent sans nom. Ainsi plusieurs pharaons cités dans la Bible sont difficilement identifiables.

      Il en est ainsi des pharaons qui régnaient au temps d’Abraham et de Joseph, ainsi que pour le pharaon de l’oppression et celui de l’Exode (voir Égypte II ; #Ex 2 ; Exode, Date de l’).

      Il en est de même pour le pharaon qui reçut le jeune Hadad, Édomite, au temps du roi David et à qui le pharaon donna, comme femme, la sœur de son épouse, la reine Tahpenès (#1R 11:14-22). Plus tard, Hadad voulut rentrer chez lui, après la mort de David, au temps de Salomon, et devint ainsi un ennemi de Salomon (#1R 11:25).

      Pharaon est devenu le beau-père de Salomon par le mariage de celui-ci avec sa fille (#1R 3:1), il s’agit peut-être de Siamen. Ce nom de Siamen a été proposé parce qu’un fragment de stèle trouvé à Tanis en Égypte représente Siamen (de la 21e dynastie), s’apprêtant à tuer un ennemi, probablement un Philistin. Cela correspondrait au raid de ce pharaon contre les Philistins au moment de la prise de Guézer, toujours habité par les Cananéens (#1R 9:16). Par la suite, il a rendu Guézer à Salomon en guise de dot de sa fille.

      Pharaons nommés dans la Bible.

1. Vers la fin du règne de Salomon, un autre pharaon, Chichaq I (945-924 avant Jésus-Christ) ou Sheshonq (pharaon libyen qui fondit la 22e dynastie) soutenait le jeune Jéroboam, ennemi de Salomon. Puis la 5e année du règne de Roboam, Chichaq envahit le royaume de Juda, et, traîtreusement, poussa jusqu’en Israël où régnait son « ami », le roi Jéroboam. À Karnak, sur un grand bas-relief, se trouve une liste des 150 villes et villages conquis par Chichaq lors de cette expédition. Curieusement, l’un des endroits pris s’appela Champ d’Abraham. Deux bracelets d’or datant de cette époque ont été trouvés posés sur la momie de Chichaq II à Tanis dans le delta du Nil (voir la figure du bracelor d’or).. Osarkon I a pu offrir aux dieux d’Égypte plus de 350 tonnes d’or et d’argent ! On peut bien imaginer l’origine de cette richesse : Jérusalem ! (#1R 14:26).

2. Zérah et Osarkon I. Zérah, Éthiopien ou Nubien (littéralement le Kouchite) envahit Juda vers 897 avec une grande armée d’Éthiopiens et Libyens (Égyptiens). Il semble qu’Osarkon I, successeur de Chichaq I, ait été trop paresseux pour y aller lui-même ! Son général Zérah malgré toutes ses forces armées, n’a pas réussi son entreprise (#2Ch 14:8-14 : N.B. : dans le texte biblique, Zérah n’est pas appelé pharaon). S’appuyant sur l’Éternel, Asa, roi de Juda, a mis l’armée de Zérah complètement en déroute à Marécha, et l’a poursuivie jusqu’à Guérar. Zérah est probablement venu à Marécha depuis Guérar, par le Chemin du Pays des Philistins.

3. So. Plus tard dans l’histoire, chaque fois que les Royaumes d’Israël et de Juda se trouvaient menacés par une grande puissance, ils avaient comme réflexe instinctif la pensée de s’appuyer sur l’Égypte. Ce fut le cas d’Osée, dernier roi d’Israël qui régnait à Samarie. Il se tourna vers So, pharaon d’Égypte, bien qu’il fût vassal du roi assyrien (#2R 17:1-5).

      L’identification de Ca est difficile. Il y a plusieurs propositions :

a) Tefnakhte, de la 23e dynastie, qui habitait à Saïs dans le delta.

b) Shabaka, 1er roi, ou Shabakota, 2e roi de la 25e dynastie.

c) Sibe, ou Sewe, le Tartân d’Égypte, dont parle le roi assyrien Sargon II.

      En fait, nos connaissances actuelles ne nous permettent pas de l’identifier.

4. Tirhaqa. Le roi assyrien Sennachérib (705-681 avant Jésus-Christ) envoya son Rabchaqé à Jérusalem lors de son invasion de Juda pour avertir le roi Ézéchias de sa « défaite » imminente. Ézéchias ne broncha pas et fut accusé par les Assyriens de s’appuyer sur le pharaon d’Égypte, « ce roseau cassé qui pénètre et perce la main de quiconque s’appuie dessus » (#2R 18:19-25). Le prophète Ésaïe aussi prévint Ézéchias contre toute tentative de ce genre (#Esa 30:1-7).

Est-ce que des négociations avec l’Égypte ont effectivement eu lieu ? (#2R 19:8-9). Peut-être, car Tirhaqa (690-664 avant Jésus-Christ), pharaon (ou général ?) égyptien, attaqua Sennachérib à Elteqé, mais fut vite défait.

5. Néko. Le pharaon Néko II (609-594 avant Jésus-Christ), de la 26e dynastie, est surtout connu pour avoir tué, en 608, près de Meguiddo, Josias, le dernier roi pieux de Juda (#2R 23:29-30). Cette bataille a peut-être empêché Néko de secourir Assour-Ouballit le roi assyrien qui luttait contre les Babyloniens près de Harân. Cependant, par la suite Néko a gardé une certaine autorité en Syrie. Aussi a-t-il convoqué le jeune Yoahaz, devenu roi à Jérusalem à la place de son père Josias, à Ribla, où il l’enchaîna avant de l’amener en Égypte où celui-ci mourut (#2R 23:31-34). C’est Yehoyaqim, un frère aîné de Yoahaz, qui leva le tribut exigé par Néko. En 605, Néko fut complètement défait à Karkemich par Neboukadnetsar et Yehoyaqim devint un vassal des Babyloniens. Après 3 ans, Yehoyaqim, comptant apparemment toujours sur Néko, se révolta contre les Babyloniens, mais « le roi d’Égypte ne sortit plus de son pays » (#2R 24:7) et Yehoyaqim fut finalement écrasé par Neboukadnetsar.

6. Hophra. Le dernier contact de Juda avec l’Égypte eut lieu pendant le règne de Sédécias, dernier roi de Juda et frère de Yehoyaqim. Face à la menace babylonienne  —  et malgré son alliance avec Neboukadnetsar (#Ez 17:11-18)  —  lui aussi chercha le secours d’un pharaon : de Hophra (588-569). Celui-ci, roi guerrier, s’attaqua à Neboukadnetsar, mais comme Jérémie l’avait prédit, il ne réussit pas à le vaincre (#Jér 37:1-10).

 

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