Philosophie, grec

15/05/2018 12:19

Philosophie, grec : amour de la sagesse. L’esprit philosophique pur, qui cherche à pénétrer le principe des choses considérées en elles-mêmes, est étranger à la mentalité orientale. Au cours des siècles, la grande distinction entre les philosophies orientale et occidentale a été ceci : le raisonnement oriental reste sur le plan religieux ; l’occidental même s’il est de tempérament religieux, a poussé l’investigation bien au-delà de ce plan, par le moyen de la seule raison. L’Orient s’est occupé de philosophie morale, l’Occident de métaphysique. La pensée grecque diffère de la pensée hébraïque. Les 2 courants intellectuels ont évolué indépendamment, mais il y a eu quelquefois contact, influence réciproque ; celui qui étudie la Bible ne doit pas l’ignorer. L’Hébreu base ses concepts sur la révélation. Il tire sa sagesse de l’expérience des générations passées, observe la vie, le comportement des hommes, les conséquences de leurs actions. Muni de directives sûres, il s’efforce de découvrir dans quelle mesure l’expérience confirme la vérité religieuse. La question paradoxale de la souffrance des justes, de la prospérité des méchants le hante. L’Hébreu arrive à la certitude que la crainte de Dieu est le commencement de la sagesse. La philosophie hébraïque porte dans la Bible le nom de « sagesse ». Salomon, roi philosophe, recueillit les maximes des sages, et écrivit de nouveaux proverbes tirés de sa propre observation, de son expérience variée. Les proverbes de Salomon ont pour thème essentiel l’attitude à l’égard du prochain et envers Dieu. Ils traitent de la pureté, de la modération dans le manger et le boire, la maîtrise de soi, l’honnêteté, la responsabilité, la conduite à tenir en présence des grands. Partant de ces principes et de leurs apparentes exceptions, la pensée hébraïque traite les questions morales non sous l’angle des résultats immédiats et personnels, mais à la lumière de leurs conséquences pour la postérité et des futures rétributions de Dieu. Le philosophe hébreu contemple aussi la nature et y découvre partout le dessein divin (#Ps 104:24), l’intelligence qui a créé et qui maintient le monde (#Pr 3:19). Il déclare que la nature révèle la sagesse divine, déjà existante avant la création. L’écrivain hébreu personnifie cette sagesse éternelle (#Pr 1:20-33; 8:12) qui présida à l’établissement du ciel et de la terre (#Pr 8:22-31 ; #Job 28:12-27). La sagesse n’est point une créature, mais un attribut de Dieu, le principe gouvernant l’univers. Les écrivains ultérieurs poussèrent encore plus loin cette pensée (Sagesse, 7.22-8.5 ; 9.4, 9) ; voir Sagesse.

 

      La philosophie grecque dit-on en général, commença avec Thalès, vers 640 avant Jésus-Christ. On distingue 3 périodes :

 

1. Les écoles antérieures à Socrate ; elles apparurent dans les colonies grecques d’Asie Mineure. Leur recherche portait sur la constitution de l’univers. La source première en est-elle un élément fondamental, tel que l’eau, ou l’air ? ou un Être infini, éternel, immuable ? ou un équilibre spontané des forces ?

2. Les écoles socratiques, représentées surtout par Socrate, Platon, Aristote (469-322 avant Jésus-Christ). Leur centre était Athènes. Ces philosophes élaborent une théorie des idées qui sont la forme (ou l’essence) des choses. Ce n’est point une métaphysique seulement abstraite, mais une science de la morale. Pour faire surgir la vérité fondamentale, et la faire découvrir à ses interlocuteurs, Socrate emploie le dialogue et le raisonnement par induction : partant d’observations fort simples, il aboutit à des définitions qui formulent la vérité dissimulée sous les apparences et les opinions variables. Aristote n’accorde d’autorité qu’à la raison, et rejette ce qu’il ne peut prouver logiquement.

3. Les écoles postérieures aux systèmes socratiques ; après Aristote on s’attache à baser l’éthique sur la métaphysique. Épicure (342-270 avant Jésus-Christ) fonde sa morale sur le plaisir résultant de la pratique de la vertu. Zénon (vers 308 avant Jésus-Christ) enseigne que la morale doit être absolument désintéressée. Cette école, dite stoïcienne, préconise l’accomplissement du devoir. Quant aux philosophes sceptiques, ils déclarent que la science ne procure pas la certitude. Pour les premiers adeptes de ce système, être convaincu qu’on ne peut rien savoir et renoncer à une telle poursuite, c’est atteindre le bonheur. Voir Épicuriens ; Stoïciens.

    Alexandre le Grand mourut en 323 avant Jésus-Christ ; Aristote en 322. Quand la culture hellénique commença à se répandre en Palestine et parmi les Juifs de la Dispersion, la philosophie grecque avait atteint son apogée. L’épicurisme et le stoïcisme, qui se développaient en Grèce durant la période des premiers contacts entre Grecs et Israélites n’influencèrent que fort peu la pensée hébraïque. Mais Platon et Aristote exercèrent sur elle une grande attraction. L’influence des écoles socratiques se remarque semble-t-il chez les sadducéens. Bien qu’ils prétendent se fonder sur un autre principe que celui d’Aristote, les sadducéens paraissent avoir rejeté tout ce qui n’est pas acceptable à la seule raison. Les penseurs juifs d’Alexandrie se pénétrèrent des philosophies issues du système socratique ; Philon, éminent protagoniste du judaïsme et contemporain du Christ, en est un exemple frappant. Tout en professant leur attachement à la loi mosaïque, les philosophes juifs d’Alexandrie essayaient de démontrer que certaines théories grecques qu’ils affectionnaient, en particulier celles de Platon, se trouvaient déjà en germe dans l’Ancien Testament. Amalgamant la sagesse des Grecs aux doctrines de Moïse, ils créèrent un nouveau système. Pour éluder les contradictions, ces Juifs adoptèrent une méthode d’interprétation allégorique et arbitraire de l’Ancien Testament qui touchait jusqu’à la géographie. Le contact avec la philosophie grecque apprit aux Juifs à élargir leurs méthodes et leurs thèmes de discussion. Dans son discours à l’Aréopage, et au début de l’épître aux Romains, l’apôtre Paul présente ses arguments d’une façon vraiment philosophique (#Ac 17:30 ; #Ro 1:19,20). L’empreinte de la philosophie grecque sur les auteurs des apocryphes se remarque à propos d’idées telles que celle de la préexistence de l’âme (#/APCJ Sag 8:19,20). Cette influence se manifeste aussi par l’emploi de mots nouveaux et par le sens donné à certaines expressions. Le mot « forme » par exemple, dans #Ph 2:6, signifie essence, somme totale des attributs : c’est le sens qu’Aristote attribuait à ce terme. La précision de la pensée, l’exactitude des définitions témoignent aussi de l’influence hellénique. Une hérésie d’origine orientale, le gnosticisme, se répandait ; dans l’épître aux Colossiens, Paul réfute les arguments de ceux qui prétendent combiner le gnosticisme et le christianisme. L’apôtre fait une démonstration de la véritable position de Christ relativement à Dieu et au monde. Voir Épicuriens ; Stoïciens.

 

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