Pierre, Caillou

15/05/2018 12:08

Pierre, Caillou. Le sol rocailleux de la Palestine exigeait souvent l’enlèvement des pierres avant la mise en valeur par la culture (#Esa 5:2). On ruinait les champs et les puits des ennemis en y jetant des cailloux (#2R 3:19,25).

 

      Usages divers des pierres :

1. Construction : jetées, quais (Guerre juive 1.21.6) ; remparts (#1R 15:22) ; maisons (#Lé 14:45 ; #Am 5:11) ; palais (#1R 7:1,9) ; forteresses, temples (#1R 6:7) ; dallages de cours, colonnes (#Est 1:6). Sous Hérode et à d’autres époques aussi, on pavait les rues ; voir Rues. La pierre servait à faire les aqueducs, réservoirs, ponts, murs de protection des vignes (#Pr 24:30,31). Les pierres des autels (#Ex 20:25), des murs et des monceaux commémoratifs ne devaient pas être taillées (#Ge 31:46). Des amas de pierres brutes constituaient les tombeaux des gens voués à l’interdit (#Jos 7:26; 8:29 ; #2S 18:17). Ce genre de sépulture est encore à la mode de nos jours, en Syrie et en Arabie, même s’il ne s’agit pas de criminels. Certains édifices nécessitaient des pierres sciées, taillées (#1R 7:9-11), parfois énormes ; ce fut le cas pour les murs du Temple (#1R 7:10), et pour le môle de Césarée bâti par Hérode (Guerre juive 1.21.6). Voir Monument.

2. Blocs isolés : utilisés pour fermer des citernes, des puits, l’entrée des tombeaux (#Ge 29:2 ; #Mt 27:60 ; #Jn 11:38), comme bornes de champs (#De 19:14), et probablement en guise de poteaux indicateurs (#Jér 31:21). À l’époque romaine, des pierres milliaires se trouvaient le long des principales voies de communication ; il y en avait entre Tyr et Sidon, entre Pella et Gerasa : quelques-unes y sont encore. On dressait des pierres pour rappeler le souvenir de certaines personnes, d’événements (#Ge 31:45; 35:14,20 ; #2S 18:18). Des annales figuraient sur certains de ces monuments (Hérodote 2.106) ; voir Moab (Pierre de). Des pierres à l’état brut, ou sculptées, servaient parfois d’idoles (#Lé 26:1 ; #De 29:16 ; #2R 19:18 ; cf. #Esa 57:6). Certaines pierres, presque toujours des aérolithes, devenaient sacrées aux yeux des païens. On les appelait en grec baituloi et baitulia. On prétendait qu’elles pouvaient se mouvoir, parler, protéger du mal. Leur nom grec, fort probablement d’origine sémitique, est apparenté au mot bet’el (béthel) et indique peut-être qu’on tenait la pierre pour l’habitation d’une puissance surnaturelle, esprit ou divinité. Les Sémites n’employaient pas ce terme pour désigner les stèles rudimentaires, érigées là où se célébrait un culte (#De 12:3) ; voir Hauts lieux. Les Israélites dressaient parfois une pierre commémorative à l’endroit où Dieu s’était révélé à eux (#Ge 28:18-22; 35:14 ; #1S 7:12 ; #Esa 19:19), et donnaient un nom religieux à ce lieu (#Ge 28:19; 35:7), ou même à la pierre (#1S 7:12). De même, ils donnaient quelquefois à un autel l’un des noms de Dieu (#Ge 33:20 ; #Ex 17:15 ; cf. #Ge 35:7). Mais ces passages prouvent qu’ils n’attribuaient aucun pouvoir divin à la pierre elle-même ou à l’autel ; ils ne lui rendaient aucun culte. La pierre perpétuait simplement un souvenir religieux : l’adoration qu’ils rendaient à Dieu en était indépendante (#Ge 31:54; 35:1,7 ; #1S 7:9). Voir Monument.

3. Pierres servant à la manipulation : projectiles de frondes et de catapultes (#Jug 20:16 ; #1S 17:40 ; #2Ch 26:15 ; #/APCJ Sag 5:22 ; #/APCJ 1Ma 6:51) ; pierres jetées en cas de lapidation (voir ce mot). On tirait des étincelles de pierres à feu (#/APCJ 2Ma 10:3). Des pierres grossièrement façonnées servaient de couteaux (#Jos 5:2). Les poids étaient souvent constitués par des pierres taillées (#De 25:13) ; voir Poids et mesures. Des tables de pierre, couvertes d’inscriptions, constituaient des documents (#Ex 24:12). L’eau se mettait dans des vases de pierre (#Ex 7:19 ; #Jn 2:6). Les animaux destinés aux holocaustes étaient égorgés sur des tables de pierre (#Ez 40:42). Une pierre ronde, pesant à peu près 15 kg était roulée sur le grain pour le réduire en farine ; on broyait aussi le grain au moyen de 2 pierres superposées, servant de meules (#De 24:6).

 

 

      Le caillou blanc d’#Ap 2:17 a suscité diverses explications.

 

1. Tablette de pierre portant le nom de quelqu’un ; employée pour le tirage au sort.

2. Caillou, ou fève, portant le nom d’un candidat aux élections grecques ; celles-ci s’effectuaient par tirage au sort.

3. Tessère d’acquittement, utilisée dans les tribunaux grecs.

4. Tessère présentée au vainqueur des Jeux Olympiques.

5. À Rome, ordre que l’empereur faisait lancer aux vainqueurs lors des combats dans les arènes.

6. La meilleure explication est peut-être celle-ci : petite pierre blanche (d’usage courant pour des inscriptions) ; sa couleur symbolise le caractère céleste du chrétien victorieux. Le nom inscrit est la garantie de la promotion à la gloire à venir.

   La pierre, symbole de dureté, d’insensibilité (#1S 25:37 ; #Ez 36:26), représente aussi la force morale (#Job 6:12; 41:16). Les disciples de Christ sont comparés à des pierres vivantes formant un temple spirituel, dont Christ est la pierre angulaire (#Ep 2:20-22 ; #1P 2:4-8).

 

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