Typologie

07/02/2014 14:05
Typologie. La Bible, riche en paraboles et en comparaisons, emploie très fréquemment des types, des symboles, des allégories pour illustrer des vérités abstraites ou encore lointaines. Paul voit une allégorie dans les 2 femmes d’Abraham : Agar représente l’Ancienne Alliance, la Jérusalem juive, dont les fils étaient encore dans la servitude. Sara, par contre, est le type de la Nouvelle Alliance, de la « Jérusalem d’en haut », dont nous sommes les libres enfants, nés selon l’Esprit (#Ga 4:22-31). Le tabernacle, le culte et le sacerdoce lévitiques étaient destinés à représenter par des symboles tout ce que Christ notre souverain sacrificateur accomplit pour notre salut dans la présence de Dieu ; voir Tabernacle. Le rituel institué par Moïse est donc « l’image et l’ombre des choses célestes » (#Hé 8:4-5). Le sanctuaire terrestre est, en réalité, une « imitation du véritable », copié sur le modèle montré par Dieu à Moïse sur le Sinaï (#Hé 9:11,24 ; #Ex 25:40) ; il nous offre « une image des choses qui sont dans les cieux » (#Hé 9:23). Par la disposition détaillée du tabernacle, la description de ses ustensiles et la fermeture du lieu très saint, « le Saint-Esprit montrait » que Dieu ne pouvait encore admettre les pécheurs en sa présence ; c’était « une figure » pour toute la période où le rituel israélite fut observé (#Hé 9:8-9). Les ordonnances concernant les aliments, les fêtes, les sabbats, étaient aussi « l’ombre des choses à venir », dont le corps est en Christ (#Col 2:16-17). 
 
      Il est donc parfaitement licite de chercher à comprendre, s’il y a lieu, le sens symbolique de tel ou tel passage de l’Écriture. Sainte. Toutefois, pour éviter de tomber dans de néfastes exagérations, il est prudent d’observer les points suivants : 
 
1. On ne peut dogmatiquement donner le sens d’un type que s’il est expressément indiqué par le Nouveau Testament.
2. Si une telle confirmation manque, le type en question ne peut être utilisé que comme une analogie, ou une illustration.
3. Il est bon de se souvenir aussi que si un type de l’Ancien Testament a trouvé son accomplissement dans son antitype du Nouveau Testament, il n’a plus de raison de subsister en soi, ni d’être introduit tel quel dans la Nouvelle Alliance. Par exemple, le sabbat juif était l’ombre du repos en Christ (#Col 2:16-17 ; #Hé 4:9-11 ; voir Sabbat).
 
 
      La réalité nous étant donnée dans l’Évangile, nous n’avons plus besoin de « l’ombre » qu’était l’obligation légale. De même, les vêtements sacerdotaux, les ablutions de la cuve d’airain, les sacrifices d’animaux, le pain de proposition mangé par les sacrificateurs, toutes ces « figures » ayant trouvé leur accomplissement en Christ, ont achevé leur rôle et ne peuvent être reprises dans la Nouvelle Alliance (#Hé 9:9-10). 
     Voici encore quelques types expressément indiqués par l’Écriture : Adam « est la figure de celui qui devait venir », c’est-à-dire Christ, le dernier Adam, fondateur de la nouvelle humanité (#Ro 5:14 ; #1Co 15:45) le sang d’Abel est comparé à celui de Christ (#Ge 4:10 ; #Hé 12:24) ; selon Paul, le rocher frappé à Horeb « était Christ » (#Ex 17:6 ; #1Co 10:4) ; l’eau du déluge, qui plongea dans la mort le monde impie « était une figure du baptême » par lequel nous sommes immergés dans la mort de Christ pour ressusciter avec lui, comme le fit Noé par la foi (#1P 3:21 ; #Ro 6:3-4) ; la manne est le type du Pain vivant qui est descendu du ciel (#Ex 16:1 ; #Jn 6:32-33) ; le serpent d’airain était une image de Christ élevé sur la croix (#No 21:4-9 ; #Jn 3:14) ; le voile du sanctuaire était un type de la chair du Christ : tous les 2 furent déchirés lors de la crucifixion (#Hé 10:20 ; #Mt 27:51) ; la victime expiatoire brûlée hors du camp représentait Christ, souffrant pour nous « hors de la porte » ; nous devons, à notre tour, le suivre « hors du camp, en portant son opprobre » (#Lé 4:11-12 ; #Hé 13:11-13) ; l’agneau sans défaut de la Pâque représentait par avance le saint Agneau de Dieu immolé pour notre rédemption (#Ex 12:5-7 ; #1P 1:19-20 ; #Jn 1:29), etc. 
 
      Si la plupart des types énumérés jusqu’ici sont tirés du Pentateuque, il est facile de trouver dans la Bible d’autres exemples de symbolisme : la ceinture de Jérémie (#Jér 13:1-11) ; le vase du potier (#Jér 18:2-10) ; les actions symboliques d’Ézéchiel qui figurent si douloureusement les souffrances d’Israël (#Ez 2:1-3:3; 3:24-27; 4:1-17; 5:1-4,12; 24:16-24). Chacun de ces symboles est interprété dans le texte même. Pour les symboles du Saint-Esprit, voir Saint-Esprit. Dans un livre comme l’Apocalypse, une grande partie du langage même est symbolique. Fort heureusement la plupart des images sont expliquées. Ainsi les 7 chandeliers d’#Ap 1:12 sont les 7 Églises d’Asie (#Ap 1:20) ; l’épée aiguë qui sort de la bouche du Christ, c’est sa parole de jugement (#Ap 1:16; 19:15,21 ; #Esa 11:4 ; #2Th 2:8) ; la fumée des parfums brûlés sur l’autel d’or représente les prières des saints, montant vers Dieu (#Ap 5:8; 8:4) ; le fin lin dont l’Église est revêtue « ce sont les œuvres justes des saints » (#Ap 19:8) ; et ainsi de suite. 
 
      Il s’agit donc d’apprécier la merveilleuse richesse d’images et d’enseignement des types et des symboles bibliques, en se laissant contrôler et guider par l’analogie des Écritures. Cependant gardons-nous de tout vouloir « allégoriser » comme le faisaient par exemple certains Pères de l’Église, car ce serait vider de leur sens réel et définitif les faits les plus concrets de l’histoire du salut et du monde à venir. Voir Figure. 
 
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