Universalisme

23/01/2014 15:59
Universalisme. Le mot universalisme a deux sens différents : 
 
1. il désigne une doctrine ou une religion universelles (= qui s’adressent à tous les hommes, sans distinction de race ou de peuple). Dans ce sens, on peut parler de l’universalisme de la religion chrétienne, car elle offre le salut à tous les hommes. De plus, Dieu est le créateur de l’univers, Jésus-Christ le Sauveur des hommes et le Saint-Esprit le restaurateur de la création à la fin des temps.
2. Dans l’acception la plus courante, l’universalisme désigne la doctrine selon laquelle tous les hommes seront sauvés à la fin des temps. Comment a-t-on passé de l’universalisme 1er sens (ou universalité) à la doctrine non-biblique de l’universalisme ? Par un raisonnement : si le Dieu d’Israël est vraiment Dieu, il est logiquement le Dieu de l’humanité entière et il l’est de toute éternité. Si Dieu est amour, il doit nécessairement englober tous les hommes dans son amour, ce qui l’amènera à les racheter tous.
 
 
      Cette idée fut soutenue pour la première fois par Origène (185-254 après Jésus-Christ) qui utilisa #Ac 3:21 où il est question du rétablissement de toutes choses (grec apokatastasis, d’où le nom apocatastase donné parfois à cette doctrine). Les représentants de l’universalisme enseignent que la volonté du Dieu Sauveur (qui, en Jésus-Christ, a réconcilié le monde avec lui) est de triompher de toute opposition et toute résistance humaine, de manière à ce que tous soient sauvés. 
 
      D’autres ont adhéré à cette doctrine ou à une interprétation analogue de l’Écriture : Grégoire de Nysse, Clément d’Alexandrie et Justin ; Ambroise, Irénée et Augustin en ont parlé d’une manière nuancée, avec une approbation ou une réprobation du bout des lèvres. À l’époque de la Réforme, comme à la fin du 18e siècle, cette conception a été défendue par quelques théologiens. Karl Barth, sans jamais l’accepter totalement, penchait fortement de ce côté, car pour lui, tous les hommes sont prédestinés en Christ d’abord à la perdition, puis au salut. Certains Barthiens ont accompli le saut auquel le maître se refusait. De plus, bien des chrétiens, entraînés par leurs sentiments, ne peuvent admettre la perdition des âmes et manifestent une forte sympathie pour cette solution. 
 
      Les arguments bibliques des universalistes sont fondés sur trois axes de raisonnement : 
 
1. Le dessein de Dieu, qui est la restauration de toutes choses à leur état primitif d’excellence (#Ac 3:21) ;
2. Le moyen de restauration par le Christ (#Ro 5:18 ; #Hé 2:9) ;
3. La nature de cette restauration : l’union de toute âme avec Dieu (#1Co 15:24-28).
 
    Cette interprétation est en contradiction avec la compréhension traditionnelle de l’Église universelle qui voit dans ces versets, non pas tout homme, mais tout homme uni au Christ, et qui adhère à l’enseignement biblique qui maintient clairement la distinction entre la destinée éternelle des justes et celle des méchants (#Mt 25:46 ; #Jn 3:16,36; 5:29 ; #Ro 2:8-10; 9:22-23). 
 
      J.-M. Nicole examine de plus près certains textes sur lesquels les universalistes s’appuient : 
 
      le mot apocatastase employé par l’apôtre Pierre (#Ac 3:21) annonce le « rétablissement de tout ce dont Dieu a parlé par la bouche de ses prophètes ». Or, ceux-ci dans leurs visions de gloire future ont toujours laissé une place pour le châtiment des impies (#Esa 66:21-24 ; Os 14:10 ; #Joe 3:14-21 ; etc.). 
 
      « Dieu veut que tous les hommes soient sauvés » (#1Ti 2:4). Ce verset nous dévoile les intentions généreuses du Seigneur ; mais il ne s’ensuit pas que tous seront effectivement sauvés. Ailleurs, nous lisons que l’Éternel ne désire pas la mort de celui qui meurt (Eze 18:33) hélas ! cela n’empêche pas le méchant de mourir. Dans le même ordre d’idées, pour Ph. Schaff, le mot « tous » dans #Ro 11:32 (« Dieu a renfermé tous les hommes dans la désobéissance, pour faire miséricorde à tous ») enseigne, non pas que tous les hommes seront effectivement sauvés  —  car beaucoup rejettent l’offre divine et meurent dans l’impénitence,  —  mais que Dieu désire sincèrement le salut de tous et y pourvoit réellement. Quiconque est sauvé l’est par grâce ; quiconque est perdu, l’est par la culpabilité de sa propre incrédulité. 
 
      « Par une seule faute, la condamnation s’étend à tous les hommes ; de même par un seul acte de justice la justification s’étend à tous les hommes » (#Ro 5:18). La justification leur est offerte, mais il faut qu’ils l’acceptent par la foi pour en bénéficier. 
 
      Les avertissements relatifs au châtiment éternel sont si clairs, qu’on ne peut pas les écarter. Il convient donc d’éclairer les déclarations bibliques les unes par les autres, de façon à en tirer une doctrine cohérente. Voir aussi H. Blocher, La doctrine du péché et de la rédemption, volume I, pages 59-61 ; volume II, pages 189-202. 
 
 
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