vin

05/12/2013 09:13

Vin. Les grappes mûres, rassemblées dans des corbeilles, étaient jetées dans le pressoir, cuve profonde, en pierre, disposée au-dessus du sol ou taillée dans le roc (#Esa 5:2). Des trous, pratiqués au fond de cette cuve, permettaient au liquide de couler dans un récipient inférieur, qui souvent était aussi creusé dans le roc (#Jér 6:9 ; #Esa 5:2). Un homme, ou deux si la cuve était grande, piétinaient les grappes (#Né 13:15 ; #Job 24:11). En Égypte et probablement en Palestine, les fouleurs, pour ne pas tomber, se tenaient à des cordes fixées au-dessus d’eux. Leurs chants rythmaient le travail (#Esa 16:10 ; #Jér 25:30; 48:33). Le jus du raisin rouge tachait leur peau, leurs vêtements (#Esa 63:1-3). On mettait le liquide de la cuve inférieure dans des outres ou dans des vases de terre (#Job 32:19 ; #Mt 9:17). Quand la fermentation avait atteint le degré désiré, on versait le vin dans d’autres récipients (#Jér 48:11,12).

      Les Israélites buvaient le jus de raisin sous forme de moût sortant du pressoir, ou de vin ayant fermenté. Ils se servaient de vinaigre, obtenu par fermentation plus prolongée du vin ; voir Vinaigre. Dans l’antiquité, on faisait parfois bouillir le moût pour le transformer en sirop ou en miel de raisin ; voir Miel. Les écrivains latins mentionnent diverses méthodes de conservation du raisin et même du moût. On s’efforçait d’en empêcher la fermentation, afin d’avoir un liquide riche en sucre. Les Romains sucraient leurs aliments avec du miel, ou du jus de raisin concentré, obtenu par cuisson du moût.

      Chez les Israélites, les diverses boissons provenant de la vigne portaient des noms particuliers : tiroch (en grec gleukos) désignait le jus fraîchement exprimé de la grappe, et le vin nouveau. Josèphe emploie le grec gleukos en parlant du jus de raisins pressés sur la coupe du Pharaon (Antiquités 2.5.2 ; #Ge 40:11). Les anciens distinguaient entre le jus recueilli de cette façon et le liquide tiré des raisins au pressoir. Quand la fermentation avait commencé, le moût devenait enivrant (#Os 4:11). Lors de l’effusion du Saint-Esprit, à la Pentecôte, on accusa les apôtres d’être pleins de vin doux (#Ac 2:13). Certains exégètes ont prétendu que tiroch ne signifie ni le moût ni le vin nouveau, mais seulement les vendanges. De nombreux textes permettent de réfuter cette allégation (par exemple #Joe 2:24 ; cf. 4.13 ; #No 18:12 ; #Né 10:38 ; #Os 4:11 ; #Esa 62:8,9; 65:8 ; #Mi 6:15 ; #De 7:13; 11:14; 12:17 ; #Os 2:7 ; #Joe 1:10; 2:19).

      L’hébreu ’asis dérivé d’un mot signifie « fouler », désignait le jus de raisin ou d’autres fruits, surtout le jus non fermenté. Le terme s’appliquait cependant aussi à des boissons fermentées (#Esa 49:26 ; #Am 9:13). Il est parfois question de moût de grenade (#Ca 8:2). Les Israélites buvaient volontiers le moût, mais lui préféraient le vin vieux (#Lu 5:39 ; #/APCJ Sir 9:10).

     L’hébreu yayin est apparenté au mot sémitique d’où sont dérivés le grec oinos et le latin vinum. L’araméen hamar, ou hemer, désignait la même boisson ; le premier passage biblique contenant le terme yayin se trouve dans #Ge 9:21, où il signifie « jus fermenté de la grappe ». Il n’y au aucune raison d’attribuer à ce mot, dans les autres passages, un sens différent. Le grec oinos a le même sens que yayin. Cependant si l’adjectif « nouveau » accompagne oinos, l’expression signifie moût, fermenté ou non fermenté. Certains exégètes ont allégué que l’expression devait être synonyme de boisson non fermentée. Ils s’appuient sur le fait qu’aux époques tardives les Juifs buvaient du yayin lors de la Pâque bien qu’il fût absolument interdit de consommer du levain pendant les 7 jours de ces solennités. Mais cet argument n’est pas probant, car on ne tenait pas les ferments vineux pour du levain. La Mishna dit qu’on buvait du vin pendant la Pâque (Pessahim X). Par contre, il était défendu, durant cette fête, d’introduire de la farine dans le Haroset, sauce composée d’épices et de fruits mêlés à du vin ou du vinaigre. L’interdiction provenait sans doute de ce que la fermentation de ce mélange était assimilée à l’action du levain dans la pâte (Mishna Pessahim 2). La Palestine était riche en vins ; ceux du Liban étaient renommés. Les Tyriens achetaient le vin d’Helbôn. Voir Helbôn.

      Lors de l’institution de la Sainte Cène, Jésus parle du « fruit de la vigne » (#Mt 26:29), expression employée de temps immémorial par les Juifs, à l’occasion des solennités pascales et du soir du sabbat (Mishna, Berakhot 6.1) ; voir Pâque. Les Grecs aussi se servaient de cette locution dans le sens de boisson fermentée (Hérodote 1.211). Les textes bibliques mentionnent d’ordinaire le jus du raisin rouge (#Esa 63:2 ; #Ap 14:18-20), et l’appellent le « sang des raisins » (#Ge 49:11 ; #De 32:14 ; #/APCJ 1Ma 6:34 ; #/APCJ Sir 50:15). L’hébreu mesekh, mélange, indique un vin coupé d’eau ou aromatisé (#Ps 75:9 ; Hérodote 6.84). Le mot paraît avoir eu un sens péjoratif parce qu’on l’appliquait surtout aux vins mêlés de drogues stupéfiantes ou excitantes. Les Israélites ne connaissaient pas nos procédés de distillation. Les vins aromatisés portaient des noms indiquant leur bouquet, mimsakh (#Pr 23:30 ; #Esa 65:11) ; mezeg (#Ca 7:3; 8:2 ; Pline, Histoire Naturelle 4.19.5).

      Le chekhar était une boisson forte fabriquée avec d’autres jus de fruits que les jus de raisins. On obtenait aussi du chekhar par fermentation de l’orge, du miel, des dattes, des grenades, du vin de palme, du jus de pomme (Hérodote 2.77 ; 1.193 ; Jérôme, Epist. ad Nepotianum). On en faisait même avec le lotus (Hérodote 4.177). Le chekhar produisait l’ivresse (#Esa 28:7; 29:9). Le mot chekhar n’est employé qu’une seule fois pour indiquer la libation de vin pur (#No 28:7).

      Autres noms de vins : sobhe’, terme dérivant d’une racine signifiant boire immodérément (#Esa 1:22 ; #Os 4:18 ; #Na 1:10) ; chemarim désigne les lies, et aussi le vin vieux, de qualité supérieure parce qu’il a été longtemps sur les lies.

     Usages du vin : médical (#Pr 31:6 ; #Lu 10:34 ; #1Ti 5:23) ; rituel (#Ex 29:39-41 ; #Lé 23:13) ; domestique : en Palestine, comme dans tous les autres pays méditerranéens, le vin léger fut de tout temps un élément des repas (#No 6:20 ; #De 14:26 ; #2Ch 2:14 ; #Né 5:18 ; #Mt 11:19 ; #1Ti 3:8). Le pain et le vin, bases de la nourriture, la symbolisaient (#Ps 104:14,15 ; #Pr 4:17). On offrait du vin aux hôtes (#Ge 14:18) ; il figurait dans les festins (#Job 1:13,18 ; #Jn 2:3). Les Israélites, peuple de mœurs simples, étaient cependant exposés à abuser du vin, surtout lors des fêtes. L’usage en était interdit aux sacrificateurs avant leur entrée dans le tabernacle (#Lé 10:9). Il était recommandé aux juges de ne pas boire de vin (#Pr 31:4,5 ; cf. #Ec 10:17 ; #Esa 28:7). Les excès de boisson étaient prévenus de diverses manières.

1. On coupait d’eau le vin (#/APCJ 2Ma 15:39 ; cf. Hérodote 6.84). On mélangeait de l’eau chaude au vin servi lors de la Pâque ; voir Pâque ; la Mishna en parle (Pessahim 7.13 ; 10.2.4.7). C’est pourquoi l’Église primitive coupait d’eau le vin de la Sainte Cène (Justin Martyr, Apol. 1.65).
2. Un ordonnateur présidait au festin (#/APCJ Sir 32:1,2 ; #Jn 2:9,10). L’un de ses devoirs consistait (du moins là où l’on observait les coutumes helléniques) à déterminer dans quelle proportion l’eau devait être mélangée au vin (conservé assez épais jusqu’au moment de la consommation), et quelle quantité chaque hôte pouvait boire ; voir Repas.
3. Des avertissements sévères mettaient les Israélites en garde contre le danger de déguster, de s’attarder devant des coupes de vin pétillant, de mêler les boissons fortes. La Bible décrit l’avilissement de celui qui ne sait pas se modérer (#Ge 9:21 ; #Pr 23:29-35 ; #Esa 5:22).
4. Outre la littérature religieuse, des proverbes populaires stigmatisaient la folie de l’intempérance (#Pr 20:1; 21:17; 23:20,21 ; #Ha 2:5 ; #/APCJ Sir 31:25-31)
5. L’ivrognerie (les Israélites le savaient fort bien) est un péché grave que Dieu juge et châtie (#1S 1:14-16 ; #Esa 5:11,22 ; #1Co 5:11; 6:9-10 ; #Ga 5:21 ; #Ep 5:18 ; #1P 4:3).


Pressoir à Capernaüm.  ==> figure 11325

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